

Sous la présidence de Jacques Chirac, la France et la Chine étaient les meilleurs amies du monde. Il s'agissait là du résultat d'une habile diplomatie de l'ancien président français, ayant toujours fait en sorte de ne pas heurter la sensibilité chinoise. Nicolas Sarkozy, qui avait indiqué au début de son mandat en 2007 vouloir renforcer les liens franco-chinois, a semble t-il dilapidé le capital sympathie gagné par Jacques Chirac. Les pressions du numéro 1 français après les émeutes au Tibet (mars 2008) avaient jeté un pavé dans la mare. Jusqu'à ce qu'il cède en renonçant à rencontrer le Dalaï Lama (alors de passage en France) et en assistant à la cérémonie d'ouverture des JO 2008. Tout cela pour recoller les pots cassés...
L'éclaircie aura été courte puisque depuis décembre, et sa rencontre en Pologne avec le Dalaï Lama, Nicolas Sarkozy a de nouveau attiré les foudres chinoises sur lui et la France.
Aujourd'hui, on peut néanmoins se demander pourquoi Pékin s'acharne autant sur l'attitude française (annulation d'un sommet Chine-UE en décembre à Lyon, pas de passage en France durant la tournée européenne du Premier ministre chinois Wen Jiabao).
Un bouc émissaire malléable
En effet, l'Allemagne, via Angela Merkel, le Royaume-Uni, via Gordon Brown, ou les Etats-Unis, avec George W.Bush, ont tous rencontré le leader tibétain de manière plus ou moins formelle. Le président américain s'était même permis à l'époque de critiquer sans détour la situation des droits de l'Homme en Chine... Alors pourquoi Pékin, qui a semble t-il pardonné ses trois autres partenaires économiques, insiste autant sur la France ? Dans les termes officiels, le gouvernement chinois reproche au président français d'avoir rencontré le Dalaï Lama en tant que président de l'Union européenne.
Dans les faits, il semblerait que Pékin voit en la France un interlocuteur suffisamment malléable pour jouer les boucs émissaires de la diplomatie chinoise : Nicolas Sarkozy avait cédé une première fois à l'approche des JO, et les entreprises françaises ont tendance à souffrir des soucis diplomatiques franco-chinois.
Aujourd'hui, les autorités chinoises exigent un aveu de culpabilité de la part de Paris et des excuses... Ce qui pourrait sembler dérisoire mais est au final important pour le gouvernement chinois afin de prouver sa force à son opinion publique.
De la rédaction d'Ici la Chine. (www.lepetitjournal.com) 20 janvier 2009







