Pierre Vanier: candidat dans la 2e circonscription des Français de l’étranger

Par Vincent Bosson | Publié le 27/05/2022 à 10:40 | Mis à jour le 27/05/2022 à 10:40
Photo : Parti Pirate / Divulgation
Parti Pirate

Pierre Vanier, candidat du Parti Pirate aux élections législatives pour la 2e circonscription des Français établis hors de France, a accepté de répondre à nos questions :

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Je suis très attaché à la pluralité politique et je souhaite pouvoir donner l'occasion à chaque personne d'effectuer un vote de conviction, et non par défaut. Au Parti Pirate, nous souhaitons mettre en valeur des idées, avant des personnes. Pour promouvoir ces idées, nous avons souhaité présenter des candidates et des candidats sur un maximum de circonscriptions. Cela nous permet de faire vivre notre programme, en le présentant directement à un maximum d’électeurs et électrices. Nous espérons également acquérir une visibilité qui nous est encore trop souvent refusée dans les médias traditionnels.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

J'ai passé une partie de ma jeunesse sur un voilier, ce qui m'a notamment amené à vivre aux Caraïbes et au Venezuela pendant plusieurs années. J'entretiens toujours des liens avec cette zone géographique, même si je suis aujourd'hui rentré en métropole. J’espère donc être en mesure de représenter les intérêts des Françaises et des Français résidant dans cette circonscription.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

J’ai grandi dans une famille adepte des voyages. Mes parents ont vécu en Asie, en Inde et au Sri Lanka. Outre mes années de vie en Amérique latine, j’ai moi-même également vécu en Italie pendant une année. Je connais donc l’expérience de l’éloignement de la France et je suis à même de comprendre les difficultés qu’il peut occasionner. Aussi, à 8000 kilomètres de la métropole, la participation aux décisions de la vie politique française peut être entravée. C'est notamment pour cela qu'au Parti Pirate, la meilleure intégration de tous les Français et toutes les Françaises dans un dialogue politique permanent nous tient à cœur. Cette discussion est facilitée par les outils numériques, le fonctionnement de notre parti en donne la preuve. Toute personne peut participer de la même manière à la vie du parti, qu’elle vive à Paris ou à Rio. C'est également dans cette optique que nous souhaitons une réforme des élections législatives, avec l’instauration d'une proportionnelle intégrale. Ainsi, chaque voix aurait la même valeur, indépendamment du lieu de résidence, et toutes les idées pourraient être représentées.

 

Pierre Vanier
Pierre Vanier / Divulgation

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Je souhaiterais permettre à un maximum de mes concitoyens et concitoyennes de participer à la vie politique et de faire valoir leurs idées. Cet objectif ne passe pas seulement par l’instauration de la proportionnelle. Un trop grand nombre de barrières économiques se dressent aujourd’hui contre la promotion des idées portées par les petits partis. Alors que les circonscriptions de l’étranger constituent une exception, avec la possibilité du vote par internet, l’impression de bulletins constitue par exemple un obstacle de taille. À charge des partis, tout comme les professions de foi, en cas de score inférieur au seuil fatidique des 5 %, ce budget peut représenter des millions d’euros. Pour lutter contre cette distorsion de la démocratie, nous souhaiterons instaurer un bulletin unique, sur lequel l’électeur ou l’électrice n’aurait qu’à cocher le candidat ou la candidate de son choix. En plus d’une économie conséquente de papier, cette procédure de vote permettrait d’assurer la représentation d’une plus grande diversité d’idées, partagées par un ensemble de citoyens et citoyennes aujourd’hui en marge de la représentation démocratique.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Les Français et les Françaises de l'étranger le savaient déjà bien, et la pandémie l'a confirmé, avec la diffusion du télétravail : il est aujourd'hui possible de travailler en équipe avec des collègues de l'autre côté du globe. Pour cette raison, le Parti Pirate est attaché à un internet libre. Nous n'autoriserons aucune restriction de trafic, y compris toute restriction basée sur la géolocalisation. Nous souhaitons que chaque personne, partout dans le monde, puisse avoir accès de la même manière à cet outil de partage et de connaissance. Nous défendons également la généralisation de l'accès aux services publiques par le biais numérique. Cette possibilité d’accès numérique est indispensable pour garantir l’égalité dans l’accès aux droits, et en particulier pour celles et ceux qui ne résident pas en France.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Notre campagne est avant tout numérique. Cette numérisation est induite par les contraintes d’une campagne à l’échelle d’un continent. Bien que nous ne menions pas de campagne physique, nous souhaitons une campagne d’échange. Dans ce but, nous nous rendons disponibles pour dialoguer avec chaque personne qui le souhaiterait, sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter et sur notre Discord. Nous proposons également des moments de discussion sur notre chaîne Twitch chaque jeudi soir, heure de Paris, et donc en début d’après-midi pour l’Amérique latine.

Concernant les soutiens, nous bénéficions de riches échanges d’idées et de propositions avec les membres du Parti Pirate dans d’autres pays. Il existe en effet plus de trente Partis Pirates à travers le monde comme le Parti Pirate brésilien ou le Parti Pirate tchèque, aujourd'hui présent au gouvernement tchèque.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

Nous souhaitons relever quatre grands défis :

- Un défi démocratique, avec une démocratie basée sur la transparence de la prise de décision et une participation active de la population. Nous avons pour cela des propositions concrètes telles que le bulletin unique ou la proportionnelle.

- Un défi économique, afin que les progrès favorisent l’émancipation, le partage des richesses et les modes de gouvernance démocratiques, au bénéfice de toute la population et des objectifs environnementaux.

- Un défi social, en luttant contre les inégalités de toute nature et contre les fractures entre les individus et les groupes qui composent notre société. Pour nous, le séparatisme ne se traduit pas dans les revendications individuelles ou collectives, mais dans la stigmatisation de groupes, quel qu’en soit le motif. La rhétorique haineuse doit s’arrêter. Nous souhaitons créer une société apaisée et résiliente face aux nombreux défis qu’elle devra affronter.

- Un défi environnemental, qui appelle à révolutionner nos modes de vie, notre rapport à l'énergie et à la consommation de masse. Nous tenons à prendre soin de notre environnement et du vivant. Nos propositions s'appuient sur une approche pragmatique et factuelle du défi climatique pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, tant dans notre quotidien que dans l’industrie.

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
1 Commentaire (s) Réagir
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gregoire lucas sam 28/05/2022 - 13:41

Ba mince, quand est ce qu'ils ont troqué le bandeau sur l'oeil pour un costard les pirates X)

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