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FLAM ITALIE - "J’ai envie que mes enfants aient une maîtrise suffisante du français".

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 06/02/2014 à 01:00 | Mis à jour le 06/02/2014 à 08:00

Naître binational, c'est naître avec deux cultures. Mais parler la langue de l'autre pays, celui où l'on ne vit pas, ne va pas de soi. C'est parce que ces enfants binationaux, toujours plus nombreux, ne parlent pas, ne parlent plus ou parlent mal français, que le dispositif d'appui financier aux associations, FLAM (Français LAngue Maternelle) a été lancé en 2001. Arrivé en Italie en 2009 à Palerme, il accompagne aujourd'hui les activités de 5 associations sur le territoire national. A l'occasion de leur séminaire qui s'est tenu vendredi denier au Palais Farnèse, la rédaction a interviewé le président de l'association romaine FLAM Italie, Frédéric Sicamois.

Lepetitjournal.com : Pouvez-nous nous expliquer le dispositif FLAM, en quelques mots ?
Frédéric Sicamois : Le dispositif FLAM (Français LAngue Maternelle) a été lancé en 2001 avec pour objectif de permettre à des enfants français établis à l'étranger de conserver la pratique de leur langue maternelle et le lien avec la culture française dans un contexte extrascolaire.
Il s'agit d'un dispositif d'appui financier aux associations qui vise à lancer le projet et à pérenniser les activités. Les associations perçoivent une subvention de l'AEFE (Agence pour l'enseignement du français à l'étranger), dégressive sur les 5 premières années. Elles ne sont donc pas des émanations publiques. Elles ont un statut institutionnel mais naissent bien d'initiatives privées.

Comment ce dispositif vit-il sur le territoire italien et particulièrement à Rome ?
Il existe en Italie 5 associations FLAM (Gênes, Palerme, Rome, Turin et Venise). FLAM Italie est née en juin 2010. Il s'agit d'une association de droit italien, dont le projet pédagogique est de "soutenir les activités extrascolaires qui favorisent l'apprentissage de la langue et de la culture française en Italie".
C'est aussi un projet institutionnel du Ministère des Affaires Étrangères français pour, selon le site internet de l'association, "répondre au besoin des familles françaises, franco-italiennes ou francophones qui souhaitent entretenir le lien avec la langue et la culture française et ne peuvent pas, pour différentes raisons, scolariser leurs enfants dans les écoles françaises de Rome". Le ministère met également à disposition la formation des enseignants, des ressources documentaires, l'aide de l'attaché de coopération.

Vous êtes président de FLAM Italie. Qu'est-ce qui vous a poussé à rentrer dans l'association ?
J'ai été élu en mai 2013. Mais le président change chaque année. Je suis un ancien enseignant certifié de lettres modernes et vis en Italie depuis 12 ans. Français, je suis père de deux enfants binationaux de 5 et 7 ans. Mon fils a suivi les cours de FLAM Italie l'année dernière et en un an, il a beaucoup progressé. En tant que parent, je craignais une rupture avec une partie de son identité. Le bilinguisme est compliqué ; il existe différents degrés de maitrise du bilinguisme. J'ai envie que mes enfants aient une maîtrise suffisante du français. Pour que les enfants binationaux apprennent l'autre langue, il faut qu'il y ait un plan de stratégie de la part des parents et des grands-parents, favorable au bilinguisme.

Comment s'organisent les activités dispensées par l'association FLAM Italie ?
Les activités sont dispensées par des enseignants le samedi matin au Lycée Chateaubriand pendant 3 heures. Les parents bénévoles, au nombre de huit, s'occupent quant à eux des aspects logistiques et administratifs. Les frais sont de 230 euros pour 29 séances organisées sur toute l'année scolaire.
Chaque année, nous définissions un thème pour développer le projet pédagogique. Les deux premières années, nous avons travaillé autour du thème "Le Village" et l'année dernière sur "Le Petit Prince". Cette année, nous travaillons sur le thème "Le Conte" ce qui nous permet de proposer des activités cinématographiques par exemple aux plus grands. Les statuts de l'association spécifient en effet le caractère extrascolaire que nous proposons pour l'apprentissage de la langue et de la culture française.

Avant la conférence de Barbara Abdelilah Bauer sur le bilinguisme, Frédéric Sicamois présente l'association FLAM Italie au public du Centre Saint-Louis

Le problème de ces activités, c'est que les enseignants doivent concilier l'aspect ludique aux exigences, parfois très élevées, des parents.

Combien d'enfants suivent les activités proposées par FLAM Italie ?
A Rome, plus de cent enfants sont inscrits pour l'année 2013 / 2014. Il s'agit d'enfants de nationalités très différentes : australienne, belge, espagnole, française, guinéenne, italienne, marocaine, norvégienne, somalienne, suisse, etc. Cependant, nous cherchons à maintenir le nombre d'élèves aux alentours d'une centaine pour garantir la qualité de l'enseignement et parce que nos ressources organisationnelles de parents bénévoles ne nous permettent pas de grandir davantage.

Vendredi dernier, l'ensemble des associations FLAM présentes en Italie se sont réunies en séminaire. Pourquoi ?
Le but de cette rencontre était de réfléchir ensemble sur le bilinguisme, de nous connaître, de partager des expériences au niveau pédagogique et administratif suite à l'identification des problèmes rencontrés par les associations. Des problèmes  qui avaient été déjà en partie identifiés en juin 2012 lors des Assises FLAM organisées à Paris et réunissant des représentants des associations du monde entier.
A Rome notamment, nous souhaitons consolider l'association sur les aspects hors pédagogiques : développer la relation entre les parents, mieux nous faire connaître des institutions, mieux accompagner les enfants.
Enfin, à partir de  la fin de l'année prochaine nous ne toucherons plus d'aides de l'AEFE (qui ne durent que les cinq premières années) et nous souhaiterions substituer ces aides publiques par des sponsors privés pour pérenniser notre action.

FLAM Italie en chiffres
?    105 élèves entre 5 et 16 ans binationaux pour la plupart et représentant une dizaine de nationalités différentes
?    1/3 du de budget annuel couvert par une subvention AEFE dégressive
?    2 sites à Rome (Villa Strohl Fern-Lycée Chateaubriand) et à Frascati; des cours assurés par 7 professeurs français diplômés
?    un bureau exécutif de 8 membres bénévoles pour 90 heures de cours par an
?    des séances de 3 heures hebdomadaires le samedi matin

 

 

Propos recueillis par Sophie Her (Lepetitjournal.com de Rome) ? jeudi 6 février 2014

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