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Dette américaine : les États-Unis dépassent les 40.000 milliards de dollars

La dette des États-Unis vient de franchir un seuil historique. Malgré les promesses de Donald Trump de réduire les déficits, les dépenses militaires et les baisses d’impôts continuent de creuser les finances publiques américaines.

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Écrit par Manal Oumaline
Publié le 21 août 2026

 

Les États-Unis continuent d’emprunter à un rythme impressionnant. La dette nationale américaine a dépassé pour la première fois les 40.000 milliards de dollars (soit environ 34.400 milliards d’euros). Un niveau atteint beaucoup plus rapidement que prévu, alors que Washington doit déjà faire face à une facture d’intérêts de plus en plus lourde. Les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés pour acheter des obligations américaines à long terme, ce qui augmente encore le coût de financement de l’État.


 

Une dette qui s’envole

Le seuil des 40.000 milliards de dollars a été franchi ce mercredi 19 août, après une nouvelle émission de bons du Trésor. Selon les dernières données du ministère américain des Finances, la dette atteint désormais environ 40.047 milliards de dollars.

La progression est particulièrement rapide. Le seuil des 39.000 milliards de dollars n’avait été franchi qu’en mars 2026, tandis que celui des 38.000 milliards avait été atteint en octobre 2025. En seulement dix mois, le gouvernement américain a déjà emprunté 1.800 milliards de dollars, soit davantage que sur l’ensemble de l’exercice précédent. Un signe que l’endettement du pays continue de s’accélérer.

 

 


La dette américaine a ainsi plus que doublé depuis la crise financière de 2008. À présent, elle représente près de 125 % du PIB américain. Parmi les principales dépenses qui pèsent sur les finances publiques figurent la Sécurité sociale, Medicare, la défense et surtout les intérêts versés aux détenteurs de la dette américaine. Plus la dette augmente, plus ces intérêts deviennent importants. Et lorsque les taux d’emprunt montent, la facture s’alourdit encore davantage.


 

Trump peine à freiner la dette américaine

Lors de ses précédents mandats, le président américain avait assuré vouloir réduire les déficits et remettre de l’ordre dans les finances publiques. Pourtant, la trajectoire de la dette reste orientée à la hausse. Plusieurs décisions prises par son administration ont même contribué à creuser davantage le déficit. Les importantes baisses d’impôts adoptées en 2025 réduisent les recettes de l’État, tandis que les dépenses militaires, notamment celles liées au conflit avec l’Iran, représentent une charge supplémentaire.

 

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Le gouvernement américain doit également rembourser plus de 160 milliards de dollars à des entreprises qui avaient payé des droits de douane sur leurs importations. Une partie de ces taxes ayant été remise en cause, l'État doit restituer l'argent déjà collecté. Une rentrée d’argent attendue par l’administration s’est donc transformée en dépense supplémentaire. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, souhaite pourtant ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici 2028, contre plus de 6 % lorsque Donald Trump a commencé son second mandat.



 

Les marchés commencent à surveiller Washington

Cette accélération de la dette inquiète de plus en plus les investisseurs. Le rendement des obligations américaines à 30 ans a atteint cette semaine son niveau le plus élevé depuis 2007. Concrètement, cela signifie que les États-Unis doivent offrir une rémunération plus importante pour convaincre les investisseurs de leur prêter de l’argent sur le long terme.

Cette situation peut rapidement devenir un cercle vicieux : une dette plus importante entraîne davantage d’intérêts à payer, tandis que des taux plus élevés rendent ces intérêts encore plus coûteux. À terme, une part croissante du budget fédéral pourrait donc être consacrée au remboursement de la dette plutôt qu’au financement de nouveaux programmes ou de nouvelles infrastructures.

 

Wall Street

 

Pour tenter de calmer les tensions sur le marché obligataire, le Trésor américain a annoncé qu’il allait doubler certains de ses rachats d’obligations à long terme à partir de septembre. Cette mesure doit notamment améliorer la liquidité du marché et rassurer les investisseurs.

Mais elle ne règle pas le problème de fond. Les États-Unis continuent de dépenser davantage qu’ils ne perçoivent et aucun véritable accord politique ne semble se concrétiser à Washington pour inverser ce phénomène.

Pour les investisseurs, la dette américaine reste difficile à comparer à celle d’un autre pays. En clair, même si les États-Unis ont énormément de dettes, le dollar et les obligations américaines restent indispensables au système financier mondial.. C’est notamment ce qui permet encore aux États-Unis d’emprunter massivement sans provoquer immédiatement une crise. Mais avec une dette qui vient de dépasser les 40.000 milliards de dollars, la question devient de plus en plus difficile à éviter : jusqu’où les États-Unis peuvent-ils continuer à s’endetter ?


 

 


 

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