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Les Québécois sont-ils si accueillants que cela ? 

Par Adrien Filoche | Publié le 25/06/2018 à 15:22 | Mis à jour le 25/06/2018 à 15:22
immigration, Canada, Québec

48 % des Québécois interrogés par le dernier baromètre CIRANO perçoivent l’immigration comme un « grand ou très grand risque ». 

 

La situation actuelle de plein emploi au Québec, avec un niveau de chômage au plus bas (4,9 % fin 2017) soulève indéniablement la question de pénurie de main d’œuvre. À ce chapitre, il semble que l’immigration fasse partie de la solution. La confiance dans le gouvernement pour gérer cet enjeu n’a pas baissé depuis 2016 au Québec. Cependant, pour de nombreux résidents, l’arrivée importante de nouveaux immigrants soulèvent des interrogations, voire des peurs. C’est le constat du dernier Baromètre CIRANO. Pour 48 % des Québécois sondés, l’immigration apparaît comme un « grand ou très grand risque ». Paradoxalement, 59 % se montrent favorables à l’intégration des nouveaux arrivants, tandis que 68 % y voient des bénéfices la région. 

 

Les francophones et les femmes, les plus inquiets

Les perceptions des risques divergent selon les caractéristiques socio-démographiques. Ainsi, les femmes sont plus nombreuses (53 %) que les hommes (43%) à penser que l’immigration représente un « grand ou très grand risque ». Autre donnée intéressante, les francophones sont ceux qui voient le plus le danger, 50 %, contre 36 % des anglophones et 31 % des allophones (Québécois dont la langue maternelle n’est ni l’anglais, ni le français).

D’autres critères, à l’instar de l’âge, du niveau de scolarité ou encore du secteur professionnel influencent grandement les perceptions. Plus le niveau de scolarité augmente, plus l’idée de « danger » diminue. D’un autre côté, les travailleurs des sciences (39 %) et les professionnels (33 %) sont les moins nombreux à assimiler « immigration » à « risque », alors que les employés (59 %), les ouvriers (60 %), les gestionnaires et propriétaires d’entreprises (53 %) et les gens qui ne travaillent pas (49 %) comptent parmi les plus inquiets. ‘’On peut supposer que certaines différences reposent peut-être sur les craintes des répondants de perdre leur emploi’’, précise le rapport

 

Plus de 50.000 immigrants attendus pour 2018 

Parmi les principaux objectifs du Plan Québec 2018, on retrouve celui de stabiliser les niveaux d’immigration à 51.000 personnes admises pour les deux premières années, avec une hausse au cours de la troisième année, pour atteindre 52.500 en 2019. Malgré la légère augmentation prévue, la dynamique est la même que les années précédentes [le Plan Québec 2017 prévoyait l’arrivée de 49.000 et 53.000 immigrants]. 

Autre élément important, la part de l’immigration économique, en légère hausse elle aussi, doit représenter 63 % de l’ensemble du contingent de nouveaux arrivants, soit environ 30.000 personnes. Dans le volet des personnes réfugiées, ‘’le nombre d’admissions devrait se situer en haut de la fourchette planifiée (de 8 100 à 8 800), voire la dépasser, et pourrait atteindre jusqu’à 9 500 personnes’’, détaille le plan 2018. Pour rappel, en 2017, le Canada a accueilli environ 50.000 réfugiés, tandis que la France n’a accordé en 2016 que 20.000 statuts de réfugiés et de protection humanitaire… 

 

Source : Baromètre CIRANO 2018 « Perception des risques au Québec », étude auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatives de la population québécoise. 


 

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
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