Eléonore Caroit: candidate dans la 2e circonscription des Français de l’étranger

Par Vincent Bosson | Publié le 24/05/2022 à 20:23 | Mis à jour le 25/05/2022 à 17:25
Photo : Eléonore Caroit / Divulgation
Eléonore Caroit

Eléonore Caroit, candidat Ensemble! aux élections législatives pour la 2e circonscription des Français établis hors de France, a accepté de répondre à nos questions :

 

Eléonore Caroit, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Mariée et mère de deux enfants âgés de 8 et 5 ans, je suis avocate spécialisée en arbitrage et en contentieux international. Inscrite aux barreaux de New-York, Paris et Genève, ma carrière professionnelle s’est principalement déroulée à l’étranger dans des cabinets d’avocats internationaux. Diplômée de Sciences-Po Paris, de la Sorbonne et de Columbia Law School, je réalise avec le recul que je dois ma réussite universitaire et plus tard professionnelle au Lycée Français de Saint-Domingue où j’ai effectué toute ma scolarité. Au Lycée Français, j’ai eu le privilège de bénéficier d’un enseignement d’excellence dispensé par des professeurs passionnés par leur métier qui ont su nous transmettre leur exigence académique mais aussi leur ouverture sur le monde. Je suis extrêmement attachée au réseau des Lycées Français de l’étranger. Nous y avons d’ailleurs scolarisé nos enfants.

 

Sur le plan politique, mon engagement trouve sa source dans le militantisme familial. En République dominicaine, un pays longtemps marqué par les régimes autoritaires de Rafael L. Trujillo et Joaquín Balaguer, la famille de ma mère s’est engagée dans l’opposition et la lutte contre ces régimes répressifs. Mes parents ont toujours refusé toute appartenance partisane. Ils ont cependant énormément œuvré dans les mouvements de participation citoyenne et d’observation électorale. Enfant, j’accompagnais ma mère dans les bureaux de vote de Saint-Domingue pour « participer » aux missions d’observation électorale. C’était en quelque sorte la mise en pratique des cours d’éducation civique !

 

J’ai personnellement commencé à militer au sein de la République en marche dès 2017 lors de l’élection du Président de la République Emmanuel Macron. Ce qui m’a immédiatement convaincue dans le discours du Président, c’est cette volonté de trouver des solutions pragmatiques aux défis de notre époque. Face à des problèmes complexes et à des crises sans précédent, je trouve que les idéologies sont un poison. Nous devons être dans le temps de l’action et de l’efficacité de l’action publique pour permettre à la France de préserver son modèle social et inscrire le pays dans la transition énergétique et environnementale. Je considère aussi qu’il faut une meilleure représentation des femmes en politique, car nous avons d’autres réponses à apporter à toutes ces problématiques.

C’est tout cela qui m’a déterminé à m’engager en politique. J’ai d’abord été élue Conseillère des Français à l’étranger, puis Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Etranger.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

J’ai souhaité me présenter aux élections législatives pour me mettre au service de mes concitoyens. Je crois que nous traversons une époque charnière et que nous devons prendre nos responsabilités. Il eut été sans doute plus facile pour ma famille et moi-même que je poursuive mes activités professionnelles dans le secteur privé. Seulement voilà, je pense que mes qualités humaines et les compétences acquises au fil de ma carrière d’avocate seront plus utiles à la collectivité. En cette période troublée, je veux servir mes concitoyens et mon pays.

 

Eléonore Caroit
Eléonore Caroit à São Paulo / Vincent Bosson

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Cette circonscription est ma maison. J’y ai grandi, je m’y suis mariée, j’y travaille depuis que j’ai commencé ma carrière d’avocate. Mon frère est entrepreneur dans la tech et le développement durable au Brésil. Ma sœur a fait une partie de ses études à la USP à São Paulo. Mes parents résident depuis plus de trente ans à Saint-Domingue.

 

Ma famille et moi-même y sommes installés depuis quelque temps. Après le déconfinement, je crois que j’avais besoin d’un retour aux sources et de partager avec mes enfants cette part inaliénable de mon identité. J’ai ainsi pu redécouvrir mon école, en tant que parent d’élèves cette fois. Bien qu’il se soit développé, le Lycée reste une grande famille, une « école à échelle humaine » comme l’affirmait l’un des proviseurs qui ont grandement contribué à son développement, M. Henri Carassou. La maîtresse de ma fille en grande section est la même maîtresse que j’ai eu il y a trente ans !

 

De plus, je crois à l’unité culturelle du monde latino-américain sans évidemment en occulter l’incroyable diversité qui fait la richesse de ce continent. D’ailleurs, lorsque j’étais étudiante, nous avions fondé à Sciences-Po une association qui s’appelait « Amigos de America Latina » et qui justement avait pour ambition de construire des ponts entre les étudiants des différents pays de notre circonscription. Aujourd’hui mon ambition est précisément de construire des ponts entre les Françaises et Français d’Amérique latine et des Caraïbes et la France, qui parfois a pu leur sembler trop éloignée.

Je veux être la députée qui rapprochera les électeurs de la circonscription à la France et qui œuvrera pour que l’Amérique latine revienne au cœur de la diplomatie française.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Mon parcours est avant tout celui d’une Française de l’étranger. J’ai 36 ans et j’ai passé 24 ans de ma vie en dehors de France. Je connais les difficultés que rencontrent les Français dans leur rapport avec l’administration française, ne serait-ce que le renouvellement de leurs pièces d’identité. Je sais à quel point il peut être difficile, lors d’un départ à la retraite, de réunir l’ensemble des critères nécessaires au versement d’une pension au taux plein lorsque votre parcours est marqué par la mobilité internationale.

Je connais les difficultés que certains ménages ont rencontré lorsqu’ils ont découvert soudainement que l’époux ou l’épouse qui était au bénéfice de l’assurance maladie française de son conjoint, soudain ne l’était plus. Ces problématiques, je les connais de manière intime pour les avoir vécues dans mon entourage le plus proche. Il est impératif de simplifier ces démarches par la dématérialisation et le développement d’un guichet unique sur les questions d’assurances sociales et de retraites pour les Français de l’étranger.

 

J’ai évoqué plus haut mon attachement au réseau des Lycées Français de l’étranger. Mais pour approfondir ce point, je crois qu’il faut regarder la réalité en face. Les coupes budgétaires initiées sous le mandat du Président Sarkozy et qui se sont poursuivies, ont eu pour conséquence de renchérir l’accès aux Lycées Français. Je veux combattre cette tendance de fond et améliorer l’accès à nos établissements. Chaque Lycée Français a une histoire et des problématiques spécifiques, souvent liés à la situation dans le pays de résidence. Je serai à l’écoute des besoins de chaque communauté, afin de permettre à l’AEFE et au gouvernement de mieux répondre aux attentes des parents, des enseignants et du personnel administratif de nos établissements à l’étranger. Je souhaite enfin développer l’accès au Pass Culture, étendre le dispositif FLAM dans les pays de résidence, moderniser et développer l’accès au CNED lorsque cela permet de diversifier l’offre d’enseignement.  Bref, j’entends trouver des solutions pragmatiques, adaptées aux besoins de toutes les familles de notre circonscription pour leur permettre de transmettre à leurs enfants un lien fort avec la France.

 

Enfin je sais le rôle essentiel des entreprises françaises établies dans notre circonscription. Il est indispensable de les associer dans notre effort de transformation et de permettre une protection efficace de leurs investissements à l’étranger. Ces entreprises françaises créent des emplois pour nos compatriotes à l’étranger comme en France. Qu’elles que soient leur taille et leurs secteurs d’activités, les entreprises françaises fédèrent les communautés des Français de l’étranger. Ces entreprises participent pleinement du rayonnement de la France en diffusant le savoir-faire et les solutions technologiques français. Il faut les soutenir !

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Avant tout, je m’efforcerai d’être la députée de toutes les Françaises et tous les Français de la circonscription, quel que soit le vote qu’ils auront exprimé. Je les encourage d’ailleurs à aller voter car l’abstention est le pire ennemi d’une vie démocratique saine et apaisée. Être députée suppose de savoir faire preuve de proximité. Ma priorité sera avant tout de m’assurer que les préoccupations de mes électeurs en Amérique latine et dans les Caraïbes soient entendues et défendues efficacement. Il est impératif de permettre un rapprochement entre notre circonscription et la France. Les électeurs pourront compter sur mon énergie et ma détermination.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Le véritable enjeu selon moi est la protection des Français de la circonscription : il faut protéger le réseau des Lycées Français, protéger les Français face aux crises environnementales, sanitaires et politiques du XXI siècle en renforçant et en améliorant le maillage de l’action publique consulaire et l’action diplomatique sur la circonscription. Il faut également protéger les intérêts patrimoniaux des Français de notre circonscription en s’assurant qu’ils soient traités comme des Français à part entière. Cela suppose un traitement fiscal équitable en introduisant la notion de résidence fiscale de repli et en s’assurant notamment du respect des conventions internationales de non-double imposition par le législateur français.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Ma campagne est organisée autour de notre base militante. Le comité territorial de la République en marche / Renaissance a soutenu ma candidature devant les instances du mouvement. Le Président de la République m’a ensuite fait la confiance et l’honneur de penser que je serai la candidate idéale pour représenter les Français de notre circonscription. Aujourd’hui rassemblés autour de l’ensemble de nos militants dans chaque pays de la circonscription, nous allons à la rencontre des Français d’Amérique Latine et les Caraïbes. Et pour les pays dans lesquels nous ne nous sommes pas encore rendus, nous organisons des réunions virtuelles pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent de participer. Il est essentiel que chacun puisse prendre une part active à cette élection.

 

J’ai d’ailleurs la chance d’être accompagnée dans cette campagne par Benoît Larrouquis, mon suppléant, qui est Conseiller des Français de l’étranger, élu sur une liste indépendante au Mexique. Benoît est un expert en matière de protection sociale des Français à l’étranger. Il connaît parfaitement cette circonscription, pour y résider depuis 25 ans. Il est engagé pour la protection de la biodiversité et le bien-être animal. Nos profils sont très complémentaires. Contrairement à moi, il n’est pas binational de naissance, mais un expatrié. Je pense que nous formons une équipe représentative de la diversité des Français de l’étranger installés sur ce continent, et nous comptons travailler main dans la main si je suis élue.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élue ?

Les chantiers prioritaires que je souhaite mettre en œuvre pour les Français de notre circonscription concernent en premier lieu l’accessibilité des Lycées Français. Je souhaite par ailleurs œuvrer pour la dématérialisation des démarches liées à l’état civil et permettre ainsi aux consulats de se concentrer sur des missions de protection des Françaises et des Français de la circonscription. Il me parait également essentiel de faciliter les démarches administratives par le biais d’un guichet unique pour le traitement des questions d’assurances sociales et de retraites pour les Français de l’étranger.

 

Enfin j’aurais à cœur de m’engager dans la lutte contre toutes les formes de discrimination et en particulier, je souhaite soutenir de toutes mes forces le travail remarquable des enseignants dans leur lutte quotidienne contre le harcèlement scolaire.

Vincent Bosson

Vincent Bosson

Formé en science de l’éducation et en sociologie, Vincent Bosson est photojournaliste installé à São Paulo, correspondant de lepetitjournal.com pour ses éditions au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo).
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