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NICOLAS GALEY – La diplomatie comme « choix du cœur »

Par Lepetitjournal Manille | Publié le 11/02/2018 à 21:00 | Mis à jour le 12/02/2018 à 09:48
Nicolas Galey Ambassadeur Philippines

Le 22 janvier dernier, à l’occasion de la célébration du 55ème anniversaire du Traité de l’Elysée, une équipe de nos journalistes a eu l’honneur et le plaisir de pouvoir interviewer M. Nicolas Galey, Ambassadeur de France aux Philippines et en Micronésie.

 

 

Lepetitjournal.com/manille : Vous êtes arrivé il y a peu aux Philippines. Pouvez-vous nous faire part de vos premières impressions sur Manille ? sur les Philippines ? sur le peuple philippin ?

 

M. Nicolas GALEY : Je suis arrivé en effet à Manille le 1er décembre 2017.

 

Toute ma carrière avait jusque-là été centrée sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord. Je connaissais donc assez peu l’Asie.  

 

Ma première impression est excellente. Les Philippines me sont apparues comme un pays et un peuple très accueillant, très souriant, très ouvert et qui manifeste une véritable affection pour la France et ce qu’elle représente. 

 

Malheureusement je n’ai pas encore pu sortir de Manille pour découvrir la diversité culturelle et linguistique de cet archipel. 

 

Sur le plan professionnel, j’ai également vécu une excellente arrivée. 

 

Nicolas Galey Philippines
M. Nicolas Galey à la tribune de l’Eurocampus, le 22 janvier dernier.

Permettez-nous de revenir brièvement, pour commencer cette interview, sur votre parcours de diplomate.  Vous êtes diplômé de l’ENA.  Quand le choix du quai d’Orsay s’est-il imposé pour vous ? Et pour quelles raisons ? 

 

A l'ENA nous ne sommes pas diplômés. A l’arrivée à l’ENA, nous devenons tous fonctionnaires d’Etat. En fonction de notre rang, à la sortie de l’école, nous choisissons notre administration (ministères, préfectures, ambassades, tribunaux administratifs etc...).

 

Le métier de diplomate est particulier dans le sens où, contrairement aux autres, il se passe largement à l'étranger. La diplomatie n'est donc pas qu'un choix professionnel : c'est aussi un choix de vie pour soi et pour sa famille. Or j'ai toujours été attiré par l'étranger, j'ai beaucoup voyagé... et lorsque cette possibilité m'a été donnée de choisir ce ministère, je n'ai pas hésité. La diplomatie m’intéressait pour ces deux raisons : professionnelle et personnelle.

 

Votre métier de diplomate vous a permis et contraint de travailler dans de nombreux pays. Quels pays avez-vous le plus aimés parmi ceux dans lesquels vous avez été envoyé ? Et pour quelles raisons ?

 

J’ai sincèrement été heureux dans tous les postes que j’ai occupés et qui m’ont permis de découvrir des pays et des problématiques professionnelles très différentes. J’ai aimé être confronté à des situations parfois difficiles et garde un bon souvenir de mon travail dans des zones qui s’avéraient dangereuses.

 

Comme je vous le disais précédemment, l’essentiel de ma carrière s’est jusqu’à présent déroulée en Afrique du nord, au Moyen Orient et en Méditerranée. J’ai aujourd’hui une véritable familiarité avec ce monde.

 

Si je voulais ajouter une petite touche plus personnelle à cette réponse, je me permettrais de dire que, dans la mesure où cela a été mon premier poste, et le lieu de ma rencontre avec mon épouse, l’Algérie reste pour moi un souvenir tout particulier.

 


 

Nicolas Galey Philippines
M. Nicolas Galey, en présence de notre équipe de journaliste (Shanaya Arrone, Lila Bunoan, Alban Gautrod, Kalma Joebhaar et Mathilde Le Godec) et des deux professeurs responsables de l’atelier presse online du Lycée français de Manille.

 

 

Votre mission vous conduit aujourd’hui aux Philippines. Quels sont, pour votre ambassade, les dossiers prioritaires ? S’agit-il de l’économie ? de la solidarité et de l’aide au développement ? de l’écologie et du développement durable ?  de l’éducation et de la culture ?

 

Juridiquement, un ambassadeur est responsable de tous les services de l’ambassade. Pratiquement, je dois mener une action qui porte une vision globale. Dans la plupart des dossiers que je suis amené à traiter, dans la plupart des situations sur lesquelles nous travaillons, les enjeux et les problématiques économiques, éducatifs, environnementaux, humanitaires... se croisent.

 

Nous avons évidemment pour mission de promouvoir nos intérêts à l’étranger : notre économie, notre langue et notre culture. Le Lycée français de Manille recoupe, par exemple et avec évidence, ces trois domaines.

 

En retour de notre travail de promotion des intérêts français aux Philippines, nous informons au quotidien notre gouvernement de la situation aux Philippines. Sur la question de la sécurité, par exemple, nous participons à l’établissement des cartes et des « conseils aux voyageurs » mis en ligne par le ministère des Affaires étrangères.

 

Vous évoquez l’environnement : c’est devenu une priorité pour tous et particulièrement pour la France, organisatrice de la COP21. « L’appel de Manille » des précédents présidents française et philippin a montré la convergence de la France et des Philippines sur cette question essentielle.

 

Aujourd’hui je suis avec vous au Lycée français de Manille. Demain, je rencontrerai les représentants des entreprises françaises aux Philippines. Dans quelques semaines, je me rendrai à Davao pour rencontrer la communauté française qui y réside. Le métier d’ambassadeur a, vous le voyez, de très nombreuses facettes.

 

Permettez-nous de revenir sur le sujet de la COP21. Pour vous, comment la France peut-elle participer au développement écologique des Philippines ?

 

Les suites de la COP21, comme de tout accord international, comportent un certain nombre d’obligations pour les pays signataires (tout particulièrement ici en termes d’émissions de CO2) et laissent chaque pays libre de mettre en place ses propres réglementations et dispositions pour appliquer l’accord signé.

 

Les Français et Philippins sont naturellement amenés à collaborer. Leurs expertises s’avèrent en effet souvent complémentaires. La vulnérabilité climatique des Philippines et l’expérience qu’elle implique, en matière de typhons par exemple, a conduit au développement de savoirs spécifiques chez les scientifiques philippins. Plusieurs entreprises françaises sont, de leur côté, à la pointe dans le domaine des énergies propres et renouvelables (énergie solaire, éolienne…) et de la construction de maisons à basse consommation énergétique.

A nouveau, il faut saisir ce dossier dans sa dimension globale : je travaille naturellement dans le même temps à la promotion des principes du développement durable et à celle des entreprises françaises qui s’avèrent particulièrement performantes dans ce domaine

 

Une question plus personnelle, pour finir. Avez-vous en dehors de votre métier de diplomate, des passions que vous accepteriez d’évoquer pour nous ? Ou des projets, dans le cours de votre séjour aux Philippines ?

 

Je jouais autrefois convenablement du piano et m’y remets volontiers quand j’en trouve le temps, pour m’échapper… C’est une passion qui voyage généralement plus facilement que l’instrument, mais j’ai la chance d’avoir un bon piano à la résidence de Manille.

 

J’aime particulièrement Chopin (ses valses, ses études), Bach (et ses partitas), Beethoven (les sonates), Debussy, Ravel, Scriabine…

 

Dans un autre domaine, je suis évidemment tenté par la découverte des fonds marins. C’est une activité que j’ai découverte en Egypte et les Philippines m’invitent tout naturellement à renouveler l’expérience, avec les précautions qui s’imposeront.

 

Shanaya ARRONE, Lila BUNOAN, Alban GAUTROT, Kalma JOEBHAAR et Mathilde LE GODEC

 

 

 

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