Jeanne Verdoux est arrivée à New York après une résidence à la Villa Médicis. Exposée avec Nicolas Touron et Fanny Allié dans « Vessels : Bodies, Tales & Machines » à la Westbeth Gallery, l’artiste française nous parle de son processus créatif et de sa vie à New York : « La ville est très ouverte et a soif de nouveauté. Chacun peut s’y inventer comme il le veut. »


Comment votre parcours artistique vous a emmené à New York ?
J’ai étudié au Royal College of Art de Londres et à mon retour à Paris j’ai ressenti le besoin de continuer à voyager pour stimuler mon travail de création. J’ai postulé à La Villa Médicis ‘Hors-les-Murs’ avec le souhait de partir développer ma recherche visuelle à New York et ma candidature a été retenue. Je suis donc partie à New York et j’y suis restée.

Comment êtes-vous venus à travailler ensemble sur l'exposition Vessels : Bodies, Tales & Machines ?
J’ai rencontré Nicolas et Fanny à New York aux cours de résidences et expositions auxquelles nous participions tous les trois. Nous nous sommes liés d’amitié et le désir de travailler ensemble et de soutenir nos productions est venu naturellement. En suivant nos travaux de recherche visuelle respectifs, nous avons identifié des thèmes communs et celui du ‘vaisseau’ est apparu évident.

Quelle a été votre interprétation de la thématique du vaisseau ?
Mon travail artistique est basé sur l'interprétation surréaliste du corps féminin. Je représente ces corps, ou ces parties de corps, sous la forme de contenants creux - ou vaisseaux - symboliques et dotés d'attributs humains. Ces récipients humanisés explorent le corps féminin comme un réceptacle d'expériences de vie intérieure. La fertilité et la maternité, l'équilibre et la gravité, l'humour et l'absurde figurent parmi les thèmes abordés dans mes oeuvres.
Le contraste entre ces deux cultures où je navigue crée un espace qui me permet de m’interroger sur des concepts que j’explore dans mon travail
En quoi la France et New York inspirent votre art ?
J’ai grandi à Paris immergée dans la culture française. L’Art, le cinéma, l’architecture, la gastronomie française ont nourri mon jeune imaginaire et restent des références fortes dans mon univers créatif personnel. New York est le lieu de tous les possibles. L’échelle de la ville, la lumière éclatante, l’ouverture sur l'océan, la vitesse du rythme de vie, la diversité culturelle, tous ces éléments contribuent à me propulser dans un mouvement perpétuel et un désir infini de création. Le contraste entre ces deux cultures où je navigue crée un espace qui me permet de m’interroger sur des concepts que j’explore dans mon travail.
New York est très ouverte et a soif de nouveauté
Quel serait votre conseil pour un jeune artiste qui veut se lancer à New York ?
Tout est possible à New York. La ville est très ouverte et a soif de nouveauté. Chacun peut s’y inventer comme il le veut. Mais il faut une grande capacité de travail pour s’y établir comme artiste. Un jeune artiste doit travailler sur tous les fronts en parallèle : dans l’atelier à sa production mais également à l'extérieur dans sa vie sociale pour construire une communauté d’amis créatifs qui deviendra un tremplin à connexions et opportunités. Il ne faut jamais se décourager. Avec de la persévérance et de la générosité réciproque, on peut construire son réseau.
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