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Législatives 2024 - Eléonore Caroit (Re) : "Etre à l’écoute et ancrée localement"

Dans la perspective des prochaines élections législatives, les 30 juin et 7 juillet 2024, lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats. Eléonore Caroit, candidate du parti Renaissance pour la 2ème circonscription (Amérique centrale et du sud), a répondu à nos questions.

eleonore caroiteleonore caroit
Écrit par Léa Degay
Publié le 24 juin 2024, mis à jour le 9 juillet 2024

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis une avocate franco-dominicaine, née d’un père français et d’une mère dominicaine. J’ai grandi à Saint-Domingue où j’ai effectué toute ma scolarité au Lycée Français, et j’ai ensuite vécu quelques années en France où j’ai fait mes études à Sciences-Po Paris et à la Sorbonne. J’ai ensuite vécu à New York et à Genève où j’ai exercé dans le domaine du contentieux et de l’arbitrage international.

Lors de ces expatriations, j’ai été très engagée pour les communautés françaises, en tant que maman élue au conseil d’établissement, conseillère des Français de l’étranger puis membre de l’Assemblée des Français de l'Etranger (AFE). En 2021, je suis retournée vivre à Saint- Domingue avec mon mari et mes deux enfants. J’ai été élue députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes en juin 2022.

Depuis deux ans (et malgré une interruption due à une deuxième élection en 2023), je représente avec conviction, force et détermination les Français de l’étranger à l’Assemblée nationale. J’habite maintenant entre Paris et les trente-trois pays de la circonscription, où je me rends en moyenne une fois par mois, pour être au plus proche des Françaises et Français que je représente.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Lorsque le Président de la République a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale, j’ai été, comme nombre de nos compatriotes, profondément surprise et inquiète des conséquences de cette décision. D’autant que, pour ma part, il s’agissait de la troisième campagne électorale en deux ans, un an à peine après avoir été réélue députée de la circonscription.

Ma motivation naît avant tout d’une volonté de poursuivre le travail accompli et de faire avancer les chantiers entamés pour les Françaises et les Français de la circonscription.

J’ai aussi été sensible aux nombreux messages de soutien reçus de la part des électeurs, y compris de ceux qui ne sont pas de ma formation politique. Pour moi, la politique, c’est avant tout de l’humain. Ce sont des gens que vous aidez dans leur quotidien, et à qui vous permettez de maintenir un lien avec la France.

En tant que véritable Française de l’étranger et députée sortante, je suis convaincue d’être la mieux placée pour représenter efficacement les Françaises et les Français d’Amérique latine et de Caraïbes dans le contexte politique inédit que connaît la Vème République.

Enfin, je suis une personne raisonnable et modérée. J’ai toujours agi avec une grande indépendance et travaillé de manière transpartisane avec des élus de tous bords. Je pense que la modération, le goût du compromis et de la recherche de solutions vont être des qualités indispensables pour pouvoir agir efficacement dans la composition politique à venir.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Il est difficile d’incarner réellement une circonscription aussi vaste que la nôtre, qui va du Mexique à la Terre de feu en passant par les Caraïbes. Pourtant, c’est mon cas.

J’ai grandi dans les Caraïbes, à Saint-Domingue, au sein de la communauté française. Mes parents y habitent toujours. Mon frère et ma sœur, desquels je suis très proche, ont choisi le Brésil et résident tous les deux à São Paulo. J’ai ainsi adopté ce pays-continent, dont je parle la langue et aime profondément la musique, la joie de vivre, la nature omniprésente.

J’ai découvert le Mexique étant adulte et ne peux plus me passer de ce pays incroyable, dont la culture a marqué des générations de latino-américains. À travers ma meilleure amie franco- colombienne, j’ai vécu par procuration l’histoire de ce pays déchiré par des années de guerre civile et j’ai dans mon vocabulaire espagnol des expressions typiquement colombiennes. Je pourrais livrer ici des liens personnels et profonds avec la quasi-totalité des pays de notre circonscription, parce que ce fil conducteur fait partie de mon identité.

Je pense avoir été la députée la plus latino-américaine de l’Assemblée. Et cela s’est traduit dans mon action : jamais l’Amérique latine et les Caraïbes n'ont été autant mis à l’honneur. Entre colloques, conférences, visites officielles, création du conseil de l’Amérique latine et des Caraïbes, etc., j’ai réussi à remettre ce continent dans l’agenda géopolitique de la France.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français·es de l'étranger ?

Je connais et partage les préoccupations des Françaises et Français de l’étranger pour les vivre personnellement ou par le biais de mes proches, qu’il s’agisse de l’ouverture d’un compte bancaire en France lorsque l’on vit à l’étranger, de la recherche d’une protection sociale adaptée, de la constitution d’une retraite lorsque l’on vit dans plusieurs pays, des difficultés rencontrées avec l’administration dans les démarches quotidiennes, de la défense de la binationalité, des questions qui se posent lors d’un retour en France ou d’une nouvelle expatriation.

Mon engagement politique naît d’une volonté de défendre les Français de l’étranger, d’être leur avocate et de faire entendre leur voix pour réparer certaines injustices. Je suis d’ailleurs convaincue que la voix modérée des Françaises et des Français de l’étranger doit plus que jamais être entendue dans le débat politique français.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

J’ai toujours privilégié le travail en équipe avec les élus de terrain. Je suis d’ailleurs honorée de compter sur le soutien d’une majorité d’entre eux pour cette troisième campagne, quelle que soit leur couleur politique.

Je pense que pour redonner confiance en nos institutions et notre système politique, il faut être à l’écoute et très ancré localement. C’est ce que j’ai toujours fait, en venant au contact de chacune et chacun lors de permanences parlementaires et réunions publiques dans les différents pays de la circonscription, mais aussi à travers des réunions virtuelles ouvertes à tous que j’organise tous les premiers samedis du mois.

Enfin, un député est aussi un élu national, chargé de voter les lois et de contrôler l’action du gouvernement. Là aussi, je dispose des compétences techniques nécessaires – notamment en tant qu’avocate et spécialiste des relations internationales – et d’une connaissance approfondie des différents pays de la circonscription, ce qui me permet d’exercer ces fonctions en mettant toujours en avant les besoins de Françaises et Français que je représente.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français·es de votre circonscription ?

Les défis sont déjà nombreux, car il n’est pas facile de mettre en avant les sujets très spécifiques des Français de l’étranger, mais ils risquent de le devenir encore davantage avec la montée des extrêmes.

J’ai été particulièrement choquée d’entendre ces derniers jours les dirigeants du Rassemblement national vouloir abolir la double nationalité. Je m’étais déjà opposée en hémicycle à leur proposition de supprimer les circonscriptions des députés des Français de l’étranger, et continuerais de me battre sans relâche contre ces idées discriminatoires envers les Français binationaux, qui représentent une richesse pour la France.

Je crains aussi que le Front populaire dirigé par Jean-Luc Mélenchon ne pose également de graves défis aux Français de l’étranger. À l’Assemblée nationale, j’ai en effet combattu plusieurs propositions de députés NUPES (ex Front Populaire) qui souhaitaient créer un impôt sur la nationalité française. Je me suis également attaquée aux préjugés qui existent à l’encontre des Français établis à l’étranger, comme celui de les assimiler à des exilés fiscaux.

Toutes ses idées préconçues et caricaturales sur les Français de l’étranger persistent malheureusement. Je continuerai de les combattre avec force.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Il s’agit d’une campagne électorale éclair et notre circonscription est vaste. Une campagne ne se fait pas toute seule, mais en équipe et avec l’aide de relais sur le terrain. C’est autour de ces Françaises et Français que j’ai rencontrés au cours de mes nombreux déplacements en circonscription que s’articule cette troisième campagne électorale.

Depuis l’annonce de ma nouvelle candidature, j’ai reçu de nombreux messages de soutien de la part d’électeurs de la circonscription, tous bords politiques confondus. Chacun souhaite que le travail engagé depuis le début de mon mandat puisse être mené à terme.

Au cours de mon mandat, je travaillais de manière quotidienne avec les élus locaux Conseillers des Français de l'étranger, toujours de manière transpartisane et constructive, dans l’intérêt concret des Françaises et des Français que nous représentons. C’est la raison pour laquelle je peux aujourd’hui compter sur le soutien d’une majorité d’entre eux.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élue ?

Depuis mon élection en 2022, je suis restée fidèle à mes axes de travail prioritaires : défendre les intérêts des Français établis à l’étranger, renforcer les liens entre la France et notre circonscription (Amérique latine et Caraïbes) et agir concrètement pour la préservation de l'environnement.

Ces priorités se déclinent ensuite en autant de sujets que sont les préoccupations rencontrées par les Français d’Amérique latine et des Caraïbes.

Je me représente pour avoir l’opportunité de poursuivre le travail initié lors de mon mandat comme la création d’un statut spécifique pour les entrepreneurs français à l’étranger, l’augmentation des hôpitaux accessibles en tiers-payant, la dématérialisation de l’établissement des certificats de vie et de la procédure de renouvellement des passeports, le dépôt d’une proposition de loi cadre spécifique aux Français de l’étranger, la lutte contre les demandes excessives de CNF, la création d’un groupe de travail sur la suppression de la CSG et l’élaboration d’une résidence de repli, et plus généralement pour poursuivre les missions dont j’étais en charge à l’Assemblée nationale sur l’alimentation durable, la protection des océans ou encore Expertise France. 

 

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