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Où regarder le foot de l'East Bay à la Silicon Valley : le guide du supporter

Le coup d'envoi est à 9 h du matin, vous habitez Oakland, San Jose ou quelque part sur la Peninsula, et traverser le pont jusqu'en ville n'est pas une option un mardi. Bonne nouvelle : on n'a plus besoin d'aller bien loin pour trouver un écran géant, une terrasse bondée et une bière fraîche au moment où le ballon roule. Entre le Mondial qui s'installe pour un mois, les pubs « à l'européenne » ouverts dès l'aube et les fan zones qui poussent dans chaque centre-ville, le reste de la baie n'a rien à envier à la grande sœur de l'autre côté de la Bay Bridge. Petit tour d'horizon, quartier par quartier.

Un carte avec les endroits où on joue les matchs de la coupe du monde sans la région de San Francisco et Bay AreaUn carte avec les endroits où on joue les matchs de la coupe du monde sans la région de San Francisco et Bay Area
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 12 juin 2026

 

Le Mondial, partout autour de vous

La Coupe du monde 2026 a démarré le 11 juin et court jusqu'au 19 juillet. Le cœur local des opérations, c'est le stade de Santa Clara (rebaptisé « San Francisco Bay Area Stadium » le temps du tournoi), qui accueille six matchs entre le 13 juin et le 1er juillet. Mais l'essentiel se vit dehors : plus de trente fan zones, presque toutes gratuites et sans billet, retransmettent les rencontres sur écran géant d'un bout à l'autre de la région.

Inutile, donc, de filer en ville : chaque secteur a ses adresses, de la fan zone géante au pub de quartier ouvert dès l'aube. On descend d'abord vers le South Bay, capitale officieuse du ballon rond, avant de remonter par l'East Bay jusqu'aux vignobles du nord.

 

South Bay et Peninsula : la capitale du foot

San Jose se revendique, à juste titre, comme la capitale officieuse du foot de la région : les Earthquakes y figurent parmi les plus vieux clubs pros du pays. Logique, donc, que le South Bay concentre à la fois la plus grosse fête et quelques-uns des meilleurs pubs.

San Pedro Square, en plein centre de San Jose, c'est tout simplement la plus grande fête foot gratuite de la baie. Les Earthquakes transforment le marché couvert et les rues alentour en festival pendant les 39 jours du tournoi : les 104 matchs diffusés, sans droit d'entrée, un « Soccer Village » avec animations, peinture sur visage et jeux pour les enfants, des stands de cuisine du monde, et même une zone où l'on peut acheter et siroter une boisson à emporter en plein air (la fameuse « Entertainment Zone »). Idéal en famille comme entre amis.

Santana Row, toujours à San Jose, joue une carte plus chic et arborée, avec écran et terrasses, pour suivre les affiches dans un cadre agréable après une journée de travail dans la Silicon Valley.

Côté pubs, deux institutions sortent du lot. Jack's Bar, à San Jose, est le repaire des groupes de supporters — dont les Silicon Valley Gooners — avec des écharpes du monde entier accrochées au plafond. Comme tout vrai antre du foot, il ouvre à 6 h du matin le week-end pendant la saison de Premier League pour capter les matchs de l'autre hémisphère. Autant dire qu'il ne ratera pas une minute du Mondial — à un jet de pierre du stade de Santa Clara.

St. Stephen's Green, à Mountain View, est un pub irlandais sans chichis (bières à la pression, cuisine de bar généreuse) installé sur Castro Street, l'artère piétonne du centre. Son atout : les nombreuses tables en terrasse qui se muent en watch party spontanée, où passants et passionnés venus des quatre coins du globe commentent chaque action. Parfait pour celles et ceux qui vivent sur la Peninsula.

 

East Bay : Oakland et Berkeley se mettent au diapason

Côté Oakland, plusieurs adresses jouent à fond la carte du Mondial.

The Athletic Club (Grand Avenue) est sans doute le meilleur spot sportif de l'East Bay quand il tourne à plein : grand, plein d'écrans, à deux pas du BART. Fermé quelques mois, il a rouvert sous nouvelle direction le 11 juin, pile pour le tournoi.

George & Walt's (College Avenue, côté Claremont) est devenu une sorte de QG officieux des watch parties. Attention : pour les matchs de 9 h, la cuisine n'est pas toujours ouverte — mais on vous autorise à amener votre petit-déjeuner.

Neighborhood Sports Club, à Jack London Square, est la curiosité du moment : un café en plein air avec un vrai petit terrain de foot attenant, où l'on tape la balle entre deux rencontres. Ambiance familiale, food trucks et créateurs locaux — loin du cliché du pub enfumé.

Pour les lève-tôt et les inconditionnels, The Lodge (Telegraph Avenue) diffuse l'intégralité du tournoi sur écrans intérieurs et extérieurs, Mad Oak (Piedmont Avenue) ouvre dès midi pavoisé de drapeaux du monde entier, et l'Aloha Club propose DJ et activités enfants les jours de grand match.

À Berkeley, Triple Rock Brewing (Shattuck Avenue), brasserie quadragénaire en plein centre, passe les matchs de poule de l'après-midi, tandis que le Yeti Sports Bar (Adeline Street) reste une valeur sûre, écrans larges et bonne table à l'appui.

Enfin, un classique pour les amateurs de démesure : Ricky's Sports Bar & Grill, à San Leandro, et ses 90 et quelques téléviseurs. Quel que soit votre match, il y a un écran pour vous.

 

North Bay : même les vignobles regardent le foot

Vous êtes plutôt côté Marin, Sonoma ou Napa ? Le ballon rond a aussi sa place.

The Goose & Fern, à Santa Rosa (quartier de Railroad Square), est un pub britannique qui sert le « full English breakfast » avec les matchs du matin — pensez Scotch egg pour tenir jusqu'à la mi-temps. Napa Palisades Saloon, au centre de Napa, troque le temps d'un été la dégustation de vin contre un vrai bar sportif, son allumé, pour ne rien manquer du tournoi.

 

Et la Ligue 1, dans tout ça ?

Deux choses à savoir côté championnat de France. D'abord, la saison est en pause : l'édition 2025-2026 s'est terminée mi-mai, et le coup d'envoi du nouvel exercice est attendu pour la mi-août. Patience, donc, pour le retour du Classique.

Ensuite, le diffuseur. Aux États-Unis, la Ligue 1 passe par beIN Sports, accessible via des services de streaming comme Fubo, Sling TV ou Fanatiz. Tous les bars ne sont pas abonnés. Les adresses qui ouvrent déjà tôt pour la Liga, la Serie A ou la Premier League (Jack's Bar en tête dans le South Bay, les pubs irlandais de l'East Bay côté week-end) sont vos meilleures chances de trouver un écran. Le plus simple reste d'appeler la veille pour confirmer qu'ils captent le match — et, à défaut, de réunir les copains autour de l'abonnement maison.

Pour suivre les Bleus en communauté, les supporters francophones se retrouvent traditionnellement de l'autre côté du pont, à Paris 75 et au club voisin Paname (Broadway, à San Francisco), qui font office de fan zone tricolore pendant les grands rendez-vous. De quoi justifier une virée en ville un soir de match des Bleus.

 

Trois réflexes utiles

Vérifiez l'heure du coup d'envoi en local. Décalage oblige (neuf heures sur la France), un match du soir là-bas, c'est souvent le matin ici. Beaucoup de pubs ouvrent exprès en avance les jours de grand match.

Arrivez tôt pour les affiches. Les meilleures places partent vite, surtout en fan zone et pour un derby ou un huitième de finale.

Un coup de fil ne fait jamais de mal. Programmes et abonnements changent ; un appel la veille vous évite de courir d'un bar à l'autre.

Bon match — et profitez d'un été où toute la région, d'une rive à l'autre, va vivre au rythme du ballon rond.

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