TEST: 2277

Giulia Larigaldie, quand une expat entre dans le monde de l’édition à petites foulées

Par Capucine Taconet | Publié le 24/02/2022 à 18:00 | Mis à jour le 25/02/2022 à 11:39
Photo : Christine Hehl Dalla Zuanna pose avec son roman Et la vie reprit à petites foulées
L'autrice Giulia Larigaldie

L’expatriation donne l’occasion d’entendre beaucoup d’histoires différentes. Une richesse d’expériences que Christine Hehl Dalla Zuanna a choisi de mettre en valeur par l’écriture. Après de nombreux mails et articles pour raconter des anecdotes sur sa vie d’expatriée, Christine a laissé ses personnages s’exprimer à sa place. C’est ainsi qu’elle a signé son premier roman Et la vie reprit à petites foulées aux éditions Jouvence, sous son nom de plume Giulia Larigaldie.

Christine Hehl Dalla Zuanna écrit depuis longtemps. « Une passion facile à emporter dans les valises » souligne-t-elle avec un sourire. Canada, Espagne, Abu-Dhabi, Angleterre, Singapour, Corée du Sud, Inde, Allemagne : il faut dire que Christine est une serial expat depuis vingt ans ! D’abord sous forme d’anecdotes humoristiques d’expatriation, et d’articles journalistiques, l’écriture a finalement pris la tournure de la fiction. Il y a deux ans, Christine a ainsi réalisé un rêve : signer un contrat d’édition pour son roman Et la vie reprit à petites foulées. Elle nous raconte cette aventure éditoriale mouvementée qui colore son expatriation d’une teinte nouvelle.

 

Portrait de Christine Hehl Dalla Zuanna

 

Depuis quand vivez-vous en Allemagne ?

Je suis mariée à un Allemand mais nous n’avions jamais habité en Allemagne avant de s’installer à Erlangen en 2018. Nos deux filles sont nées à Barcelone.

 

Je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de choses à raconter à propos d’anecdotes, de choses qui m’agaçaient, et de remarques sur nos pays d’expatriation. J’envoyais régulièrement des emails à des proches pour raconter nos aventures de manière humoristique

Quand avez-vous commencé à écrire ?

J'ai toujours aimé lire et écrire. Mes différentes expériences d’expatriation m’ont permis de prendre du recul sur la France. Je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de choses à raconter à propos d’anecdotes, de choses qui m’agaçaient, et de remarques sur nos pays d’expatriation. J’envoyais régulièrement des emails à nos proches pour raconter nos aventures de manière humoristique. Certains de mes amis m’encourageaient à écrire un livre, mais je n’y prêtais pas attention.

 

Lorsque nous sommes arrivés en Angleterre en 2008 et que nos filles ont commencé à aller à l’école primaire, j’ai eu plus de temps. L’idée d’écrire un livre a commencé à me trotter dans la tête. Pour m’aider à me lancer, mon mari m’a offert un cours à l’Open University « Start writing fiction ». Une très bonne opportunité qui m’a appris à structurer un plan et a fait germer des trames de roman dans mon esprit.

 

Quelques temps plus tard, nous sommes rentrés en France à Nancy. Le retour d’expatriation n’est jamais évident, et pendant deux ans je suis restée dans ma bulle pour me consacrer entièrement à l’écriture. J’ai fini mon roman à ce moment-là.

 

Je me suis inscrite à un concours sur les conseils d'une amie, et je l’ai assez vite oublié. Jusqu'à ce que je reçoive un appel pour me dire que je suis retenue parmi les 5 finalistes !

Comment avez-vous fait pour publier votre livre ?

Lorsque j’ai fini d’écrire mon livre à la fin de l’année 2011, j’ai envoyé le manuscrit à de nombreuses maisons d’édition. Je n’ai reçu que des réponses négatives, souvent très impersonnelles. J’ai laissé tombé. J’ai fini par publier mon livre sur Amazon Kindle en ebook.

 

En 2018, lors de notre arrivée en Allemagne, une amie m’a parlé de Librinova. Il s’agit d’une plateforme pour les auteurs auto-édités, créé par deux femmes qui travaillaient dans l’édition. Librinova organisait une compétition, « Le prix des étoiles ». Je me suis inscrite, sur les conseils de mon amie, et je l’ai assez vite oubliée. Jusqu’au mois de janvier 2021, au cours duquel je reçois un appel de Librinova pour me dire que je suis retenue parmi les 5 finalistes ! J’apprends aussi qu’une grande maison parisienne qui avait refusé mon livre dix ans auparavant, est très intéressée. Trois mois plus tard, je signais finalement mon contrat chez Jouvence pour une sortie de mon roman en août 2021.

 

Je pense qu’entre temps, le marché littéraire a beaucoup évolué en France. Il y a dix ans, lorsque j’ai sorti mon roman, tout ce qui est « feel good » n’existait pas. Aujourd’hui, il y a un réel intérêt et engouement pour cette littérature, et les maisons d'édition en sont très friandes.

 

Giulia Larigaldie revient aux sources de son roman : à Annecy
Giulia Larigaldie revient aux sources de son roman : à Annecy !

 

De quoi parle votre roman Et la vie reprit à petites foulées?

Il s'agit de trois femmes qui arrivent à Annecy, et décident, chacune pour des raisons différentes, de s’inscrire dans un club de course : Laura, Pascale et Pauline. L’entraîneur les met en équipe alors qu’elles ne se connaissent pas et n’ont pas grand chose en commun. Elles doivent arriver à courir une heure sans s’arrêter. Au départ, elles ont du mal à faire équipe, à cause des préjugés. Puis, au fil de leurs foulées autour du lac d'Annecy, elles dépassent les apparences et elles apprennent à devenir amies. Laura, Pascale et Pauline, sont à un moment clé de leur vie où tout est sur le point de basculer. Ensemble, elles vont pouvoir se soutenir les unes les autres et avancer dans leur vie.

 

Par l’écriture, nous allons à la rencontre des autres, nous tissons un lien

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire sous la forme d’un roman ?

J’aime utiliser mes personnages pour réfléchir et me questionner lorsque je m'interroge sur des sujets. Ils sont aussi un bon moyen pour communiquer. Écrire, c'est avant tout cela. Par l’écriture, nous allons à la rencontre des autres, nous tissons un lien.

 

Je suis d’ailleurs très touchée par les retours de mes lecteurs et lectrices, qui me racontent parfois qu’ils traversent la même situation qu’un de mes personnages et que leur réaction les aide à avancer.

 

Je suis très contente car mon livre voyage partout dans le monde. Nous avons été nomades pendant une vingtaine d’années donc nous avons des amis qui lisent le roman dans des dizaines de pays différents

Est-ce grâce à l’expatriation que vous avez pu l’écrire ?

Étant donné que j’étais le conjoint suiveur et que mes filles étaient en bas âge à ce moment-là, j’ai en effet pu me consacrer plus facilement à l’écriture. Cela m’a permis d’avoir une activité personnelle pendant l’expatriation.

 

Je suis très contente car mon livre voyage partout dans le monde. Nous avons été nomades pendant une vingtaine d’années donc nous avons des amis qui lisent le roman dans des dizaines de pays différents. Faire la promotion depuis l’étranger n’est pas évident, mais j’essaie de rencontrer mes lectrices en visioconférence. Étant moi-même une lectrice assidue, je trouve qu’avoir l’occasion de discuter avec les auteurs que l’on a lus est toujours très riche.

 

 

Cette publication vous donne-t-elle envie d’écrire et de publier un nouveau livre ?

Je continue à écrire et je travaille sur un prochain roman que j’espère pouvoir publier. Ce serait une nouvelle aventure extraordinaire. Je ne viens pas du milieu littéraire, donc c'est toujours assez irréel de se dire que l’on a écrit un livre, et qu’il a été publié. Je prépare également la sortie de mon roman en version poche pour début 2023.

 

Je fais toujours des recherches sur tous les lieux que j’évoque dans mes écrits et cela demande beaucoup de temps et de précision

Pensez-vous vous inspirer d’un de vos pays d’expatriation pour un prochain roman ?

Je fais toujours des recherches sur tous les lieux que j’évoque dans mes écrits et cela demande beaucoup de temps et de précision. J’évite pour l’instant de situer mes intrigues à l’étranger. J’ai toujours peur qu’un lecteur m’écrive pour rectifier une information erronée. À tel point que pour l’une des scènes de mon roman qui se déroule à l’hôpital d’Annecy, j’ai téléphoné aux soignants pour savoir s’il y avait bien des chambres avec vue sur le lac (rires) !

 

En revanche, situer une intrigue à l’étranger est intéressant pour montrer le décalage de perception que l’on peut avoir d’un lieu lorsque l’on est expatrié, en comparaison avec les locaux.

 

Marque-pages et livres dédicacés par Giulia Larigaldie

 

Avis à tous les lecteurs et membres de groupes de lectures : Christine est ravie de rencontrer ses lecteurs et lectrices lors de club de lecture ou de rencontres littéraires en présentiel (en Bavière) ou en visioconférence partout dans le monde. N’hésitez pas à la contacter et lui écrire pour discuter avec elle de son roman Et la vie reprit à petites foulées!

Capucine Taconet

Capucine Taconet

Étudiante nantaise expatriée à Paris pour ses études de journalisme. Elle a connu lepetitjournal.com lors d’un échange universitaire à Bogota et rejoint la rédaction internationale en septembre 2021.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Munich !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale