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Alexia Cornu : une Française, mille projets et un documentaire très personnel

Coach, auteure, entrepreneuse — Alexia Cornu fait partie de ces Françaises qui ont construit un parcours remarquable depuis la Bay Area. Nous l'avons rencontrée à l'occasion de son retour à San Francisco, où elle présente le 8 mars prochain son documentaire "On avance à ton rythme" : un film intime sur le lien mère-fille face à la maladie, et sur la force de continuer. La projection sera suivie d'un échange avec le public.

Alexia Cornu Alexia Cornu
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 5 mars 2026

 

Un film né d'une urgence de vie

Mon projet à moi, c'était de mettre ma mère sur un projet qui allait la dépasser, pour que ça lui donne un but

Lorsqu'Alexia Cornu évoque la genèse de son documentaire, elle ne parle pas de projet cinématographique. Elle parle d'une décision humaine. Quand sa mère reçoit un diagnostic de cancer, la Française, qui a vécu plusieurs année dans la Bay Area avant de parcourir le monde, a une idée fixe : lui offrir un but, un dépassement, un rush. « Mon projet à moi, c'était de mettre ma mère sur un projet qui allait la dépasser, pour que ça lui donne un but. »

C'est ainsi qu'est né le film, tourné en toute petite équipe — Alexia à la production et au financement, Romain, son vidéaste de confiance, à la caméra et au montage. Pas de distributeur, pas de business model. Juste l'envie de faire, ensemble. « Le but, c'était de le faire, tout court. C'était pas d'en faire un produit. »

 

Affiche du film "On avance à ton rythme" avec Alexia Cornu et sa mère.
Film Documentaire de Alexia Cornu - Vidéaste Romain Ehret 

 

Un angle résolument positif

On avait vraiment envie d'emmener les gens avec nous pour leur dire : en fait, ça va, et la vie est belle

Le sujet aurait pu être traité sous l'angle du drame. La maladie, l'incertitude, la douleur. Alexia et Romain ont fait un autre choix. « Malgré le fait que le sujet de fond soit lourd, on avait vraiment envie d'emmener les gens avec nous pour leur dire : en fait, ça va, et la vie est belle. » La mère d'Alexia, qui n'a rien vu du projet jusqu'à la soirée de l'avant-première parisienne le 16 décembre dernier, a découvert ce parti pris le soir même — et elle en a été touchée.

Le film porte aussi un message sur la relation mère-fille, et sur ces schémas familiaux complexes que la société a tendance à pathologiser. Alexia, qui se décrit comme une « enfant parentifiée », revendique les forces que cette histoire lui a données : « J'ai plein de super pouvoirs aujourd'hui dans ma vie d'adulte parce que justement j'étais une enfant parentifiée. »

 

Un film pour tout le monde — en accès libre sur YouTube

Tout le monde a une histoire avec le cancer, et tout le monde a une histoire avec sa mère.

 

Disponible gratuitement sur YouTube, le film a vocation à toucher le plus grand nombre. Malades, proches aidants, soignants — mais aussi toute personne qui a une histoire avec la maladie ou avec sa mère, c'est-à-dire, peu ou prou, tout le monde. Les projections en salle sont pour Alexia avant tout des espaces de rencontre et de parole. « Ce qui était incroyable sur l'avant-première, c'est les prises de parole des gens dans le public après la diffusion. Tout le monde a une histoire avec le cancer, et tout le monde a une histoire avec sa mère. »

La projection du 8 mars à San Francisco s'inscrit dans cet esprit : après la diffusion, un échange avec le public sera organisé pour que chacun puisse prendre la parole, partager, témoigner.

 

Un parcours construit à force de travail et d'audace

Arrivée à San Francisco en 2014, Alexia Cornu repart presque de zéro. Quelques années de galère, puis un déclic : le coaching en ligne. Avec le Covid et l'essor du digital, elle "scale" son activité et bâtit, méthodiquement, une plateforme aujourd'hui portée par une équipe de plus de dix personnes. Un empire discret, construit sans bruit, et qui lui permet de financer tous ses autres projets.

Car Alexia ne s'arrête pas là. Chroniqueuse sur Europe 1 et à La Maison des maternelles, elle publie deux livres chez Larousse en 2024 — et un troisième arrive le 8 avril, centré sur le muscle et la longévité. Entre Paris, où elle garde une base, et la Californie, où elle envisage de s'installer à Los Angeles, elle navigue avec une légèreté apparente que démentent des journées bien remplies.

Quand on lui demande comment elle explique cette réussite, sa réponse est directe : « Quand tu essaies plus dur, bizarrement, tu as plus de chance. La chance, ça se provoque. » Une philosophie qu'elle incarne — et qu'elle transmet chaque jour à sa communauté.

 

Aider, transmettre, inspirer

 

Des femmes lors d'une retraite, d'un repas et d'une séance de sport.

 

Ce qui frappe chez Alexia Cornu, c'est la conscience très claire qu'elle a de son impact sur les autres. Loin de s'en vanter, elle l'évoque avec une simplicité désarmante. « Pour les gens qui me rencontrent, et plus ils passent du temps avec moi, il y a tout le temps un avant et un après. » Une phrase qu'elle ne prononce pas avec fierté, mais avec la tranquille convidsction de quelqu'un qui a vu ce changement se produire, encore et encore.

En parallèle de ses programmes de coaching — qu'elle anime depuis six ans avec des centaines de clientes — elle pratique aussi du mentoring auprès d'entrepreneurs et de professionnels, sans jamais le mettre en avant. « Je l'affiche pas parce que je veux pas m'en rajouter », confie-t-elle. Mais les retours sont constants, et unanimes.

Ce don pour accompagner les autres, elle l'attribue en partie à son histoire personnelle. Enfant dite "parentifiée", elle a très tôt appris à porter, à soutenir, à anticiper les besoins de ceux qui l'entouraient. Ce que certains pourraient voir comme un fardeau, elle l'a transformé en force, puis en vocation. « J'ai plein de super pouvoirs aujourd'hui dans ma vie d'adulte parce que justement j'étais une enfant parentifiée. »

Aujourd'hui, c'est cette même énergie qu'elle cherche à transmettre à travers tous ses projets — le coaching, les livres, les chroniques, et maintenant le film. Pas pour se mettre en avant, mais pour redonner aux autres ce que la vie lui a appris : qu'on peut traverser les épreuves et en ressortir plus fort. Un message universel, qui résonne particulièrement en ce 8 mars.

 

INFOS PRATIQUES

Projection du documentaire "On avance à ton rythme" d'Alexia Cornu

Date : Samedi 8 mars 2026 — Journée internationale de la femme

Lieu : Marina Theater - San Francisco

Billets ici

Film disponible en ligne : YouTube (accès gratuit)

 

Propos recueillis par Le Petit Journal San Francisco

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