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PORTRAITS DE FEMMES – Les leçons de vie de Gervaise

Par Lepetitjournal.com aux Philippines | Publié le 22/06/2017 à 19:00 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

Avec Gervaise, entrons dans le quotidien des ouvrières du 19ème siècle ! Gervaise, héroïne de L'Assommoir, roman d’Emile Zola, est en effet un personnage emblématique du 19ème siècle. Mais elle nous donne des leçons de vie toujours d’actualité aujourd’hui.

Première leçon : le travail est un outil de libération

Au début de l‘histoire Gervaise se montre courageuse : "Jamais il n’avait rencontré une aussi brave femme. " Grâce à son dur métier de blanchisseuse, sa persévérance et son fort caractère, elle réussit à atteindre son idéal : échapper à la violence des hommes et manger tous les jours à sa faim. C’est la première étape vers la liberté.

Mais elle reste malgré tout toujours dépendante des hommes. En 1860, les femmes ne peuvent en effet pas se séparer de leurs maris et leurs doivent obéissance : elles sont considérées plus faibles et inférieures aux hommes. Le régime universel masculin exclut d’ailleurs les femmes du vote car elles sont jugées incapables de prendre des décisions politiques.

Malgré ses efforts pour vivre honnêtement et devenir autonome, le personnage de Gervaise apparaît presque d’emblée comme une victime désignée. Elle est en effet naturellement bonne et ne sait pas opposer une véritable et ferme résistance aux hommes qui la manipulent : elle "excusait tout le monde", "elle se laissait aller où on la poussait", "très sensible d’aimer tout le monde, de se passionner pour des gens qui le faisaient ensuite mille misères".

Le portrait physique de Gervaise rend compte de cette double dimension du personnage : sa beauté et son courage (elle avait un visage doux, des mains potelées, de grands yeux, des dents très blanches : c’était une jolie blonde) et la misère de sa condition (elle boitait).

La misère de sa condition de femme et d’ouvrière la conduira d’ailleurs finalement à sombrer progressivement dans l’alcool et la prostitution : Gervaise finit terriblement enlaidie, vieille, grosse, effrayante, boite toujours et même animalisée… Comme une bête, elle dort dans une "niche" sous l’escalier.

Deuxième leçon : la loi doit évoluer pour protéger les plus faibles et favoriser leur ascension sociale

Les conditions des ouvriers ont beaucoup changé. Au 19ème siècle, les blanchisseuses comme Gervaise, faisaient partie de la classe sociale ouvrière. En 1870, elles travaillaient 12 heures par jour et n’avaient pas de vacances. Jusqu’à ce que la loi de repos hebdomadaire devienne obligatoire en 1906. Elle accorde à tous les ouvriers et les employés un repos de 24 heures après six jours de travail. La France est un des derniers pays d’Europe à instaurer une telle loi.

Ayant vécu vers 1860-1870, Gervaise n’a par ailleurs pas bénéficié d’une éducation solide, condition indispensable de toute ascension sociale. Dans chaque commune il y avait une école mais, étant de la classe sociale ouvrière, les enfants n’y allaient pas et restaient pour aider leurs parents à travailler. Seuls les enfants de bourgeois et principalement les garçons recevaient une éducation digne de ce nom. C’est seulement en 1881-1882, sous l’impulsion de Jules Ferry, qu’une école, publique et laïque, devient obligatoire pour les garçons et filles entre 6 et 13 ans.

Gervaise vivait donc plus que modestement dans une petite chambre au sixième étage, dans un quartier bruyant et poussiéreux. Les femmes comme elle étaient habillées sans superflu de camisoles blanches, d’un corsage et de savates. Elles allaient à l’atelier chaque jour et y travaillaient de longues heures pour y gagner des salaires qui ne suffisaient pas à leurs besoins primaires : leur alimentation était très peu variée, principalement composée de pommes de terre et de pain, mais de très peu de viandes.

Aujourd’hui, les ouvriers travaillent 8 heures par jour, savent lire et écrire, ont des vacances. Ceci est le fruit des luttes ouvrières pour obtenir de nouvelles lois sociales.

Ainsi, Gervaise est le témoin d’une époque révolue de la condition ouvrière féminine en Europe. Mais il est probable que ces conditions de vie difficile se rencontrent aujourd’hui encore dans d’autres parties du monde. Gervaise reste donc bien un modèle de courage et de lutte dans d’autres parties du monde.

Louisa MASSELIN et Solène MOUCHEL (4ème – LFM) (www.lepetitjournal.com/manille) vendredi 23 juin 2017

Illustrations : images du film Gervaise de René Clément (1956) avec Maria Schell dans le rôle titre.

Article écrit dans le cadre d’un E.P.I. (enseignement pratique interdisciplinaire) français-histoire mené par les enseignants des deux disciplines en classe de 4ème. Il s’agissait de découvrir et de faire découvrir un personnage féminin d’une œuvre littéraire du 19ème emblématique de l’évolution de la condition féminine à travers ce siècle et porteur, aujourd’hui encore, de valeurs et de revendications pour les femmes. L’intégralité du travail de recherches, de réflexion et de rédaction a été mené par les élèves, accompagnés par leurs professeurs.

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