Dimanche 17 janvier 2021

3 films pour découvrir la condition des Aborigènes en Australie

Par Quitterie Puel | Publié le 09/10/2020 à 00:00 | Mis à jour le 14/10/2020 à 15:47
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En avril dernier, nous avions eu la chance de nous entretenir avec Catherine Piota qui nous avait énormément touché en nous parlant de la condition des Aborigènes en Australie. Alors on a eu envie d'en apprendre plus et quoi de mieux que le septième art pour parler d'un tel sujet? Voici trois films que nous recommandons si vous souhaitez comprendre l'histoire de la "first nation" en Australie. 

Le chemin de la liberté (The rabbit proof fence) – 2002 

The Rabbit Prof Fence est un film australien réalisé par Philip Noyce et inspiré du livre de Doris Pilkington Garimara intitulé « Follow the rabbit proof fence »

L’histoire se déroule en 1931 à Jigalong près du desert de Gibson.  Trois jeunes aborigènes : Molly, Daisy et Gracie vivent avec leurs mères respectives.  Molly et Daisy sont sœurs et filles d’une mère aborigène et d’un père blanc. Gracie est leur cousine. A Perth, A.O Neville, le protecteur des Aborigènes, signe un traité pour que les trois filles soient enlevées à leurs mères et amenées de force au River Native Camp. L’objectif est de les former à devenir des servantes pour des familles blanches, qu’elles se marient éventuellement avec un homme blanc et que le sang aborigène disparaisse. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. 

rabbit proof fence Un jour, les filles vont décider de fuir en suivant la barrière aux lapins qui longe une immense partie du pays et qui les amènera au Nord de Jigalong. Or, le chemin est semé d’embuches. 

Ce film, qui raconte l’épisode sombre des « stolen generations », est un must-see dans l’histoire cinématographique australienne. Everlyn Sampi, l’actrice principale du film, est inoubliable. 

 

In my blood it runs de Maya Newell (2019) 

In my blood it runs est un documentaire réalisé par Maya Newell. L’histoire se déroule à Mparntwe, à Alice Springs, Maya filme avec délicatesse le quotidien de Dujuan, un jeune aborigène de 10 ans. Dujuan est un enfant plein de qualités : Il parle trois langues, connait le bush par cœur, est un fin chasseur pourtant, dans le système dans lequel il évolue, il est un élément défaillant. Il échoue à l’école et la police le guette de près. 

In my blood it runs raconte le traumatisme causé par la colonisation sur les Aborigènes d’Australie, « dénonce » l’omniprésence du système carcéral chez les populations aborigènes et la quasi impossibilité pour les nouvelles générations de s’intégrer dans une société qui les rejette. Parallèlement à cela, Maya filme toute la richesse, la complexité et la tendresse qui structure la culture aborigène. Un film à voir de toute urgence, surtout suite au mouvement Black Lives Matter.

 In my blood it runs

 

Samson et Delilah (2009) 

Présenté à Cannes en 2009 dans la catégorie « un certain regard » Samson et Delilah est un film de Warwick Thornton. 

Deux adolescents de 14 ans vivent dans une communauté, une sorte de bidonville au milieu du désert, proche d’Alice Srings à l’écart du monde. Samson ne parle pas, il vit avec son frère dans un abri délabré et se drogue quotidiennement à l’essence. Delilah vit avec sa grand-mère, artiste, qui produit des œuvres d’art qui sont vendues par un homme blanc et dont elle ne voit jamais les profits. 

Un jour, la grand-mère de Delilah meurt et les ennuis commencent. Samson vole une voiture et embarque Delilah avec lui à Alice Springs où la pauvreté et les ennuis les poursuivent. La vie hors de la communauté s’avère encore plus cruelle et violente. Progressivement, les deux jeunes vont sombrer dans la faim et le désespoir, dans l’indifférence générale du reste du monde. 

Un film contemplatif où tout est suggéré et où les paroles sont rares.  Pourtant la violence y est permanente. Samson et Delilah met en lumière ceux que l’on ne voit jamais, ceux pour qui il n’y a pas de place, ceux dont tout le monde se moque et c’est déchirant.

Samson et Delilah

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Quitterie Puel

Après avoir effectué un master en management de projets culturels à Sciences Po, j’ai décidé de m’expatrier pour trois ans à Perth. J’aime écrire sur des sujets de société, dénicher des bonnes adresses et découvrir des lieux insolites.
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