Édition internationale

Des Côtes-d’Armor à la Floride, Tangi Colombel raconte son destin de French crooner

Parti aux États-Unis pour de simples vacances, Tangi Colombel y a trouvé une nouvelle carrière et une source inépuisable d’inspiration. Dans Les tribulations d’un French Crooner, le comédien et auteur français mêle fiction et expérience personnelle, sur fond de Floride, de musique country et de mystère.

tangi colombel, un français expatrié en Floride et auteur de Les tribulations d’un French Croonertangi colombel, un français expatrié en Floride et auteur de Les tribulations d’un French Crooner
(crédit du portrait : Christelle Anthoine et de la couverture : Nicolas Gauvry)
Écrit par Damien Bouhours
Publié le 21 octobre 2026

Comment êtes-vous arrivé aux Etats-Unis ?

Comme souvent chez les expatriés, un peu par hasard. Ma carrière d’acteur patinait à Paris. J’avais besoin de vacances et je suis parti les passer chez un ami en Floride. J’en ai profité pour prendre des cours de théâtre en anglais, juste pour m’amuser. Et là, la magie a opéré. Je me suis senti très vite comme chez moi, au point de décider de rester. Par un curieux concours de circonstances, on m’a proposé une audition pour un spectacle musical consacré à Jacques Brel, à Palm Beach. J’ai foncé tête baissée et obtenu le rôle. Le spectacle, intitulé Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris, a fait salle comble pendant trois mois et remporté plusieurs prix. Progressivement, je suis devenu le chanteur de charme attitré du sud de la Floride. Puis un agent m’a repéré et les rôles se sont enchaînés : séries télévisées, publicités, films… Ma carrière américaine était lancée.

 

tangi colombel, un acteur français en Floride
(Crédit : Palm Beach Dramaworks)

 

En quoi votre expatriation vous inspire dans votre écriture ? 

Je ne sais pas si c’est le cas de tous les artistes, mais, en ce qui me concerne, mon esprit créatif est toujours en ébullition. Le changement de culture et de pays n’a fait qu’amplifier le phénomène. J’ai des carnets entiers remplis de réflexions, de notes, de mots savants et de jeux de mots qui me viennent au gré de mes expériences et de mes rencontres. Et Dieu sait que j’ai vadrouillé pendant ces vingt-quatre années ! Je serais probablement tout aussi inspiré en France, mais ici, aux États-Unis, chaque coin de rue semble réserver une surprise, chaque rencontre peut donner naissance à une histoire et chaque décalage culturel devient une source potentielle d’inspiration. De quoi nourrir l’imagination d’un auteur pendant plusieurs vies !

 

La fiction offre une liberté incomparable pour imaginer une histoire aussi rocambolesque

 

Est-ce que comme vos deux autres ouvrages, il y a une part biographique dans cette histoire de French Crooner ? 

Mes deux premiers livres, La Saint Tous Là et L’Armo Ricain, sont des autobiographies romancées, mais ils évoquent assez peu mon parcours américain. En revanche, Les tribulations d’un French Crooner est une véritable fiction qui se déroule en Floride. Je le qualifierais néanmoins de roman d’inspiration autobiographique.

Pour faire simple, l’histoire est la suivante : dans une petite ville de Floride, un crooner français, gigolo à ses heures perdues, devient le principal suspect après la mort mystérieuse d’une riche veuve, avant de trouver, auprès d’une bande de musiciens country, une improbable chance de se réinventer. On aura bien compris que je me suis largement inspiré de ma propre expérience pour écrire ce livre. Mais la fiction offre une liberté incomparable pour imaginer une histoire aussi rocambolesque. Où se situe la frontière entre la réalité et le délire de l’artiste ? Je laisse à chacun le soin de se faire sa propre idée. Le jeu risque d’être difficile, car même les gens qui me connaissent ne savent pas tout de mon parcours !

 

Tangi Colombel sur le tournage d'une pub pour Sprite
Tangi Colombel sur le tournage d'une pub pour Sprite (crédit Tangi Colombel)

 

Être écrivain français à l'étranger, est-ce une manière de défendre la francophonie ? 

Bien sûr ! Je n’ai pas attendu de devenir auteur pour la défendre. J’ai longtemps enseigné le français au sein des Alliances Françaises de Miami, de Fort Lauderdale et de West Palm Beach. Je prenais un malin plaisir à proposer des cours que certains auraient qualifiés de rock’n’roll, histoire de dépoussiérer un peu l’exercice. J’en garde un excellent souvenir et j’ai conservé des liens forts avec de nombreux anciens élèves. J’ai également participé à des aventures théâtrales en français, notamment avec la pièce Le Peignoir aux alouettes, d’Anna Alexis Michel, que nous avons interprétée au Fillmore Theater de Miami en 2017.

Et pour en revenir aux livres, j’ai défendu mes ouvrages lors des salons organisés par Rencontres des Auteurs Francophones à New York, Washington et Miami. J’y ai toujours retrouvé le même enthousiasme et le même plaisir à échanger avec des lecteurs gourmands de culture francophone. Au fond, que ce soit sur scène, dans une salle de classe ou à travers mes livres, j’ai toujours cherché à faire vivre la langue française de l’autre côté de l’Atlantique.

 

Mon expatriation en Floride, plutôt qu’ailleurs, m’a été très profitable

 

Qu'est-ce qui caractérise selon vous l'expérience d'expatriation d'un Français en Floride par rapport au reste des Etats-Unis ?

Quand je suis arrivé, il y a vingt-quatre ans, nous n’étions pas nombreux. Je devais même être le seul acteur-chanteur, avec Annie Royer, une chanteuse de cabaret. J’ai donc eu le sentiment d’être un gros poisson dans un petit panier ! La suite m’a donné raison, puisque j’ai très vite commencé à travailler et à saisir des opportunités que je n’aurais pas forcément eues dans de grands bassins d’emploi comme Los Angeles ou New York. En cela, mon expatriation en Floride, plutôt qu’ailleurs, m’a été très profitable.

Quant à l’expérience de mes compatriotes, je ne prétendrai pas parler à leur place. Mais j’imagine que beaucoup viennent y chercher un cadre de vie agréable : le sable, le soleil et les cocotiers ont toujours fait rêver ! Il y a aussi les opportunités professionnelles et commerciales, notamment grâce aux liens étroits avec l’Amérique latine. Sans oublier l’exotisme : j’ai souvent tendance à dire que la Floride, ce n’est pas tout à fait les États-Unis, c’est un monde à part. Enfin, la présence d’une communauté française, aujourd’hui nombreuse et bien établie, peut être rassurante pour les nouveaux arrivants. Mais, bien entendu, tout cela n’engage que moi !

 

Irez-vous à la rencontre de vos lecteurs dans les prochaines semaines ? 

Absolument ! Je commence par une tournée en France cet automne. Je serai également présent au marché de Noël français de Key Biscayne, organisé début décembre par Corinne Ouelhadj et l’association FAACT. Au printemps, je participerai aux salons du livre de Rencontres des Auteurs Francophones à New York et dans d’autres villes, qui seront dévoilées prochainement.

Je souhaite également intervenir auprès des élèves des Alliances Françaises aux États-Unis, à travers des rencontres et des ateliers. Si certaines d’entre elles sont intéressées, elles peuvent tout à fait me contacter !

Autre nouveauté : pour la première fois, l’un de mes livres est en cours de traduction en anglais. J’espère ainsi toucher un public encore plus large. Et pour les lecteurs qui souhaitent découvrir le roman sans attendre, Les tribulations d’un French Crooner est disponible sur Amazon dans plusieurs pays.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos