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CHARLES TEIXEIRA VASCONCELOS - "'A Balada de Maristela Sacramento' est la chronique d'une époque de Niteroi qui n'existe plus"

Par Lepetitjournal Rio de Janeiro | Publié le 16/12/2015 à 23:05 | Mis à jour le 17/12/2015 à 01:56

A 36 ans, ce fier habitant de Niteroi (Rio de Janeiro) "a étudié le journalisme et le droit, mais aujourd'hui, il ne fait rien de tout cela, il vit", notamment en participant à la gestion du restaurant familial du quartier de Pendotiba, "Tio Barriga". En mai dernier, il sortait son premier livre, A Balada de Maristela Sacramento (éditions Multifoco), un roman sur les mésaventures et questionnements d'un groupe d'amis lors du dernier jour de classe, dans le Niteroi des années 1990. Lepetitjournal.com s'est entretenu avec Charles Teixeira Vasconcelos.

Lepetitjournal.com : Tout d'abord, pouvez-vous nous parler un peu plus de vous ?
Charles Teixeira Vasconcelos :
Mon parcours est assez simple. Je suis actuellement gérant d'un restaurant à Niteroi, je n'ai pas du tout suivi ma formation académique qui m'a donné des diplômes d'avocat et de journaliste. J'ai laissé tomber tout cela pour rester dans le domaine de ma famille qui est le divertissement. Ce chemin artistique, créatif, a toujours été naturel pour moi et cela a abouti à ce livre.

Quelle est l'origine de ce livre ?
Après avoir terminé mes études en 2005, je n'ai donc pas voulu devenir avocat, c'était une période très difficile pour moi. Un jour, alors que je marchais dans la rue, j'ai assisté à une scène : une bande d'adolescents discutant sur la plage d'Icarai, à Niteroi. J'ai trouvé cela frappant et cela m'a tout de suite donné l'idée d'un scénario de film. Mais je ne savais pas écrire ce genre de chose ni ne connaissait personne sachant le faire. Le moyen le plus naturel de la retranscrire au départ aurait plutôt été d'en écrire un livre, mais c'est une scène de film qui m'est venue. Alors j'ai été sur Google et j'ai tapé "Comment écrire un scénario ?", quelle formation suivre. Mais je n'en ai pas trouvée, il n'y a rien de formel pour l'écriture de scénario. Alors j'ai commencé à écrire des bouts de cette histoire que j'avais en tête, avec les personnages, etc., tout me venait facilement.

Outre cette scène précise, quelle est l'inspiration derrière tout cela ?
A Balada de Maristela Sacramento n'est pas exactement une histoire autobiographique, mais c'est la chronique d'une époque de Niteroi qui n'existe plus. De la moitié des années 1990 jusqu'à aujourd'hui, la ville s'est énormément développée, des immeubles ont remplacé des maisons, des cinémas, etc. De nombreux lieux ont disparu et je voulais rendre hommage à mon adolescence et à cette ville de mon adolescence qui est un personnage du livre et qui, donc, n'existe plus aujourd'hui.

Mais le film prévu est finalement devenu un livre?
Durant cinq ans, j'ai beaucoup lu, réécrit? puis j'ai pensé qu'il serait plus adapté d'en faire un livre, un roman, parce que les chances d'être publié sont infiniment plus importantes que de voir un film se réaliser, d'autant plus qu'un film ne se concrétise jamais de la manière dont on voudrait qu'il le soit. J'ai alors repris tout le matériel que j'avais, sur papier, ordinateur, des dessins? J'ai tout réuni et cela a abouti à ce livre, dix ans après avoir assisté à cette scène.

Comment définiriez-vous votre roman ?
C'est une comédie, rapide, légère, comme celles que l'on voit passer à la télévision brésilienne l'après-midi.  

Niteroi est donc l'un des "personnages" du livre, que pensez-vous de son évolution, de votre adolescence, au centre du roman, jusqu'à aujourd'hui ?
C'est une ville très différente aujourd'hui. La nostalgie me ferait dire qu'elle a empiré, mais je dois reconnaître qu'elle s'est aussi améliorée sur de nombreux aspects. Quand Rio était encore la capitale du Brésil, Niteroi était la capitale de l'Etat de Rio de Janeiro et elle a donc toujours eu ce besoin de se développer, même si elle est restée petite. Mais comme tout développement moderne, cela s'est fait sans vraiment de planification et cela se reflète aujourd'hui dans la ville.  

Même si Niteroi a beaucoup changé, vous y restez très attaché malgré tout. Comment pourriez-vous la décrire pour ceux qui ne connaissent pas bien la ville ?
Je me rappelle que quand je suis entré à la PUC, à Rio, les étudiants cariocas parlaient de Niteroi comment d'un lieu folklorique lointain, comme l'île de Paqueta aujourd'hui. Mais non, c'est bien une ville normale, avec des commerces, des industries, même si aujourd'hui elle accueille beaucoup plus d'entreprises de services. Je pense que Niteroi est une ville où l'on se sent bien, idéale pour s'installer, élever ses enfants, telle une version bien réduite de Rio avec des habitants qui se connaissent alors que ce n'est plus vraiment le cas à Rio. La dichotomie qui existe entre Rio et Niteroi est la même qu'entre New York et ses banlieues du New Jersey, des villes très proches et complémentaires. A partir des années 1950, Niteroi a commencé à être une cité dortoir, avec une grande partie de ses habitants travaillant à Rio, mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui, la ville a acquis une plus grande indépendance.

Les personnages principaux de votre roman sont le narrateur et son groupe d'amis adolescents. Cette jeunesse de Niteroi a-t-elle changé depuis votre propre adolescence que vous décrivez en quelque sorte dans le livre ?
Oui, je pense qu'elle a beaucoup changé. Je ne donne pas de période spécifique dans le livre, mais cette jeunesse-là n'utilise en effet pas de téléphone portable, ne connaît pas encore les réseaux sociaux et très peu Internet. Ainsi, elle avait besoin de sortir pour vivre, pour rejoindre sa communauté et parler, échanger. Aujourd'hui, les jeunes peuvent faire cela depuis leur domicile, il suffit d'un groupe sur Facebook pour discuter, s'échanger des photos et des vidéos. Je ne dis pas que c'est mauvais, mais c'est différent, même s'il reste encore beaucoup d'expériences similaires, comme le fait d'aller en groupe à la plage par exemple. Mais je pense que les gens ont aussi aujourd'hui un peu plus peur de sortir en raison des violences urbaines qui ont augmenté, selon moi.

Est-ce que la sortie de ce premier livre va vous encourager à vous lancer dans l'écriture d'un prochain ?
J'ai de l'inspiration pour de prochains livres, j'en ai d'ailleurs commencé un autre en 2008, j'en suis à une trentaine de pages, mais il me manque juste du temps et de la patience pour l'écrire. L'écriture est une tâche qui demande beaucoup physiquement et psychologiquement, parce que, comme tout projet créatif, il faut le réaliser avec passion. Maintenant, c'est ce que je me dis quand je n'apprécie pas un livre ou une bande dessinée, j'essaye de ne pas oublier que l'auteur y a mis toute sa passion.

En parlant de bandes dessinées, vous êtes justement un amoureux d'?uvres françaises?
Oui, les bandes dessinées françaises comme Astérix ou celles de Moebius ont eu une influence très importante dans ma vie. Je les ai découvertes au début de mon adolescence et elles se différenciaient beaucoup des américaines parce qu'elles sont très artistiques, avec beaucoup de contenu. Pour Astérix, j'aime moins les albums qu'Uderzo a fait tout seul ensuite, plus par purisme parce que son travail reste extraordinaire.

Propos recueillis par Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 17 décembre 2015

*Photos : Angela Catussia

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