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Élections consulaires : Edmond Aparicio (Plus forts ensemble!)

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 14/05/2021 à 12:00 | Mis à jour le 14/05/2021 à 12:00
Edmond Aparicio

L’élection des conseillers consulaires approche. Pour vous aider à mieux connaître les candidats des circonscriptions de Rio de Janeiro et São Paulo, ainsi que leurs programmes, lepetitjournal.com do Brasil leur a posé les mêmes questions. Ces interviews réalisées par écrit vous sont proposées dans l’ordre des tirages au sort effectués par les consulats généraux. Elles sont publiées entre le 6 et le 17 mai, c’est-à-dire avant le vote sur internet qui sera ouvert du 21 au 26 mai. L’élection « à l’urne » aura lieu quant à elle le 29 mai.

A lire aussi : Les élections consulaires à São Paulo en 6 questions.

 

Aujourd’hui, Edmond Aparicio et la liste “Plus forts ensemble ! Français du Brésil citoyens et solidaires“.

 

Edmond Aparicio, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Merci au Petit Journal de nous donner la possibilité de nous présenter. Cependant il aurait été utile au préalable d’exposer à vos lecteurs ce que les conseillers élus en 2014 ont accompli pendant leur exercice de la fonction, ainsi que les freins et limitations imposés par les autorités du ministère de l'Europe et des affaires étrangères au plein épanouissement du mandat des élus de proximité. Nous sommes et nous resterons des partenaires essentiels pour que le dialogue entre les administrations et leurs administrés fonctionne pleinement. C’est la condition première pour que la démocratie fonctionne et que les français de l’étranger soient amenés à se sentir considérés et entendus par nos autorités au même titre que les français de la métropole.
Né au Chili, j’ai été arrêté et torturé à 2 reprises par la dictature militaire après le 11 septembre 1973. Des dizaines de milliers de Chiliens dans mon cas ont été acculés à l’exil. En 1975 je suis arrivé en France, où j’ai dû solliciter l’asile politique comme "apatride", la dictature de Pinochet ne m’ayant pas octroyé le passeport auquel tout citoyen a droit. La France m’a ouvert les bras et j’ai pu retrouver ma dignité et cette liberté chérie qui m’a permis de recommencer une nouvelle vie. Travaillant comme smicard pour assurer mes besoins d’existence, j’ai repris des études dans le domaine du journalisme et des sciences et techniques de la communication.
Élève à l’IFP (Institut Français de Presse), Université de Paris II - Assas, j’ai obtenu une Licence puis une Maîtrise qui ont élargi mes connaissances. La crise profonde qui a frappé la presse française dans les années 70-80 a rendu difficile mes possibilités d’emploi dans ce secteur et j’ai alors travaillé comme assistant parlementaire puis chargé de mission à la Mairie de Paris. En 1989, changeant complétement de secteur, j’ai été recruté par les Pages Jaunes comme conseiller commercial, emploi que j’ai exercé avec bonheur jusqu’à ma retraite en 2008.
Mes nombreux amis français, avec lesquels je garde des liens étroits malgré mon éloignement géographique, me complimentent souvent en disant que je suis plus français que nombre d’entre eux.
Si c’est vrai, cette identification est toute naturelle puisque la France est devenue ma nouvelle patrie. Je le dis avec force à ceux qui doutent des atouts et des valeurs du berceau des Droits de l’Homme et du Citoyen. Mon combat et ma modeste contribution de toujours sont orientés à préserver ces valeurs, celles exprimées par le triptyque : Liberté, Égalité, Fraternité.
Arrivé au Brésil en mai 2008, ma paisible retraite a pris fin en 2012 quand j’ai été désigné président de la Section pauliste de l’association Français du monde – ADFE. En parallèle j’ai décidé de m’investir au sein de l’AFS-SP, association qui prête secours et réconfort aux Français résidents ou de passage dans les cinq états brésiliens qui dépendent du Consulat Général de France à São Paulo. En 2014, après mon élection comme conseiller consulaire (désormais conseiller des français de l’étranger), j’ai démissionné de la présidence de l’ADFE pour me consacrer entièrement à ma nouvelle fonction.

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

À partir de la nécessité de rassembler sans apriori des femmes et des hommes intègres, capables et prêts à œuvrer au bénéfice des communautés françaises du sud-est brésilien : des concitoyens qui partagent les valeurs démocratiques de progrès et les combats de "Français du monde-ADFE".
C’est une équipe éloignée des logiques partisanes. Citoyens issus de milieux différents, leurs parcours garantissent une fidélité sans faille à la défense des compatriotes et de l’intérêt général et une attention particulière aux français les plus modestes. Notre diversité s’exprime aussi au niveau de la ville où nous habitons et travaillons.
Le site internet de notre liste est modeste mais expose l’essentiel, évitant l’effet poudre aux yeux, sachant que "les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent".

 

Comment envisagez-vous cette fonction de Conseiller consulaire ?

Avec sérénité, dans une deuxième mandature, parce que petit à petit le gouvernement a lâché du lest pendant les 7 premières années de fonctionnement des Conseils consulaires.
Il faut le dire : grâce aussi au travail constant des conseillers désireux de relayer les préoccupations des expatriés, de même qu’au travail exigeant et aux propositions de l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger). Je mentionne également les conseillers qui se reconnaissent dans l’ADFE et certains des parlementaires qui représentent les français de l’étranger au Sénat et à l’Assemblée Nationale.
Bien que bénévole, un conseiller ne peut pas se limiter à participer aux Conseils consulaires de bourses scolaires, aide sociale et aides de l’État aux projets portés par des associations. Il doit assurer des permanences et aller régulièrement à la rencontre des français qui vivent dans les 5 états brésiliens dépendant du Consulat général : question d’équité et d’écoute à l’égard de tous. Les préoccupations et soucis des Français qui demeurent à São Paulo ne sont pas forcément identiques à ceux des habitants du fin fond du Mato Grosso du Sud ou du Paraná. Au sein de l’état de São Paulo, les problèmes des gens qui habitent à Campinas, São José dos Campos ou à la “baixada santista“ sont parfois différents. Nous pouvons être des relais efficaces, y compris pour les Consuls honoraires qui servent avec dévouement la France dans ces vastes territoires. Il y a des situations où le Consulat général lui-même n’a pas la possibilité d’intervenir. Un conseiller consulaire prend le dossier en main et le soumet à un collègue qui siège à l’AFE ou à un parlementaire.
Il m’est arrivé d’intervenir directement auprès d’une caisse de retraite pour dénouer des situations où la bureaucratie primait sur les droits d’un compatriote.  

 

Quels sont selon vous les principaux défis aujourd’hui pour les Français établis au Brésil?

- Être protégés par les vaccins Oxford/Astra Zeneca ou Pfizer, car le gouvernement français ne reconnaît pas le Coronavac (à ce jour 80% des vaccinés au Brésil seraient interdits d’entrer en France).
- Préserver leurs emplois, vu que la crise économique est loin d’être résolue.
- Pour ceux qui le peuvent, avoir une assurance santé convenable sans dépenser un tiers ou plus de leurs revenus.
- Pour les petits et moyens entrepreneurs ou commerçants, retrouver la croissance et assurer une pérennité de leurs activités.
- Retrouver des liens conviviaux et solidaires au sein de notre communauté.

 

Quelles sont les grandes lignes de votre programme?

Se battre pour que soient garantis des budgets convenables pour l’aide sociale, les bourses scolaires et le bon fonctionnement du Lycée Pasteur. Depuis le début, nous soutenons le projet du Grand Lycée. En particulier parce que l’un de ses volets est l’ouverture d’un internat. Les enfants français des cinq états qui composent notre circonscription doivent en bénéficier en priorité.
Le principal objectif des Alliances Françaises est la diffusion de notre langue et notre culture. Notre devoir est de les soutenir pour qu’elles continuent à assurer le rayonnement culturel de la France au Brésil.
Surtout en cette période de crise, les micro-entrepreneurs et start-up méritent le soutien franc et efficace de l’État français en partenariat avec la chambre de commerce franco-brésilienne.

 

Mathilde Barre
Mathilde Barre, 2ème candidate sur la liste "Plus forts ensemble !"

 

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