

Ils avaient la réputation d'être casaniers. Et pour cause ! Dans un pays de plus de 8 millions de km², passer des vacances au bord de la mer pouvait signifier un voyage en bus de plusieurs jours, et un gros sacrifice financier; quant aux voyages à l'étranger, ils restaient l'apanage des classes sociales les plus privilégiées. Heureusement, les temps changent ! L'émergence de la classe moyenne brésilienne a entrainé le développement d'un tourisme domestique de masse, tandis que le tourisme vers l'étranger a bénéficié de la valorisation du real face au dollar, et du goût prononcé des Brésiliens pour le shopping !
Avec ses paysages grandioses, ses villes historiques, et ses plages de sable fin, le Brésil est depuis fort longtemps l'une des destinations favorites des occidentaux alors que les Brésiliens eux-mêmes étaient souvent les derniers à en profiter. Mais la croissance économique de ces dernières années, l'augmentation du revenu moyen et l'émergence d'une classe moyenne devenue un acteur économique incontournable auront permis une transformation des habitudes touristiques. De plus en plus, l'avion se substitue à l'autobus comme moyen de transport privilégié. Grâce à la multiplication des compagnies low-cost, à l'achat rapide des billets sur internet ou dans des agences, et aux facilités de paiement à crédit, toute une partie de la population a désormais accès à l'avion qui, jusqu'à récemment, restait un moyen de transport de luxe. Une tendance qui devrait se confirmer puisqu'un sondage de Data Popular montre qu'en 2011, 8,7 millions de personnes ont l'intention de prendre l'avion pour la première fois ! Des familles entières issues de la classe C ? dont le revenu mensuel moyen varie entre 1.200 et 4.000 Reais ? vont désormais se détendre sur les plages de Rio ou du Nordeste. L'industrie touristique en général s'est adaptée à cette nouvelle démographie : elle multiplie les offres de séjours organisés à bon marché, avec facilité de paiement en plusieurs fois et « pacotes » dans des hôtels en pension complète.
La nouvelle frontière : le tourisme international
Dans cette mutation profonde des habitudes de voyage des Brésiliens, le tourisme international n'est pas en reste. Les Brésiliens affectionnent tout particulièrement les destinations régionales d'Amérique Latine ou plus lointaines des États Unis ou d'Europe. La demande pour le transport aérien a progressé de 20,38% en 2010 pour les vols internationaux opérés par des compagnies brésiliennes. Pour les mois à venir, l'Association Brésilienne des Agences de Voyage prévoit une augmentation de 15% de la vente de voyages internationaux. Les professionnels du tourisme brésilien ne sont pas les seuls à se frotter les mains. Les Brésiliens sont amateurs de shopping, et ont profité de la valorisation du real pour revenir de l'étranger avec les valises pleines: d'après la Banque Centrale Brésilienne, les dépenses en tourisme et voyages des Brésiliens à l'étranger a augmenté de plus de 50% en 2010, pour atteindre la somme de 16,500 millions de dollars.
Si la classe C est le moteur de cette nouvelle tendance, il ne faut pas oublier qu'une catégorie de Brésiliens privilégiés voyage régulièrement et de plus en plus. Pour Anita Besson Moraes Abreu, responsable des voyages internationaux pour l'agence de tourisme Matueté, le tourisme de luxe est également en essor : « Les Brésiliens voyagent beaucoup plus ; ils font des voyagent plus courts, profitant de tous les « fériados ». Passer 4 jours à Paris pour un long week end est quelque chose de très commun et notre public voyage beaucoup en classe business ou en première classe. Nous avons noté également une augmentation de l'usage des avions privés. » Anita ajoute que les destinations plus lointaines et exotiques sont particulièrement appréciées de sa clientèle.
Muriel ASSERAF (www.lepetitjournal.com ? Brésil) jeudi 17 février 2011





