Édition internationale

New York face aux déchets : Project Rescue Ocean veut passer à l’action

À la Maison de l’Occitanie, l’ONG française Project Rescue Ocean a présenté ses actions de nettoyage et de sensibilisation. Présente dans 55 hubs à travers le monde, l’association veut désormais renforcer son implantation new-yorkaise et mobiliser davantage de citoyens contre les déchets sauvages.

project rescue ocean à New York project rescue ocean à New York
Aurélie Flejo, membre engagée de Project Rescue Ocean ©️Lola Neto
Écrit par Lola Neto
Publié le 17 mai 2026, mis à jour le 18 mai 2026

Project Rescue Ocean, une ONG née d’un constat de terrain

L’histoire de Project Rescue Ocean débute en 2015, dans le sud de la France, à l’initiative de Benoît Schumann, ancien marin-pompier. Après une tempête particulièrement violente, lui et ses collègues constatent l’ampleur des déchets accumulés sur les littoraux. Ce constat devient rapidement un déclic.  Face à cette accumulation répétée de détritus, ils commencent à documenter la pollution marine. Très vite, l’action prend une autre dimension. Des vidéos sont envoyées à des responsables politiques, des célébrités et des acteurs de la société civile afin d’alerter sur l’urgence environnementale.

Mais face à la lenteur des réponses institutionnelles et aux difficultés de coordination entre structures existantes, l’idée d’une organisation indépendante émerge, de permettre à chaque citoyen d’agir directement. « On est tous victimes des comportements des uns et des autres », rappelle Aurélie Flejo, membre engagée dans le développement de la branche new-yorkaise de l’ONG. Pour elle, la pollution ne s’arrête jamais aux frontières,  « Quelque chose qu’on jette à New York peut se retrouver sur une plage de l’Atlantique ou dans les Caraïbes. »

 

 

Un réseau international basé autour de l’action locale

Aujourd’hui, Project Rescue Ocean s’appuie sur un réseau de 55 hubs répartis dans le monde, avec une forte implantation en France, où se situe le siège à Béziers. Chaque antenne fonctionne de manière autonome tout en respectant un objectif commun, d’organiser au moins deux opérations de nettoyage par an. Certaines branches ont développé un rythme beaucoup plus soutenu.

À Bali, en Thaïlande ou encore à La Réunion, des actions sont organisées chaque semaine, rassemblant des bénévoles autour de plages, rivières ou zones urbaines touchées par les déchets. Les clean-ups constituent le cœur de l’activité de l’ONG. Ouverts au public, ils permettent une mobilisation large et ponctuelle. Selon les données de l’association, environ 2000 membres actifs participent régulièrement aux actions, avec des événements pouvant réunir jusqu’à une centaine de personnes. Depuis sa création, plus de 910 tonnes de déchets sauvages auraient été collectées grâce à ces opérations menées sur le terrain.

 

Carte des implantations internationales de Project Rescue Ocean en 2026 
Carte des implantations internationales de Project Rescue Ocean en 2026 

 

Sensibiliser, mesurer, transformer

Au-delà des actions de nettoyage, l’association mise fortement sur la prévention. En 2019, elle lance la Rescue Ocean Academy, un programme éducatif destiné à structurer les interventions dans les établissements scolaires. Des membres formés interviennent auprès des enfants pour expliquer les enjeux liés à la pollution plastique et aux déchets abandonnés. L’objectif est d’ancrer des réflexes durables dès l'enfance. « Quand on sensibilise dès le plus jeune âge, cela devient une habitude. On change les mentalités et les comportements », souligne Aurélie Flejo.

Selon l’ONG, près de 47 000 enfants ont déjà été sensibilisés à travers ce dispositif. L’organisation revendique aussi une approche basée sur des résultats concrets, avec des objectifs à l’horizon 2030 : atteindre 100 hubs, 10 000 membres, sensibiliser 100 000 enfants et collecter 1 500 tonnes supplémentaires de déchets sauvages. Dans cette dynamique, Project Rescue Ocean développe également des partenariats avec des entreprises et organisations à travers un programme d’engagement reconnu comme une initiative de solidarité accréditée par l'UNESCO.

L’ONG invite ainsi les structures à rejoindre un mouvement international visant à transformer la prise de conscience en impact concret et mesurable, en intégrant des actions de terrain dans leurs stratégies de responsabilité sociétale. Le message est clair : agir localement, pour générer un impact global, tout en mobilisant les équipes et en créant des résultats visibles et durables.

 

New York, une antenne encore en construction

À New York, la branche locale est en phase de structuration. L’ambition est de développer une dynamique régulière d’actions de terrain, tout en recrutant de nouveaux bénévoles. Une première opération de nettoyage est envisagée pour le mois de juin, sous réserve de l’obtention des autorisations administratives nécessaires. Dans la ville, l’organisation d’un clean-up impliquant plus de 20 participants nécessite en effet un permis spécifique délivré par le Parks and Recreation Department.

Au-delà des contraintes logistiques, l’enjeu est aussi de fédérer une communauté locale engagée. L’ONG souhaite adapter ses actions au contexte urbain new-yorkais, où les déchets se retrouvent aussi bien dans les rues que dans les cours d’eau. Pour Aurélie Flejo, l’engagement peut commencer par des gestes simples du quotidien, réduire les emballages à usage unique, privilégier les contenants réutilisables ou encore adopter une meilleure gestion des déchets domestiques.

 

Une action locale pour un impact global

Au cœur du message porté par Project Rescue Ocean, mis en lumière à la Maison de l'Occitanie, l’idée reste la même, chaque action individuelle contribue à un impact collectif plus large. Les opérations de nettoyage ne sont qu’une partie du travail, l’objectif étant surtout de faire évoluer les comportements sur le long terme. « L’objectif est de faire grandir la branche new-yorkaise et d’organiser de plus en plus d’actions ici », conclut Aurélie Flejo, avec la volonté de faire de New York un nouveau pôle actif de mobilisation citoyenne.

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