Pleins feux sur le tabac ! La Chine se met aux normes internationales, comme on peut le voir par exemple au Japon ou en France. Campagnes anti-tabac en Chine dans tous les lieux publics, bâtiments scolaires ou hôpitaux, puis radicalisation dès 2011 avec une interdiction totale de fumer dans tous les lieux publics qu'on soit à la campagne ou en ville
Avec la plus grosse consommation mondiale de tabac, soit 350 millions de fumeurs ou 26 % de la population, la Chine veut aujourd'hui renverser la vapeur. Une première expérience d'envergure a permis d'éradiquer la cigarette des Jeux Olympiques de Pékin. L'Exposition Universelle de Shanghai, en mai 2010, devrait normalement emboîter le pas de la nouvelle politique anti-tabagisme décrétée en Chine au plus haut niveau. Quand plus de 50 millions d'adolescents chinois se « grillent une sèche » au sortir de l'âge tendre (dès 13 ans), soit 14,28% de cette population jeune, la production du tabac en Chine s'emballe avec 2.000 milliards de cigarettes distribuées à l'année, alors trop c'est trop !
Aujourd'hui de nombreux députés de l'Assemblée populaire nationale (APN) ont compris l'urgence du phénomène. « Le pays doit lancer un programme sur le contrôle du tabac le plus tôt possible, afin de réduire l'offre et la demande de tabac et protéger la santé de la population », a indiqué Ma Li, un des députés de cette assemblée populaire. En 2005, la Chine a rejoint la convention cadre de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) pour le contrôle du tabac. A la suite de cette adhésion-clé pour une vie plus saine, les campagnes anti-tabac se sont multipliées en Chine mais avec un impact limité.
Interdiction totale de fumer en 2011
Dans de nombreux bâtiments publics, immeubles d'habitation, bureaux, écoles, universités et hôpitaux, hôtels et restaurants, lignes locales de bus, voire des taxis, l'interdiction de fumer n'est pas respectée. Résultat : 540 millions de personnes sont, en Chine, des fumeurs passifs. Comme l'explique Zhang Baozhen, de l'Administration d'Etat du Monopole du Tabac, « la Chine, en tant que pays en développement, a encore besoin de cette industrie parce qu'elle est une des principales sources de taxe ». Une manne non négligeable : d'après les statistiques officielles, l'Etat encaisse environ 240 milliards de yuan par an, soit 10% de ses revenus.
Mais tout change dans deux ans : la publicité du tabac (par exemple au cinéma), ainsi que la promotion de ses ventes et son aide financière, seront strictement interdites en Chine, à partir du 1er janvier 2011. A cette date, le tabac sera banni des restaurants, hôtels ou night-clubs. Pour les députés de l'APN, actuellement réunis à Pékin, le Ministère de la Santé est notamment appelé à réfléchir à la conversion des champs cultivés en tabac par d'autres produits, à l'avenir, moins nocifs.
François Gonse (www.lepetitjournal.com Shanghai) jeudi 12 mars 2009







