Marseille en Amérique du Sud, c’est possible ? Pour Roxane, oui ! Et c’est à Valparaiso qu’elle pose ses valises en 2024. Depuis, la française s’est construite une nouvelle vie à plus de 11 000 km de sa célèbre cité Phocéenne. Et les similitudes entre les deux villes ne cessent de résonner au fil de ses découvertes. Aujourd’hui guide et professeur de français en ligne, elle nous fait naviguer entre Marseille et Valparaiso.


Une marseillaise devenue porteñas
Il aura fallu à Roxane, la marseillaise en herbe, 14 mois de voyage en Amérique du Sud, avant de poser ses valises à Valparaiso. À l'origine, elle devait partir seulement 3 semaines en Colombie avec des amis. Mais l’expérience n’a fait que se rallonger par les surprises de la vie et au fil des différentes rencontres. Partir à l’autre bout du monde était devenu une nécessité pour la sudiste. Tout commence réellement en 2019, un peu avant la pandémie mondiale qui a mis sur pause toutes activités humaines. Un travail qui devient ennuyant, des relations qui prennent fin, … et le début d’un burn-out. L’année d’après, la rupture conventionnelle est signée entre elle et son entreprise spécialisée dans le bâtiment. Dès 2021, la maître-d’œuvre se réinvente en apprentie fleuriste. Ce n’est que l’année d’après que son entreprise d’ateliers floraux, My Slow Provence devenue The Florist Traveller, prend vie autour de Marseille. En plus de cette activité d’auto-entrepreneure, Roxane compose avec un métier de guide de la cité Phocéenne. Mais ces activités s’arrêtent en 2023 pour laisser place à l’aventure en Amérique latine.
Les plans changent dès le début pour Roxane avec deux mois en Équateur en amont de son voyage avec ses amis en Colombie. Au bout de ces trois mois de voyage, son vol retour la ramène en France. Mais la marseillaise a la bougeotte et la découverte du monde, en particulier de l’Amérique du Sud, la rappelle. C’est donc à 34 ans, qu’elle se lance dans onze mois de voyage dans l’Hémisphère sud. Pérou, Bolivie, Argentine puis, cerise sur le gâteau, le Chili, fragmentent successivement son périple. Épuisée par ces longs mois d’exploration, elle décide de se poser à Pucón pendant un mois, au lieu de deux jours, où elle fait du volontariat dans un hôtel. Bien que Pucón soit riche de volcans et de lacs, il manque quelque chose à la marseillaise : l’eau salé, l’océan. Valparaiso en tête depuis toujours, elle décide d’aller voir celle qu’on surnomme la petite San Francisco pour pouvoir se faire son propre avis. C’est en janvier 2024, qu’elle se lance dans un mois de volontariat à Valparaiso. Ce volontariat se prolonge de deux mois où amour et amitié surgissent dans sa vie. Elle prend alors la décision de rester et cela fait aujourd’hui plus de deux ans qu’elle s’est construite une nouvelle vie au cœur du Joyau du Pacifique, en tant que guide touristique. À 37 ans, Roxane ne sait pas encore si le Chili et elle se sera pour toute la vie. En attendant, elle garde au coin de sa tête la possibilité d’ouvrir une agence de travel planner en auto-entrepreneure sur les deux continents afin de pouvoir faire découvrir et de retourner, un jour, sur les routes du monde.
« Marseille reste toujours dans mon cœur, mais ma vie est à Valparaiso », confie Roxane.

Marseille et Valparaiso : bonnet blanc et blanc bonnet
Les parallèles sont multiples entre Massalia et Valpo : le port, l’eau salée, les collines. Mais pour Roxane, marseillaise de naissance, les points communs sont beaucoup plus profonds. Quand elle est arrivée pour la première fois, Valparaiso c’était « le panier, la plaine et le cour Julien avec vue sur océan », raconte-t-elle. Les ruelles des Cerro Alegre et Concepcion, les plus emblématiques et touristiques de la ville, sont remplies de couleurs, notamment par le street art qui habille les murs des maisons. De grandes œuvres recouvrant les murs et les escaliers des cerros qui rappellent le dédale des rues du cour Julien à Marseille. Deux quartiers épicentre de l’art urbain mais dans deux villes différentes, l’une chilienne, la seconde française.
En plus des similitudes géographiques, l’histoire de ces deux villes, séparées par un océan, est analogue. Toutes deux ont été créées par des personnes extérieures qui en ont fait un port de commerce de grande envergure. Pour Marseille, ce sont les Grecs qui sont arrivés par la Grande Bleue vers 600 avant Jésus-Christ. Au fil de l’histoire, Marseille, grâce à son port, devient une ville incontournable du commerce maritime. Quant à Valparaiso, découvert par un explorateur espagnol, Juan de Saavedra, en 1536, c’est 8 ans plus tard que le Joyau du Pacifique devient un port d’ampleur à l’échelle nationale et internationale. En 2003, l’UNESCO classe les quartiers historiques de Valparaiso au patrimoine mondial de l’humanité. Pour Marseille, c’est la Cité Radieuse de Le Corbusier en 2021 qui bénéficiera de cette labellisation. Mais surtout, l’ambiance de ces deux villes si spéciales se retrouvent dans l’ADN de ses habitants. « Comme Marseille, Valparaiso, on l’aime ou on ne l’aime pas », confie la guide française. « Ce sont des villes rebelles et artistes. Un refuge et un nid de diversité », ajoute Roxane. Deux villes de culture différentes et dont les langues ne sont pas les mêmes, mais qui ont sans cesse su se réinventer et qui aujourd’hui partagent des similarités sur tous les plans.
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