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ÉTUDIER AU QUÉBEC - Que prévoit le nouvel accord ?

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 22/02/2015 à 23:50 | Mis à jour le 23/02/2015 à 08:23

La dernière rencontre France / Québec en matière d'éducation a conclu un changement assez drastique. Désormais, les étudiants français devront payer 300% plus cher pour étudier au Québec. 

Lepetitjournal.com a sélectionné une série de questions pour vous aider à vous familiariser avec ce changement. 

De quel privilège bénéficiaient les étudiants français jusqu'à aujourd'hui au Québec ? 

En 1978, un accord avait été conclu entre le Ministre de l'Education du Québec et le Consul Général de France à Québec, permettant aux étudiants français de bénéficier de tarifs avantageux pour leurs études. Cet accord convenait que les Français paieraient désormais le même tarif que les Québécois, soit environ 2 200$. Cet accord est en vigueur depuis 1978 et a permis à de nombreux Français à s'expatrier au Québec. 

Que prévoit le nouvel accord ? 

En novembre 2014, le président François Hollande et le Premier ministre du Québec Philippe Couillard, ont entamé une discussion visant à revoir les termes de l'accord de 1978. Couillard avait alors promis de maintenir un "traitement spécifique" pour les étudiants français, tout en augmentant leur droit de scolarité. 

Le 12 février 2015, la Ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, et le ministre des Affaires Etrangères de France, Laurent Fabius, se sont rencontrés pour conclure les modalités de la nouvelle entente.  

Selon le dernier communiqué apparu sur le site du Consulat de France à Montréal, l'arrangement prévoit ainsi d'augmenter les frais de scolarité des étudiants français à environ 6 200$ par an, soit le triple de ce qu'ils paient depuis de nombreuses années. Le nouveau montant imposé aux Français est le même que celui payé par les étudiants venant du reste du Canada. Les étudiants étrangers déboursent quant à eux, entre 15 000$ et 20 000$ par an. 

Ce changement concerne t-il tous les étudiants français au Québec? 

Non. Cette nouvelle règle ne s'applique qu'aux étudiants français en premier cycle. Les étudiants français en deuxième et troisième cycle continueront de bénéficier du même tarif que les étudiants Québécois. 

De plus, les étudiants français qui effectuent en ce moment leurs études au Québec ne seront pas assujettis à ce changement. Seuls les Français inscrits à partir de la rentrée de septembre 2015 seront soumis à cette nouvelle loi. 

Qu'en est-il des étudiants québécois en France? 

La France s'engage à renforcer les liens avec la Belle Province, notamment sur le plan des études supérieures. Elle promet une ouverture et une accessibilité plus importante pour les étudiants québécois. Elle s'engage aussi à maintenir l'avantage de faire bénéficier les Québécois des mêmes droits de scolarité que les Français. 

Les précédentes discussions prévoyaient d'établir un quota pour l'admission des étudiants français. Est-ce prévu ?

Non. Selon le dernier communiqué, il n'y aura pas de quota imposé pour les admissions des étudiants français dans les universités. 

Quelles sont les raisons de la hausse de scolarité? 

Environ 12 500 étudiants français effectuent aujourd'hui leurs études supérieures au Québec. Les Français représentent la majorité des étudiants étrangers dans les universités québécoises (37,1% en 2012 selon Radio Canada). A McGill par exemple, les Français représentent un tiers des étudiants. 

La principale raison de la reconsidération de l'accord de 1978 est la perte financière considérable subie par le Québec. Ce privilège coûte à l'Etat 250 millions de dollars par année. Cette perte est notamment due au départ de la majorité des étudiants français dès l'obtention de leur diplôme universitaire. 

Quelles sont les conséquences d'un tel changement pour le Québec? 

Il est fort probable que le nombre d'étudiants français venant étudier au Québec chute considérablement. En effet, depuis 2006, la province a connu une augmentation de 90% du nombre d'étudiants français. L'attrait principal étant bien évidemment les frais de scolarité peu élevés. La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) est d'ailleurs inquiète que cette initiative ne dissuade les Français à étudier au Québec. 

Les dirigeants de l'Université du Québec (UQ) dans l'Outaouais et le Bas Saint Laurent, ainsi que l'Education pour la Coalition Avenir Québec, ont exprimés leur inquiétude grandissante quant aux répercussions de cette nouvelle hausse. Selon eux, les plus touchés seront les établissements se trouvant dans les autres villes, moins connues, du Québec. Ces institutions vivent en effet, principalement des étudiants français et certains de leurs programmes ne pourraient survivre sans leur présence.

En réponse à ce nouvel ajustement, une pétition contre la hausse des frais de scolarité circule sur la toile, ayant réuni jusqu'à aujourd'hui près de 4.500 signatures. 

Nazia Fid, (Lepetitjournal.com/Montréal) Lundi 23 février 2015

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