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Alaric Bourgoin : "Créer la Maison France de Montréal"

Par Damien Bouhours | Publié le 22/05/2021 à 00:00 | Mis à jour le 22/05/2021 à 00:00
Alaric Bourgoin tête de liste de ASFE - Alliance solidaire des Français de l’étranger

Alaric Bourgoin est tête de liste de « ASFE - Alliance solidaire des Français de l’étranger- liste indépendante pour la création d’une maison France de Montréal » pour les élections consulaires 2021 pour la 4e circonscription du Canada (Montréal, Moncton et Halifax). Il revient avec nous sur son programme. 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

Je m’appelle Alaric Bourgoin, j’ai 36 ans, et je suis prof à HEC Montréal. Après avoir quitté ma Bretagne natale, j’ai vécu à Paris, Toronto, Boston, avant de poser mes bagages à Montréal il y a 7 ans avec ma compagne originaire du Saguenay. Je suis également membre de l’équipe dirigeante d’une œuvre de charité qui aide les Français à immigrer et s’installer au Québec.

Comment avez-vous constitué votre liste ?

J’ai tout d’abord réuni une dizaine d’expatriés français, issus du tissus associatif québécois dans lequel je suis très actif. Il s’agit d’hommes et de femmes avec des parcours d’immigration différents, tous enthousiastes à l’idée de porter un projet concret, au service des Français au Québec et des provinces de l’est, plutôt que de faire de la politique franco-française. Rapidement, l’idée de construire la Maison France de Montréal est devenu notre projet phare et c’est ce projet qui a fait adhérer le reste de la liste. Notre projet est bénévole et il me fallait des colistiers qui n’ont pas attendu les élections pour se commettre ! J’ai une équipe au top !

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de Montréal ?

La complexité administrative ! C’est ce qu’a révélé le sondage que notre liste a réalisé en janvier dernier auprès de 1200 répondants, tous expatriés français au Québec. C’est également ce que soulignent de nombreuses publications dans la presse de manière régulière : le plus grand défi des Français de Montréal et des provinces de l’est reste la complexité administrative liée au processus d’obtention des documents d’immigration. Ce qui entraine de facto une certaine précarité en matière de statut, ce qui est regrettable et inquiétant. Viennent ensuite les enjeux de logement, de santé et d’emploi.

Sur le terrain, ce que je constate, c’est que contrairement à ce que les Français pensent depuis la France, l’immigration au Canada n’est pas toujours simple. Beaucoup de Français qui arrivent se prennent une claque, et pas à cause du climat. Certains croient qu’ils arrivent dans une petite France et se rendent compte après quelques mois qu’ils ont changé de modèle ! Les difficultés sont liées à la complexité de la transition entre les systèmes sur tous les plans de la vie, mais aussi à un certain isolement social, culturel et moral.

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ? 

Selon moi, le conseiller des Français de l’Étranger est avant tout un porte-parole de terrain. En cela, son rôle est semblable à celui d’un conseiller municipal. Sa mission est de défendre les intérêts de la communauté française auprès des instances françaises et canadiennes et de résoudre leurs problèmes concrets. Dans l’absolu, les pouvoirs du conseiller restent limités, et il s’agit essentiellement d’une fonction d’influence. Cela dit, avec une équipe et un projet solides, la légitimité démocratique du conseiller des Français de l’étranger peut avoir énormément d’impact. C’est ainsi que je conçois ma candidature.     

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?

1 VISION : LA MAISON FRANCE DE MONTRÉAL :

S’inspirant des modèles de la Maison France de Rio ou du Centre Charles Péguy de Londres, notre projet est de créer - en collaboration avec les acteurs associatifs français de Montréal et avec le soutien de partenaires québécois publics et privés - la Maison France de Montréal.

Ce lieu, hautement symbolique et ancré sur le territoire canadien, centralisera de nombreux services à destination des expatriés Français et aura pour vocation de faciliter l’expérience d’intégration des Français au Québec. Notre équipe réfléchit actuellement au développement des services suivants:

- Guichet d’accueil facilitant les démarches d’immigration et centralisant l’information,

- Centre de santé,

- Maison de la culture,

- Services d'accompagnement vers le 1er emploi au Québec

 

5 PROPOSITIONS POUR DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

STATUT ET VISA

Effectuer un suivi des dossiers en collaboration avec les instances françaises et exercer un lobbying actif auprès des instances québécoises.

Auprès des instances françaises : contribuer à l’efficacité et à la transparence des services, défendre les droits fondamentaux (motif impérieux), défendre le maintien des représentations consulaires sur le territoire.

Auprès des instances québécoises : œuvrer pour une réduction des délais de traitement des visas et des permis de travail.

INTEGRATION

Accompagner la transition entre la France et le Canada pour les 1ères étapes de l'intégration des Français(e)s au Québec : pallier l'absence d'historique de crédits bancaires pour l'accession au 1er logement, accompagner à l'intégration au 1er emploi, mettre en place un partenariat avec une société d'assurance pour réduire le délai de carence de la RAMQ.

ÉDUCATION

Faciliter l’inscription dans les écoles françaises et contribuer à rétablir l’égalité des frais de scolarité universitaire entre la France et le Québec.

Le rayonnement de l’éducation française fait que les élèves français ne peuvent parfois plus accéder à une place dans les établissements reconnus par l’AEFE. L’ASFE soutient la création de classes, voire d’écoles françaises supplémentaires, au Québec.

Par ailleurs, nous nous positionnons pour une réciprocité des frais de scolarité universitaire pour les étudiants français qui viennent étudier au Québec.

SANTÉ

Maintenir la couverture maladie en France et le bénéfice de la carte vitale pour les retraités français vivant au Québec.

Sauf à justifier de 15 années d’affiliation, ou à résider dans l’Union Européenne, les retraités français résidant au Québec ne peuvent plus prétendre à la couverture maladie en France.

Compte tenu de l’importance des soins médicaux pour ces citoyens Français, l’ASFE plaide pour l’assouplissement de cette mesure.

FISCALITÉ

Exonérer de CSG-CRDS les Français résidant au Canada qui perçoivent des revenus d’origine française.

Les cotisations sociales sont liées par la loi à des services perçus sur le sol français.

Or, les Français(es) du Canada sont soumis à ces cotisations pour leurs revenus d’origine française. Ceci est incohérent puisqu’ils ne bénéficient pas des services liés à ces cotisations.

Les résidents français des pays européens en sont déjà exonérés. Sur la base du principe d’égalité devant l’impôt, l’ASFE travaille pour que le régime fiscal des non-résidents d’un pays tiers soit réajusté.

 

ASFE - Alliance solidaire des Français de l’étranger- liste indépendante pour la création d’une maison France de Montréal, emmenée par Alaric Bourgoin

Alaric Bourgoin

Delphine Le Serre

Romain Mallet

Christine Delmotte

Samuel Maugard

Estelle Delattre

Maniel Ristiguian

Ninon De la Rivière

Nicolas Bel

Charlotte Voute

Matthieu Borgraeve

Emilie Cholin

Paul Clavere

Mathilde Panon des Bassyns de Richemont

Gautier Vilette

Eugénie Passet

 

Pour en savoir plus sur les élections consulaires et les autres listes : Elections consulaires : modalités de vote et candidats à Montréal

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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