

En France, le karaoké n'est pas aussi? "cool", dirons-nous qu'en Asie. Le karaoké, ou l'activité ringarde par excellence qu'on ose seulement lors des mariages interminables, ou lors de réunions de familles où Tonton Jacques essaye de rapper (avec courage, mais sans succès) sur Eminem. En Asie, ce divertissement fait partie des sorties incontournables des jeunes comme des cadres
Je ne sais pas si vous êtes né avec une voix de castafiore ou de chanteuse de r'n'b mais en tout cas, sûrement pas moi. Malgré des colonies musicales, avec chorale obligatoire tous les matins, ma voix refuse toute harmonie avec la musique. En dépit de mon handicap vocal, j'ai tenté l'expérience. Mon séjour en Chine n'aurait pas été complet sans le KTV ! (Karaoké TV)
J'aurais voulu être un artiiiiiiiste (Photo LB)
Votre mantra : Le ridicule ne tue pas
Un conseil : Allez-y avec le maximum de personnes possibles (Pour ma part, nous étions une quinzaine de Français.) Déjà, ce sera moins cher, et certainement plus amusant. Ensuite, à moins que vos amis se trouvent être un boys band, il y en aura forcément dans le lot qui chanteront comme vous. Les KTV sont généralement constitués de salles privées où vous pourrez vous défouler toute la nuit. Luxueuses à souhait, les salles VIP possèdent de larges canapés et tables, ainsi qu'un grand écran et même un podium, où vous pourrez vous prendre pour des stars, le temps d'une nuit.
Nous avons le choix entre toutes sortes de chansons (chinoises, anglaises et parfois françaises). Expérimentez le tableau de bord (tout est écrit en chinois, mais vous arriverez tout de même à vos fins), et c'est parti ! Nous commençons par quelques classiques anglophones : Dancing Queen de Abba, Hey Jude des Beatles, Madonna et même Spice Girls ! (Je ne sais pas pourquoi les Spice Girls passent encore dans divers bars branchés pékinois...) Nous n'avons que deux micros, mais ils tournent, et passé la gêne première, nous chantons (ou hurlons) tous ensemble, avec les chorégraphies adaptées. Bien sûr, il y a toujours des gens qui sont de véritables "Nouvelle Star" (ceux qui adorent le karaoké notamment), mais petit à petit, cela n'a plus vraiment d'importance : le fun avant tout !
Une véritable culture
En Chine, le karaoké est « la » sortie du week-end, après un restaurant ou un bar sympathique, entre amis ou même entre collègues? Certains disent que le karaoké permet de se faire des contacts, ou décoincer les rapports entre collègues. On y va même avec son boss, ou pour négocier un contrat, comme le témoigne cet article : "Ce n'est pas seulement pour s'amuser. C'est l'occasion de voir comment vos partenaires commerciaux se comportent lorsqu'ils ont un coup dans le nez. C'est un rituel qui est très observé"* Les Chinois aiment chanter, dans les campagnes par exemple, il n'y a pas de sono, les chinois passent leur temps à chanter à table (N'avez-vous jamais entendu des chinois entamer des airs, sans aucun complexe, dans la rue ou les magasins ?) Le karaoké est un moment convivial, rassemblant toutes les classes et tous les âges. Selon Gesang Zeren, psychologue à l'Université de Sichuan, la popularité du KTV est un phénomène socio-culturel : "Notre culture valorise la maîtrise de soi. Les gens ne sont pas encouragés à être agressifs et à montrer leur personnalité. Mais dans les KTV, ils peuvent se relâcher et faire ce qu'ils veulent. Les Chinois ont tendance à intérioriser la pression au lieu de demander de l'aide aux autres. C'est un bon moyen d'exprimer leurs émotions, que ce soit la dépression, l'hypertension, le bonheur ou d'autres aspirations." **
My Heart will go on, pour ceux qui aiment les challenges
Bonus !
Evitez les chansons impossibles à chanter, du style My Heart will go on (N'est pas Céline Dion qui veut), ou Bohémian Rhapsody de Queen (ce n'est pas parce que vous connaissez le passage Galileo figaro-Magnifico-oh-oh que vous savez la chanter.)
Pour ma part, je ne sais peut-être pas chanter, mais je n'avais plus de voix le lendemain?
Prix : Environ 50 RMB par personne, sans boissons, pour la salle VIP toute la nuit.
Lucie Bousquet (www.lepetitjournal.com/pekin.html) Vendredi 25 janvier 2013







