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New York vs les cafards : une guerre invisible

À New York, tout est intense, le bruit, la foule et, pour certains habitants, une bataille plus intime et moins médiatisée : la lutte quotidienne contre les cafards. Ces intrus nocturnes ne font pas les gros titres, mais ils s’invitent dans les cuisines et les appartements, rappelant que la ville ne dort jamais… et que ses cafards non plus.

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Invisible, mais partout © vecteezy
Écrit par Lola Neto
Publié le 18 février 2026, mis à jour le 26 mai 2026

 

Une ville faite pour les cafards

New York est une métropole dense, ancienne et vivante, où la cohabitation avec la nature est parfois inattendue. Les conditions parfaites pour que les cafards prospèrent y sont multiples, des tuyaux partagés, des vieilles canalisations, des caves humides et des déchets déposés chaque jour sur les trottoirs avant leur ramassage. Les immeubles anciens, très nombreux à Manhattan, Brooklyn ou Queens, deviennent rapidement des refuges pour ces insectes résistants. Le cafard germanique, l’espèce la plus répandue, peut se reproduire extrêmement vite. Une seule femelle peut engendrer plusieurs centaines de descendants en quelques mois. Même dans des appartements propres et bien entretenus, ces insectes trouvent facilement leur chemin. Leurs déplacements nocturnes passent souvent inaperçus jusqu’à ce qu’un résident surprenne un invité inattendu sur son plan de travail ou son sol. Pour les expatriés, cette découverte est souvent un choc, « Je ne pensais pas que ce serait un vrai problème à New York », confie Julien, Français installé à Brooklyn. « Je pensais que c’était exagéré… mais le premier cafard que j’ai vu m’a vite convaincu du contraire. »

 

“Tous les mois, l’entreprise revient… mais ils reviennent toujours”

Alex, gardien d’un immeuble à Hellskitchen depuis plus de dix ans, connaît ce problème mieux que quiconque. Pour lui, la lutte contre les cafards est devenue une routine. « Chaque mois, une entreprise spécialisée vient traiter les cuisines, les sous-sols et les parties communes. C’est obligatoire selon la loi new-yorkaise », explique Alex, en montrant le planning des visites affiché dans le hall. « Pourtant, malgré ces traitements, ils reviennent toujours. Les cafards se déplacent par les murs, les tuyaux, les fissures… C’est une bataille sans fin. » Pour lui, ce n’est pas une question de propreté individuelle, mais de structure du bâtiment, « Tu peux avoir un appartement impeccable, mais si le voisin a un problème, ça finit par arriver chez toi aussi. Il suffit d’un petit trou, d’une fissure ou d’un appartement difficile d’accès pour que la population se rétablisse rapidement. » Cette situation illustre le défi que représentent les immeubles collectifs dans la métropole, même des interventions régulières et professionnelles ne suffisent pas à garantir une eradication totale.

 

Quand l’invisible devient visible 

Dans un studio de Brooklyn, un jeune Français raconte sa première rencontre avec les cafards à New York. « C’était en pleine nuit, je cherchais un verre d’eau… et un cafard traversait le plan de travail. J’ai eu un vrai choc. Depuis, malgré la venue régulière de l’exterminateur, j’en aperçois encore de temps en temps », confie Julien, 28 ans, originaire de Paris. Vivre avec ces intrus est frustrant mais inévitable, ajoute-t-il,  « On s’habitue un peu, mais ça reste dérangeant. Quand tu le vois traverser ton appartement, tu as l’impression de ne jamais être vraiment chez toi. Et c’est assez humiliant quand tu reçois des amis… » D’autres Français racontent la même expérience. Même dans des appartements propres et bien entretenus, malgré les traitements réguliers, les cafards persistent. Pour beaucoup, cette cohabitation devient un apprentissage de la vie urbaine new-yorkaise, avec ses surprises et ses défis inattendus.

 

Une question de santé publique

Au-delà de la nuisance, la présence de cafards représente un vrai enjeu sanitaire. Leurs déjections, fragments corporels et peaux mortes peuvent provoquer des allergies et aggraver l’asthme, en particulier chez les enfants. Les quartiers où le parc immobilier est plus ancien ou moins bien entretenu sont particulièrement exposés, et les familles vivant dans ces logements sont donc les plus touchées. C’est pourquoi la municipalité de New York impose aux propriétaires de maintenir des appartements exempts de nuisibles et prévoit des inspections régulières via le service 311 en cas de plainte des locataires. Malgré ces mesures, même dans les immeubles respectant la loi, le problème peut persister. La ville ne peut jamais garantir une disparition totale des cafards, ils ont appris à survivre et s’adaptent mieux que quiconque à l’environnement urbain.

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Exemple de panneau que l’on trouve dans de nombreux immeubles ©️stockX

 

Encadré pratique : que faire si vous avez des cafards à New York

  • Signaler le problème : contactez votre propriétaire et, si nécessaire, utilisez le service 311 pour signaler une infestation.
  • Mesures d’hygiène : gardez les surfaces propres, fermez hermétiquement les aliments, éliminez les déchets rapidement et régulièrement.
  • Exterminateurs professionnels : les propriétaires sont légalement tenus d’organiser des traitements réguliers dans les immeubles collectifs.
  • Documentation : prenez des photos et conservez tous les échanges avec le propriétaire si le problème persiste. Cela peut être utile pour vos droits en cas de litige.
  • Prévention : vérifiez les fissures, scellez les trous autour des tuyaux et évitez de laisser traîner de la nourriture.
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