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PATRICE MONTAGU-WILLIAMS - "La police de Rio est assez violente, mais elle a aussi affaire à des gens violents"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 18/07/2016 à 22:05 | Mis à jour le 18/07/2016 à 19:25

Un an après la sortie de son dernier roman sur le Brésil La Guerre de l'once et du serpent (L'Harmattan), Patrice Montagu-Williams revient avec une nouvelle fiction en deux parties, dont la première, Bope (L'Harmattan), est parue le mois dernier, avec Rio et ses favelas ainsi que les jeux Olympiques pour décor. L'auteur se confie au Petitjournal.com.

Lepetitjournal.com : Quelle est votre actualité depuis la sortie de votre dernier roman sur le Brésil ?
Patrice Montagu-Williams :
J'ai préparé Bope. Au départ, c'était un grand roman de 400 pages en deux parties : la première se déroulant à Rio et la seconde en Amazonie. Mais mon éditeur m'a suggéré de couper le livre en deux pour publier le premier avant les jeux Olympiques. La seconde partie devrait paraître en septembre. J'ai aussi toujours en parallèle ma série de polars sur Montmartre.

Parlez-nous donc de ce nouveau roman, Bope?
C'est l'histoire de Bento Santiago, un capitaine du Bope, le bataillon des forces spéciales de la police de Rio, qui est chargé de mettre de l'ordre dans le Complexo da Maré après des incidents avec le gang Terceiro Comando avant les jeux Olympiques. Il est suivi de près par un reporter de la Globo, mais il est manipulé à la fois par ses supérieurs et la police fédérale après une bavure dans une école où des enfants sont tués? C'est donc un roman d'action sur fond politique et économique qui décrit ce qu'est le Brésil d'aujourd'hui.

L'an dernier, vous nous déclariez vouloir parler du Brésil et le faire aimer sans avoir à parler nécessairement de cette image-là du pays qui est pourtant au centre de votre livre?
Oui, mais je me suis dit qu'on la connaissait mal en France. Ce n'est pas une thèse non plus et certes, ce n'est pas une bonne image du Brésil, mais elle existe. La seconde partie, en Amazonie, où Bento Santiago va rechercher ses racines chez les Munduruku, est plus positive.

Vous avez vécu plusieurs années au Brésil, mais vous vivez désormais en Grèce. Comment avez-vous mené vos recherches pour Bope ?
J'ai une amie brésilienne qui travaille depuis longtemps au service de la documentation de la Globo et qui m'a donné de nombreuses informations. Je me suis également renseigné sur Internet et à travers la presse brésilienne, comme la Folha de S.Paulo, que je lis toujours. Je me suis aussi inspiré de films comme Tropa de Elite. Et j'ai bien sûr des éléments qui me restent de ma vie à Rio. Il m'a fallu en tout 600 à 700 heures de travail sur une période de deux ans pour écrire l'ouvrage entier d'environ 400 pages.

Le Bope est au c?ur de votre roman, pouvez-vous nous en dire plus sur ce bataillon ?
C'est un peu le Raid de la police brésilienne, l'élite, ils ressemblent à des robots, mais contrairement aux Français, ils tirent un peu dans le tas et commettent des bavures. Leur logo ? une tête de mort percée d'un poignard avec deux pistolets ? est une bonne illustration. La police de Rio est assez violente, mais elle a aussi affaire à des gens violents, elle prend de vrais risques. Elle est bien armée, mais il y a un problème de formation et recrutement qui conduit à ces bavures. En France, le moindre écart finirait devant la justice alors qu'au Brésil, il y a cette impunité et cette corruption. De nombreux intérêts politiques sont en jeu, ainsi qu'une rivalité entre la police fédérale et militaire, dont je parle dans mon livre. Mais je suis certain qu'à l'image de mon héros, il y a des hommes intègres au sein du Bope.

Vous ne craignez pas d'effrayer un peu les futurs visiteurs de Rio avec votre roman ?
Non, parce que je suis moi-même lecteur de romans policiers, notamment américains, et ils sont bien plus violents que les miens. Rio a de toute manière une image de ville violente et les gens sont tellement habitués à voir de la violence qu'ils savent faire la différence entre la fiction et la réalité, qui n'est pas pire que ce que j'écris.

Que pensez-vous de la situation actuelle au Brésil ?
Je suis venu la première fois en 1968 donc j'ai connu le Brésil des militaires, puis la démocratisation, les présidents Collor, Cardoso, qui a plutôt contribué à redresser le pays? Aujourd'hui, la situation est compliquée, mais c'est la façon dont marche le Brésil, il croît dans une certaine désorganisation. 

Propos recueillis par Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 19 juillet 2016

- Lire notre précédent entretien avec Patrice Montagu-Williams

- Voir le site de Patrice Montagu-Williams

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