Du 15 au 23 mai 2026, les Bretons du Québec déploient une programmation ambitieuse pour célébrer la culture bretonne à travers plusieurs villes du Québec. Concerts, ateliers de danse, interventions scolaires et fest-noz rythmeront cette édition marquée par la venue du groupe breton Skolpad et par une volonté affirmée de créer des ponts culturels entre Bretagne et Québec.


Une fête qui dépasse désormais Montréal
Depuis plusieurs années, la Fête de la Bretagne rassemble la communauté bretonne installée au Québec autour de rendez-vous culturels et festifs. Mais cette édition 2026 marque un changement d’échelle. Pour la première fois, les activités ne se limiteront pas à Montréal : Québec et Frelighsburg s’ajoutent désormais à la programmation.
Derrière cette montée en puissance se trouve l’association Les Bretons du Québec, portée notamment par sa présidente Morgane Filleau. L’objectif est clair : faire rayonner une culture encore très vivante bien au-delà du cercle des expatriés bretons.
Cette année, la fête prend presque des allures de mini-festival. Au fil de la semaine, le public pourra assister à des concerts, participer à des ateliers de danse traditionnelle, découvrir la culture bretonne dans les écoles et prendre part à plusieurs moments de rassemblement.
Le groupe Skolpad au cœur de la programmation
Point central de cette édition : la venue du groupe Skolpad, formation de cinq musiciens bretons en tournée au Québec du 14 au 24 mai 2026.
Le groupe participera notamment au grand fest-noz organisé le 16 mai à la Maison France Montréal. Héritée de la tradition bretonne, cette fête populaire mêle musique live, danse collective et convivialité autour de spécialités comme les crêpes.
La programmation s’ouvrira le 15 mai avec un concert à Frelighsburg avant de se poursuivre à Montréal puis à Québec. Des interventions sont également prévues dans les écoles Stanislas de Montréal et de Québec afin de sensibiliser les plus jeunes à cette culture régionale française souvent méconnue au Canada.
Le 20 mai, l’Alliance Française de Montréal accueillera aussi un apéro culturel autour de la Bretagne, tandis qu’un atelier de danse bretonne sera organisé avec Balfolk Montréal.
Une culture qui trouve naturellement sa place au Québec
Pour Morgane Filleau, la Bretagne et le Québec partagent des sensibilités culturelles communes qui facilitent les échanges avec le public québécois. « Il y a beaucoup de liens entre la musique québécoise et la musique bretonne », explique-t-elle.
Les traditions musicales des deux territoires reposent en effet sur des logiques similaires : la danse collective, les rassemblements populaires, les chants transmis oralement et le rapport à la fête. Les chants marins constituent d’ailleurs un exemple frappant de cette proximité culturelle entre les deux rives de l’Atlantique.
Cette parenté culturelle permet aux événements comme les fest-noz de toucher un public bien plus large que la seule diaspora bretonne. L’association attire aujourd’hui autant des Bretons expatriés que des Québécois curieux ou des amateurs de musique traditionnelle.
Une identité qui se transforme avec l’exil
Au-delà de la fête, cette programmation raconte aussi quelque chose de plus profond sur le rapport à l’identité culturelle lorsqu’on vit à l’étranger.
Installée hors de Bretagne depuis une quinzaine d’années, Morgane Filleau explique que l’éloignement a paradoxalement renforcé son attachement à sa culture d’origine. « C’est justement en me déracinant que j’ai plus appris à aimer et à m’intéresser à ma culture », affirme-t-elle.
Pour elle, il ne s’agit pas de choisir entre plusieurs appartenances, mais plutôt de les additionner. Une manière de voir l’identité comme quelque chose qui s’enrichit au contact des autres cultures plutôt que comme une fidélité figée au passé.
Une Bretagne qui voyage sans se perdre
À travers cette édition élargie de la Fête de la Bretagne, les Bretons du Québec montrent qu’une culture régionale peut continuer à vivre, évoluer et se transmettre à plusieurs milliers de kilomètres de son territoire d’origine.
Et au fond, c’est peut-être là que réside la réussite de cette initiative : transformer la nostalgie d’un territoire quitté en espace de rencontre, de transmission et de création culturelle partagée avec le Québec.
Les détails de la programmation se retrouvent sur la Page Facebook des Bretons du Québec


















