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LOI 44 "ANTI TABAC" - Plus de vapotage ni de tabac sur les terrasses au Québec

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 05/05/2015 à 22:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

 

Fumeur en tout genre, passez votre chemin. Le projet de loi 44 présenté mardi par la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, prévoit une série de mesures pour restreindre un peu plus l'usage du tabac et étend sa portée à la cigarette électronique.

 

Voila qui est engagé. Le projet de loi 44, restreignant l'usage du tabac dans toutes ses formes sera étudié dans les prochaines semaines et fera l'objet de consultations auprès des groupes antitabac et des fabricants.

Dans le cas d’une adoption, la cigarette électronique sera soumise aux mêmes restrictions que celles imposées aux produits du tabac, c'est-à-dire qu'il sera interdit de vapoter dans les établissements et les endroits publics de même que sur les terrasses des restaurants et des bars.

 

Les nouveautés de la loi 44 et ses incohérences

 

Vieille de 10 ans, la loi sur le tabac avait bien besoin d’un coup de neuf selon la ministre qui insiste sur le caractère impératif de sa refonte. Rebaptisé « Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme », elle prévoit un lot de nouveauté et introduit en son corps le produit stimulant à l’arrêt du tabac, la vapote. Une première.

Quelques nouveautés imprègnent donc le nouveau texte mais qui ne manque pas de piquer notre curiosité. Outre le fait de fixer à un rayon de neuf mètres l'interdiction de fumer ou de vapoter aux abords d'établissements publics (exempté les commerces qui donnent sur la rue), la loi interdit de fumer dans les véhicules automobiles lorsque des jeunes de moins de 16 ans s'y trouvent et proscrit également la vente de produits comportant une saveur ou un arôme autre que celui du tabac. Les cigarettes «menthol», cigarillos et autres créations poussant à la consommation sont prohibés.

En revanche, les produits aromatiques ajoutés à la cigarette électronique échapperaient à l'interdiction, car ils sont utilisés par des fumeurs souhaitant en finir avec leur dépendance à la nicotine, a souligné Mme Charlebois.

 

Les consommateurs vont donc pouvoir continuer à fumer aux abords des terrasses (commerces qui donnent sur la rue). Logique ? Pas vraiment. La fumée poursuivra toujours sont chemin directement dans les narines des consommateurs de la terrasse. L’envie de prohiber la consommation sur les terrasses s’avère alors inutiles.  Une incohérence qui aurait du frapper les esprits des politiques en actions.

 

Vapoter ou fumer, même combat

 

Et la vapote alors ? Et bien le ministère la range dans la même catégorie. La nicotine contenue dans cette dernière est relevée comme aussi dangereuse pour l'entourage et pour la santé.

Admettant que les études scientifiques ne permettaient pas de conclure au danger de la cigarette électronique, la ministre Charlebois invoque le principe de «précaution».

Le Québec entérine dés lors les conclusions d’une étude publiée par l'institut norvégien de la santé publique le 14 avril dernier. Ce rapport, qui ne concernait que les cigarettes électroniques à base de nicotine affirme que « Les niveaux de nicotine ambiants en cas d'exposition passive à l'aérosol de cigarettes électroniques peuvent déboucher sur des niveaux de nicotine dans le sang à peu près aussi élevés que chez un fumeur passif de cigarettes classiques », selon l'organisme norvégien.

 

Le vapotage passif existe donc selon l’institut qui affirme qu’il peut affecter le système cardiovasculaire, avoir des effets stimulants et créer une dépendance chez les individus.

Cependant, il n’est point la peine de s’emballer sur la question. La dernière étude de l’OMS en date de 2013 préconisait d’attendre de plus ample recherche avant de se prononcer sur l’aspect réellement nocif de ce nouveau produit.

En effet, pour l'OMS, rien ne portait à croire que les cigarettes électroniques n’était pas  nocives, même si "les risques potentiels sur la santé des utilisateurs demeuraient (et demeure toujours) indéterminés". La note de l'OMS mettait en avant trois points :

- Le taux de nicotine : "Les fabricants affirment que les cartouches contiennent généralement entre 6 et 24 mg de nicotine, mais elles peuvent parfois en contenir plus de 100 mg."

- La forte concentration de propylène glycol : Produit "connu pour être irritant lorsqu'il est inhalé".

- Les produits chimiques : "Les produits chimiques utilisés dans les cigarettes électroniques n'ont pas été totalement communiqués et il n'y a pas de données sur leur émission."

 

Et demain ?

 

Bénéficiant d’un flou scientifique et médical, la vapote a donc encore de beaux jours devant elle.

Néanmoins, les restrictions faites aux usagers et les prix toujours à la hausse décourageant une partie des consommateurs n’en finissent pas de rendre la vie dur au restaurateur et débit de boisson malgré la justesse du combat. Le gouvernement aura certainement un jour la main légère sur la délivrance de permis de terrasse à Montréal afin de soulager leurs peines et de satisfaire habitants et touristes.

 

Sébastien Vergne (www.lepetitjournal.com/montreal) mardi 5 mai 2015

 

 

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