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Laurent Guerinaud, un pilote français au Brésil

Par Damien Bouhours | Publié le 01/09/2020 à 17:45 | Mis à jour le 01/09/2020 à 17:45
laurent guerinaud

Laurent Guerinaud est directeur de GiPA Brésil mais avant tout un grand passionné de sport automobile. Après une pause dans sa carrière sportive, le champion français concourt aujourd’hui en Formule Vee et compte bien arriver en pole position.

 

Comment avez-vous attrapé le virus de la course automobile ? 

C’est une histoire de famille ! Mes parents se sont rencontrés à travers mes deux oncles qui étaient pilotes moto. Mon père, quant à lui, a couru en automobile et a arrêté un peu avant ma naissance. Tous avec de beaux palmarès. Puis mon père a repris, en karting, un peu avant mes 10 ans, et deux ans après, c’était moi ! Depuis, le virus ne m’a jamais quitté.

 

laurent guerinaud

 

Est-ce que le sport automobile est aussi populaire en Amérique latine ? 

Oui, du moins au Brésil, cela ne fait aucun doute : Ayrton Senna est régulièrement reconnu comme la plus grande idole des brésiliens dans les sondages. Même si le football reste le sport numéro 1, les brésiliens, en général, aiment beaucoup tout ce qui touche à l’automobile, aux belles voitures, et bien entendu à la compétition… et ce, malgré l’absence de pilote brésilien de pointe en Formule 1 depuis Felipe Massa.

Il y a d’ailleurs beaucoup d’incitatives pour découvrir et développer les nouveaux talents brésiliens, la renaissance de la Formule Vee en 2011, catégorie par laquelle sont passés de grands noms comme Nelson Piquet et Emerson Fittipaldi, en est un exemple.

 

Vous faîtes votre retour à la compétition après quelques années d'absence. Pourquoi cette envie ? 

L’envie ne m’a jamais quitté… Cela a été très dur pour moi quand le manque de sponsors m’a obligé à arrêter le karting malgré des résultats qui laissaient imaginer une carrière prometteuse. En 2005, Peugeot m’a donné l’opportunité de reprendre la compétition, en auto cette fois, mais cela n’a duré que 2 ans et demi, juste avant que je ne quitte la France pour le Brésil.

J’ai toujours parlé de ma carrière de pilote avec beaucoup d’émotion, et pour moi, c’était le passé, mais mon épouse m’a plusieurs fois suggéré de m’y remettre. L’idée a fait son chemin, et quand je suis tombé, en faisant du rangement, sur de vieux articles contant mes victoires, ça a été le déclic. J’ai obtenu de bonnes conditions pour cette première course en Formule Vee et j’ai décidé de me (re)lancer.

 

laurent guerinaud

 

Après cette deuxième place, quelles sont vos ambitions pour cette saison ? 

Après ce premier résultat, la première étape est la recherche active de partenaires pour pouvoir financer le reste de la saison : la victoire se construit d’abord hors des circuits... Compte-tenu de mon bagage professionnel, j’ai pas mal d’idées pour aider mes potentiels sponsors à profiter au mieux de leur investissement, en prolongeant le partenariat au-delà de la visibilité sur les circuits et des retombées dans la presse : utilisation de mon image, exposition de la voiture de course, évènements privés, etc. (d’ailleurs, si des lecteurs souhaitent me contacter à ce sujet, voici mon mail : lguerinaud@gipa.eu)

Sur le plan sportif, mon objectif est bien sûr de monter dès que possible sur la première marche du podium. Au vu de mes résultats avec une voiture que je découvrais, très différente de tout ce que j’ai piloté jusqu’ici, face à des pilotes expérimentés, c’est tout à fait envisageable ! 

Pour le titre, ce sera un peu plus difficile car je n’ai pas fait le début du championnat, donc je pars avec un handicap, mais rien n’est impossible !

 

Vous êtes directeur de GiPA Brésil, quelle est l'importance du Brésil dans le secteur automobile ? 

Le Brésil possède le 5ème plus gros parc mondial de véhicules particuliers en circulation, cela donne une idée de son poids dans le secteur automobile. GiPA est la référence mondiale en intelligence de marché dans l’après-vente automobile, et le Brésil est un énorme débouché pour nous et nos clients constructeurs, fabricants de pièces, de lubrifiants et autres acteurs du marché.

Une des spécificités du Brésil est que le conducteur est très peu fidèle au concessionnaire, ce qui est extrêmement favorable au développement des fabricants de pièces de rechange indépendants et petits garagistes.

Pour cette raison, le Brésil est très important dans le secteur automobile, non seulement en volume, mais aussi en nombre d’acteurs. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le secteur automobile représente près du quart du PIB brésilien, et plus de la moitié si l’on considère l’activité qu’il génère de façon indirecte.

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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