Mercredi 19 septembre 2018
Rio de Janeiro
Rio de Janeiro
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

SPORT - Le Maracanã de Rio au stade de l'abandon

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 22/01/2017 à 23:05 | Mis à jour le 23/01/2017 à 00:26

Gazon jauni, grilles rouillées, cambriolages en série : le stade Maracanã est à l'abandon à cause d'un imbroglio politico-juridique qui risque de transformer le temple du football brésilien... en majestueux éléphant blanc.

Le mythique stade de Rio, refait à neuf pour le Mondial 2014, brillait encore de mille feux il y a quatre mois, en pleine ferveur olympique. Depuis, l'électricité à été coupée. La nuit, le colosse aux 78.838 places assises est plongé dans l'obscurité. Une poignée de matches y ont été joués après les JO. Depuis le 29 décembre, rideau. Et rien à l'horizon.

Un comble pour l'enceinte qui a accueilli la dernière finale de Coupe du monde, en 2014, après une rénovation totale au coût pharaonique de 1,2 milliard de reais (350 millions d'euros), près du double du budget initial, sur fond de surfacturation et soupçons de corruption.

Les quatre grands clubs de la ville dont la saison commence la semaine prochaine trépignent d'impatience. "Cette situation est très préoccupante. Chaque jour qui passe, le stade se détériore un peu plus. J'espère que les autorités vont trouver une solution rapide", explique à l'AFP Eduardo Bandeira de Melo, président de Flamengo.

Mais le gouvernement de l'État de Rio croule sous les dettes. Il ne parvient même plus à payer ses fonctionnaires dans les délais depuis des mois. Et le Maracanã est au c?ur d'un imbroglio administratif et de gros sous inextricable.

Depuis le 30 octobre, l'entretien du stade est censé être à nouveau assuré par le concessionnaire privé Maracanã SA, qui l'avait cédé pendant huit mois au comité organisateur des JO.

Le Maracanã "en otage"
Le consortium, contrôlé par le géant du BTP Odebrecht, explique pourtant dans un communiqué envoyé à l'AFP qu'il n'a "toujours pas repris le stade en main". La faute selon lui au comité Rio 2016 qui "n'a pas respecté ses engagements de le restituer dans l'état où il l'a trouvé".

Mario Andrada, directeur de la communication de Rio 2016, admet que "certaines petites réparations sont nécessaires", mais assure disposer jusqu'à fin janvier pour les effectuer. Il tacle à son tour Maracanã SA, assurant que Rio 2016 a restitué le stade "dans de meilleures conditions que quand on le lui a confié", et s'est même vu "contraint d'effectuer une série de travaux de maintenance qui auraient dû être assumés par le concessionnaire". Mario Andrada accuse le concessionnaire de "prendre le Maracanã en otage pour humilier le gouvernement d'État et faire pression pour se débarrasser du stade".

Maracanã SA a effectivement déposé en juin 2016 une demande de rescision du contrat de concession signé en juin 2013 pour "non respect des clauses originelles". Deux mois après sa signature, le gouvernement de Rio de Janeiro avait en effet changé les règles du jeu. Cédant à la pression populaire, il avait interdit la démolition d'une école et de stades de natation et d'athlétisme adjacents où Maracanã SA devait construire un parking et un centre commercial. Un gros manque à gagner pour le concessionnaire, qui a annoncé 173 millions de reais (plus de 50 millions d'euros) de pertes cumulées entre 2013 et fin 2015.

Vendredi dernier, une décision judiciaire a obligé Maracanã SA à "reprendre immédiatement les opérations de maintenance du stade". Mais le consortium a annoncé qu'il ferait appel.

Odebrecht, par ailleurs au c?ur du méga scandale de corruption de Petrobras, tente de passer la main depuis des mois. Mais la transition est loin de se faire en douceur.

Quand Flamengo fâché...
Deux groupes de repreneurs sont sur les rangs, avec une entreprise française dans chaque camp. GL Events est alliée avec les anglais de CSM et les néerlandais Amsterdam Arena. Lagardère s'est associée à l'entreprise brésilienne de marketing sportif BWA. Mais les candidats tardent à fournir des "pièces manquantes" à la commission d'évaluation formée par le gouvernement d'État.

Le président de Flamengo a choisi son camp : "Nous avons eu de graves problèmes avec BWA, qui a été chargée de commercialiser des billets de nos matchs par le passé. Pas question que nous jouions au Maracanã si des escrocs décrochent la gestion du stade". Un boycott qui ferait tâche. Le club le plus populaire du Brésil revendique un rôle de "protagoniste" dans la gestion du stade, ce que lui aurait promis le groupe rival où est représenté GL Events.

En attendant, les alentours du Maracanã offrent un spectacle de désolation. Les touristes ne peuvent plus visiter le stade. Une poignée d'entre eux se contentent de prendre des selfies à l'entrée. Un simple coup d'?il à travers les grilles rouillées par endroits permet d'observer le gazon jauni à l'abandon. Pire, la Fédération de football de Rio de Janeiro (Ferj) a dénoncé des vols de télévisions, d'extincteurs, de sièges. Et même celui du buste du journaliste brésilien Mario Filho, qui a donné son nom officiel au Maracanã.

© 2017 Agence France-Presse
0 Commentaire (s)Réagir

Que faire à Rio ?

São Paulo Appercu

VARILUX - 20 films français dans 60 villes du Brésil en juin

Au-revoir là haut, L'échange de Princesses, Le Brio ou encore Tout le monde debout seront à l'affiche très bientôt au Brésil. Le Festival Varilux de Cinéma Français au Brésil revient du 7 au 20 juin

Sur le même sujet