Vingt ans dans la tech, une reconversion fulgurante, et aujourd'hui un nom qui s'impose parmi le top 0,5 % des agents immobiliers en Californie. Anne Laury, diplômée d'une école de commerce française et ancienne cadre chez Applied Materials, a fait de la Bay Area son terrain de jeu — et de réussite. Rencontre avec une femme qui a transformé sa passion pour les maisons en métier d'exception.


De la tech à la pierre : une reconversion portée par la passion
Tout commence à l'INSEEC, en France, où Anne Laury découvre sa passion pour les nouvelles technologies. Incapable de poursuivre des études d'ingénieure après son diplôme de commerce, elle prend une décision audacieuse : rejoindre la Silicon Valley. Elle intègre Applied Materials, géant mondial des équipements pour semi-conducteurs, puis s'essaie à l'aventure des start-ups avec Cygnus, rachetée depuis par Red Hat. Elle complète son parcours par des formations à UC Berkeley. En tout, vingt ans de carrière dans un secteur en perpétuelle effervescence.
Mais en parallèle de cette vie professionnelle bien remplie, une autre passion couve. « J'ai toujours aimé visiter des maisons, explorer différentes architectures, pousser la porte des open houses le week-end. Avec le temps, j'ai réalisé que cela pouvait devenir bien plus qu'un loisir. » C'est son mentor, Joel Goodrich, qui finit de la convaincre de franchir le pas.
Acheter ou vendre une maison, c'est l'une des décisions les plus importantes dans la vie des gens. Ce n'est pas une simple transaction — c'est un véritable accompagnement.
La transition est aussi rapide que brillante. Dès sa première année chez Coldwell Banker, Anne Laury est nommée Rookie of the Year au niveau national. En deux ans, elle intègre le top 10 % des agents. Aujourd'hui, elle figure dans le top 0,5 % de toute la Californie — une performance rare dans l'un des marchés immobiliers les plus compétitifs au monde.
Un marché en pleine surchauffe : le retour de la guerre des offres
Pour naviguer dans l'immobilier californien, Anne Laury insiste sur l'importance de s'entourer des bons professionnels : architecte, entrepreneurs, entreprise d'inspection, “escrow officer”, "stager",”legal counselor”, etc. « À chaque étape, il s'agit de travailler avec les bonnes personnes pour que le processus se déroule sans accroc. »
En 2026, le marché immobilier de San Francisco connaît un retour en force spectaculaire. Porté par l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle, le retour massif des acheteurs issus de la tech et une offre réduite d'environ 35 % par rapport à l'année précédente, le marché a renoué avec ses heures les plus fiévreuses. Les prix des maisons individuelles ont bondi à deux chiffres sur un an. Les biens bien positionnés et correctement présentés partent en dix à quinze jours — parfois moins.
Ce qui frappe aujourd'hui, ce sont les écarts entre prix affiché et prix de vente. Dans certains segments, plus de 90 % des biens se vendent au-dessus du prix demandé — avec des dépassements moyens de 15 à 20 %. Des cas extrêmes font régulièrement la une : une maison à Noe Valley vendue à 7,25 millions de dollars, soit près de 1,35 million au-dessus du prix listé. Des ventes dépassant le million de dollars "over asking" ne surprennent même plus les vendeurs. C'est une stratégie désormais bien rodée : afficher bas pour déclencher une guerre d'enchères, multiplier les offres — souvent sans contingence, souvent en cash.
« Dans la Bay Area, plus de 90 % des transactions continuent d'offrir la commission à l'agent acheteur. C'est un levier stratégique pour attirer des offres compétitives. »
Dans des quartiers comme Pacific Heights, Noe Valley ou la Marina, la compétition est particulièrement féroce. Les acheteurs se retrouvent parfois battus plusieurs fois avant de réussir à décrocher un bien. Les investisseurs sont également de retour, attirés par une hausse des loyers de l'ordre de 14 % sur un an — ce qui renforce encore la logique d'achat. Le segment luxe, lui, tourne à plein régime, avec des acheteurs internationaux et tech prêts à surenchérir sans hésiter.
Le marché n'est toutefois pas uniforme. Si les maisons individuelles bien situées explosent, certains condos en centre-ville restent dans une dynamique plus calme. Un marché à deux vitesses, que les professionnels comme Anne Laury savent lire avec précision. La récente réforme des règles de commission — qui transfère potentiellement la prise en charge des honoraires de l'agent acheteur du vendeur vers l'acheteur — ajoute une couche de complexité supplémentaire, notamment pour les primo-accédants. Anne Laury rappelle cependant que des solutions existent pour intégrer ces frais dans le financement, et que dans la Bay Area, la grande majorité des transactions maintient les pratiques habituelles.
Animée par la passion. Évaluée par la réussite de ses clients.
Cette devise résume parfaitement l'approche d'Anne Laury. Des condos du quartier de Brannan aux maisons familiales de Noe Valley, des propriétés de caractère à Tiburon aux adresses de prestige de Pacific Heights et de la Marina, elle accompagne aussi bien les primo-accédants que les vendeurs les plus exigeants — avec la même rigueur, la même disponibilité, la même attention au détail. Son terrain de jeu : toute la Bay Area, dans toute sa diversité.
Les avis de ses clients parlent d'eux-mêmes. Une maison vendue 800 000 dollars au-dessus du prix demandé. Une offre remportée face à treize concurrents. Un bien écoulé en une semaine, un autre en douze jours à 5 % over asking. Derrière ces résultats, une méthode : analyse fine du marché, stratégie de pricing chirurgicale, staging ciblé, réseau off-market et une disponibilité totale — 24h/24, 7j/7. « Elle s'est présentée au premier rendez-vous avec un livre — un plan complet pour vendre notre maison », raconte l'un de ses clients. Un autre résume : « Travailler avec Anne, c'était moins comme avoir un agent immobilier qu'un ami expert dans votre camp. »
« Elle a su trouver le prix exact qui nous permettrait de décrocher la maison. Sa connaissance du marché et ses prédictions étaient parfaites. »
Ce qui revient dans presque tous les témoignages : la capacité d'Anne Laury à comprendre, dès les premiers échanges, ce que ses clients cherchent vraiment. Pas seulement un bien — une vie. Un quartier, une école, une lumière, un jardin. Et derrière chaque transaction, une relation de confiance qui, parfois, dure bien au-delà de la remise des clés.
Engagée dans la culture francophone
Mon passé dans la tech me permet de rester connectée à cet écosystème
Au-delà de ses performances professionnelles, Anne Laury s'investit activement dans la communauté French Tech San Francisco. Un engagement qui tient autant à ses racines qu'à sa vision. « Mon passé dans la tech me permet de rester connectée à cet écosystème. C'est aussi une façon de partager mon expérience pour aider les entrepreneurs français à s'installer ici, à trouver un foyer. » Aider les Français de la Bay Area à poser leurs valises — au sens littéral — est pour elle une forme de contribution naturelle.
Soutenir la culture française, c'est contribuer à ce qu'elle reste vivante et visible ici, en Californie
Mais son engagement ne s'arrête pas aux portes de la tech. Anne Laury s'implique activement dans le rayonnement de la culture francophone en Californie. Elle a notamment soutenu le PIAFF Comedy Festival, événement parrainé par Laurent Ruquier et qui a réunit à San Francisco le meilleur du spectacle vivant français — humour, théâtre, danse, musique — convaincue que la communauté française de la Bay Area a autant besoin de se retrouver autour de sa culture que de ses réseaux professionnels.
« Soutenir la culture française, c'est contribuer à ce qu'elle reste vivante et visible ici, en Californie. Les artistes francophones ont besoin de relais aux États-Unis — et nous avons la chance d'avoir une organisation qui le fait avec passion depuis des années. »
Pour Anne Laury, cet engagement culturel est indissociable de son identité de Française de l'étranger. Être un pont entre la France et la Californie — que ce soit en aidant des familles à trouver leur maison ou en contribuant à ce que des artistes francophones foulent les scènes américaines — relève de la même conviction profonde : la communauté française de la Bay Area mérite d'être soutenue, dans toutes ses dimensions.
L'équilibre comme art de vivre
Pour moi, tout tient dans ce juste équilibre entre travail, famille et plaisir.
En dehors du travail et de ses engagements communautaires, Anne Laury est avant tout une mère de famille et une sportive passionnée. Tennis, ski, planche à voile : chaque activité lui permet de recharger les batteries différemment. « Rester active me donne l'énergie et la concentration dont j'ai besoin pour mener mes projets à bien. Pour moi, tout tient dans ce juste équilibre entre travail, famille et plaisir. » Une philosophie de vie qui, visiblement, lui réussit.
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