Vendredi 24 septembre 2021
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The Claremont serial killings, partie 2: l'enquête

Par Quitterie Puel | Publié le 03/11/2020 à 23:00 | Mis à jour le 03/11/2020 à 23:00
Photo : Prélèvements d'ongles de Ciara Glennon qui contiennent l'ADN d'Edwards
Prévèlement d'ADN

La semaine dernière, dans la série des « Claremont serial killings » nous avions évoqué les victimes. Aujourd’hui, nous décryptons les étapes de l’enquête qui s’est étendue sur plus de 20 ans et qui a été l’une des affaires policières des plus longues, médiatisées et onéreuses qu’a connu le Western Australia.

 

Après la découverte du corps de Ciara Glennon, l’inquiétude et la suspicion règnent sur Perth. Les « Claremont serial killings » sont en première page de tous les journaux, les jeunes filles n’osent plus sortir le soir et une grande partie des habitants de Claremont se méfient des conducteurs de taxis.

 

A ce moment-là, la police n’a aucune piste. Paul Ferguson, qui est en charge de l’affaire, décide de s’entretenir David Birnie, un autre serial killer de Perth, alors en prison. Son intention est de comprendre la psychologie de l’assassin en interrogeant un autre tueur « expérimenté ». Les détails de cet entretien n’ont jamais été révélés au public.

Quelques mois plus tard, Paul Ferguson est remplacé par David Caporn et c’est sous sa direction qu’un premier suspect arrive sur le devant de la scène. L’homme en question s’appelle Lance Williams, il a un peu plus de 30 ans, vit chez ses parents à Cottesloe et a connu plusieurs épisodes dépressifs.


En 1998, la police soupçonne Lance Williams pour plusieurs raisons :

  • Il habite dans une zone proche de Claremont.
  • Lance Williams fréquente très régulièrement les prostituées, entretient des rapports assez froids avec ses collègues de travail, a peu d’amis et est décrit par beaucoup comme « étrange ».
  • A partir de 1995, il avait totalement modifié son hygiène de vie (arrêt de l’alcool, de la cigarette et drogues) et avait fait plusieurs dépressions. Cela aurait pu justifier de possibles meurtres.
  • La police le repère car il fait régulièrement des tours de Claremont sans but précis.
  • Il n’a aucun alibi valable pour les trois meurtres.
     

A l’époque, Lance Williams est traqué par la police, il fait la une des journaux et David Caporn affirme qu’ils ont « leur homme » mais finalement, en 1999, la police abandonne cette piste.

Progressivement l’affaire s’enlise : il n’y a pas de nouveaux suspects et l’enquête n’avance pas.


Pourtant, en 2009, l’affaire connait une avancée majeure qui sera longtemps tenue secrète. Grâce aux progrès scientifiques et technologiques, les médecins légistes de l’époque parviennent à récupérer et analyser les traces d’ADN prélevées sur les ongles de Ciara Glennon. La police découvre que l’ADN en question correspond à celui prélevé sur le corps d’une jeune fille enlevée, violée puis relâchée par un inconnu dans le cimetière de Karrakatta en 1995.

 

A l’époque des faits, l’auteur du crime n’avait pas été identifié mais la police avait conservé des échantillons d’ADN dans ses archives. A ce stade-là, le tueur n’est toujours pas connu mais pour la première fois depuis 10 ans, l’enquête avance.

En 2014, des fibres microscopiques en polyester bleu sont prélevées sur les dépouilles de Jane et Ciara et analysées par des scientifiques. Ils découvrent que ces fibres proviennent du même véhicule : un Break Holden Commodore, une voiture notamment utilisée par les employés de l’entreprise Telstra.

Voiture Bradley Edwards

La même année, l’enquête connait une autre avancée : en 1988, un homme s’était introduit chez une jeune fille à Huntingdale (sud-est de Perth) et avait tenté de la violer. La jeune fille s’était débattue et l’homme avait pris la fuite en laissant derrière lui un kimono en soie. Une nouvelle fois, l’affaire n’avait pas été résolue mais la police avait conservé le kimono comme indice. En 2014, on découvre que l’ADN relevé sur le kimono est le même que celui prélevé sur la victime de Karrakatta et sur les ongles de Ciara. Malheureusement aucun des profils enregistrés dans les bases de données de la police national ne correspond à l’ADN en question.  

kimono

 

Les enquêteurs commencent enfin à rassembler les pièces du puzzle, mais certaines zones d’ombre demeurent…

En superposant toutes les empreintes prélevées sur chacune des scènes de crime à celles enregistrées dans leur base de données, la police parvient enfin à mettre le doigt sur Bradley Edwards, un homme de cinquante ans qui travaille comme technicien chez Telstra. Avant son arrestation, Edwards n’avait jamais été accusé de viol mais il avait cependant un casier judiciaire qui remontait à 1990. A cette époque-là, il avait agressé une travailleuse sociale de 60 ans à Hollywood Hospital. Il avait par la suite tenté de justifier son acte en disant qu’il traversait une période difficile avec sa femme.

Avec Edwards, tout concorde : l’ADN, les empreintes et la voiture et surtout, l’homme n’a aucun alibi :  le soir de la disparation de Ciara, il était censé passer la soirée avec des amis mais s’était rétracté au dernier moment. En fouillant son domicile, la police découvre un personnage sombre et solitaire, amateur de films pornographiques et collectionneurs de sous-vêtements pour femme. Le 26 décembre 2016, Bradley Edwards est arrêté.


La semaine prochaine sortira le dernier épisode de la série consacré au procès ! 

     

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Quitterie Puel

Après avoir effectué un master en management de projets culturels à Sciences Po, j’ai décidé de m’expatrier pour trois ans à Perth. J’aime écrire sur des sujets de société, dénicher des bonnes adresses et découvrir des lieux insolites.
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