Samedi 16 janvier 2021

La résistance des compagnies aériennes mexicaines pour survivre

Par Joséphine Leblanc | Publié le 16/07/2020 à 16:50 | Mis à jour le 16/07/2020 à 17:00
Compagnies aériennes mexicaines résistance survivre

Selon les prévisions, le marché aérien mexicain prendra 3 à 4 ans pour récupérer de la pandémie de coronavirus qui a mis les avions à l'arrêt pendant de longs mois. La situation de l'industrie du trafic aérien dans le monde est pressante.

 

Un effondrement des chiffres

 

Fin mai, une douzaine de compagnies aériennes ont demandé de restructurer leur dette aux Etats-Unis, ce qui a entraîné un nuage d'incertitudes sur le reste des compagnies aériennes mexicaines.

« L'aviation fait partie du secteur des services, et lorsqu'il y a une crise économique, ce sont les premiers touchés », a déclaré Miguel Ángel Valero, ancien président du Collège des pilotes aviateurs du Mexique.

Entre le mois de janvier et le mois de mai, les compagnies aériennes nationales et internationales opérant dans le pays ont transporté 41,6% de passagers de moins que l'année dernière à la même période, soit 17 millions 330 000 passagers de moins.

Cette effondrement du nombre de passagers transportés a connu son pic au cinquième mois de l'année, avec seulement 488 531 passagers, soit une baisse de 94,24% par rapport à la même période en 2019.

Cela a également entraîné la baisse du nombre de vols avec seulement 8 313 vols enregistrés en mai 2020, soit une baisse de 88,2% par rapport à mai 2019.

« Le transport aérien est une affaire de volume, et avec cette pandémie de coronavirus, le volume baisse considérablement », a déclaré l'ingénieur Luis Salazar, président de l'Association des véhicules sans pilote (AVENT).

Selon l'Association du transport aérien international (IATA), les compagnies aériennes verront une réduction de leurs revenus de 57% en 2020 par rapport à l'année 2019. Une contraction équivalente à 8 130 millions de dollars.

Le mois de mai 2020 a été le pire mois pour les compagnies aériennes :

Compagnies aériennes mexicaines effondrement des chiffres
Ministère des Communications et des Transports

 

Aeroméxico capitule aux Etats-Unis

 

Aeroméxico a suivi les traces d'autres compagnies aériennes d'Amérique Latine et a dépose le 30 juin une demande de faillite aux Etats-Unis.

La compagnie aérienne a déclaré dans un communiqué : « Nous avons entamé une procédure volontaire pour mettre en œuvre une restructuration financière dans le cadre du chapitre 11 pour pouvoir continuer à servir nos clients sans interruption, c'est la raison pour laquelle nous avons pris cette décision importante ».

Suite à cette décision, l'action de Aeroméxico a chuté de 34,5% dans la Bourse mexicaine, passant de 5,83 pesos le 30 juin, à 3,80 le lendemain.

« Il s'agit de la prise crise que l'aviation ait traversé à l'échelle mondiale. Aeroméxico a vu ses finances affectées par la faible demande et la fermeture des frontières. En juin, nous avons observé une amélioration de nos opérations de 63% par rapport au mois de mai. Nous espérions que cela continue dans ce sens en juillet », a expliqué Christian Pastrana, Directeur de la communication et des affaires publiques de Aeroméxico.

 

Les vols de fret, un palliatif

 

Les vols de fret ont joué un rôle important pour les compagnies aériennes. Bien que les niveaux de transport de marchandises aient baissé, ces baisses n'ont pas été aussi dramatiques que celles du trafic de passagers.

En mai 2020, 4 800 tonnes de fret ont été transportées depuis le Mexique, soit une baisse de 54% par rapport au trafic du mois de mai 2019.

Quant au fret international, 10 700 tonnes ont été transportée en mai 2020, soit une baisse de 36% par rapport au même mois de l'année 2019, selon les données du Ministère des Communications et des Transports.

Vols de fret
Ministère des Communications et des Transports

 

Qu'a fait le gouvernement ?

 

« De nombreuses compagnies aériennes sont déjà en soins intensifs, et si elles ne reçoivent pas un peu d'oxygène du gouvernement, il sera très difficile de les sauver », a déclaré Luis Salazar.

Comme le reste du secteur privé, à l'exception des micro-entreprises, le gouvernement fédéral n'a fourni aucun soutien aux compagnies aériennes. L'IATA a demande, au-delà d'un sauvetage financier, un soutien fiscal et patronal pour le paiement des frais d'exploitation et des redevances aéroportuaires.

« Si ces compagnies aériennes sont tombées dans une crise financières en raison d'une mauvaise gestion, le gouvernement n'a pas à les sauver. Encore plus avec le discours actuel du gouvernement fédéral. Ce qui peut être fait c'est dans l'ensemble de l'industrie, pour soutenir une stratégie intégrée pour faire face à la reprise. Mais rien n'a été fait », a expliqué Fernando Gómez Suárez, analyste indépendant dans le secteur aéroportuaire.

De plus, le manque de concurrence augmente les coûts pour les compagnies aériennes. Il n'y a pas de compagnie aérienne à bas coût car elles dépendent toutes du faible carburant produit par Pemex, et de la distribution des Aéroports et des Services Auxiliaires (ASA). Comme les autre carburants, le kérosène a subi une bosse, passant de 7,57 pesos le litre en mars 2020 à 5,23 pesos le litre en avril 2020, puis à 7,24 pesos le litre en mai 2020. Selon les experts, ces variations n'ont pas compensé la baisse d trafic de passagers.

L'avenir de l'aviation est étroitement lié aux mesures sanitaires appliquées par les gouvernements face à la crise du coronavirus.

En mai, l'IATA a pris une position décisive contre l'espacement des passagers ou la refonte des aviations pour gardes des distances. Au lieu de cela, il encourage l'utilisation du masque obligatoire.

L'espacement des passagers réduirait la capacité de transport de passagers de 62% en moyenne. Une situation qui ferait grimper le coût des vols entre 43% et 54%. Les compagnies aériennes font donc la promotion du port du masque, de la prise de température et de la désinfection des cabines comme mesures de protection.

« L'avion est déjà le moyen de transport le plus sûr, mais également le moyen sanitaire le plus sûr grâce à la façon dont il fait circuler l'air. Toutes les deux minutes, nous respirons de l'air neuf, les systèmes de filtrage sont efficaces à 99,9%. Les gens pensent que comme ils sont enfermés dans un tube ils respirent tous les même ait en permanence. En réalité, l'air de l'avion circule de haut en bas et il y a moins de risques d'être infectés dans un avion qu'à la banque ou dans un supermarché », a ajouté Fernando Gómez Suárez.

 

 

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Joséphine Leblanc

Après une formation juridique qui lui a permis de s’expatrier au Vietnam, elle se spécialise en communication et médias (IFP). Aujourd’hui elle a quitté Paris pour s’installer à Mexico.
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