

A l'occasion d'un long et passionnant entretien avec Dominique Lemay, fondateur de l'O.N.G. consacrée depuis 1992 aux enfants des rues de Manille, nous avons pu visiter les différentes maisons qui accueillent ces enfants. Une matinée à la rencontre de merveilleux sourires retrouvés.
Virlanie nous ouvre ses portes
La Fondation Virlanie, créée en 1992 par Dominique Lemay, prend soin "d'enfants ayant besoin d'une protection particulière, ceux qui ont été abandonnés, abusés, exploités, négligés, les orphelins et les plus pauvres des plus pauvres". Elle les aide à échapper aux dangers de la rue et les accompagne jusqu'à ce qu'ils deviennent des adultes responsables et indépendants.
Aujourd'hui, 8 "maisons" offrent à ces enfants "un toit, une famille, une éducation et de l'amour". Des programmes complémentaires assurent soutien et reconstruction psychologiques, éducation, accompagnement du projet personnel et réunification familiale.
La fondation se trouve dans le c?ur de Makati, dans le petit barangay de Singkamas.
C'est dans les bureaux de la Fondation que Dominique Lemay nous a reçus, nous contant, en détails et avec une passion que les années d'expérience ne semblent pas avoir entamée, l'histoire de sa fondation, le long parcours et les belles réussites qu'a permis l'engagement de tous, responsables de l'O.N.G., salariés, volontaires internationaux et locaux, parrains et marraines, financeurs. Il nous a fait part de ses convictions et s'est avec nous interrogé avec clairvoyance sur les nécessaires adaptations au monde d'aujourd'hui de la structure qu'il a portée jusque-là. Deux articles permettront à nos lecteurs de partager ces échanges, les 20 et 21 avril prochain.
A l'issue de cet entretien, Dominique Lemay nous a invités à rencontrer les enfants et à visiter les différentes maisons qui forment comme un village au c?ur du village, une grande famille au c?ur du quartier.
A la rencontre des enfants de Virlanie
Le bureau accueille, en plus de ses services administratifs, le centre de créativité Sibuhi et le centre d'apprentissage Magellan, qui fournit un soutien scolaire à tous les enfants accueillis par la fondation.
A l'entrée de Dominique Lemay dans la salle, tous les enfants se retournent, tout sourire, et accourent pour nous saluer, portant notre main à leur front en signe de respect. Dans tout le quartier, Dominique Lemay est d'ailleurs reconnu et salué par tous avec autant de respect que de sympathie. Tous semblent le considérer comme le père de cette grande famille.
Puis les enfants retournent à la lecture de leur album ou à leur exercice de mathématiques.
Du centre de créativité et de développement Sibuhi, nous ne ferons qu'apercevoir les locaux qui se trouvent de l'autre côté du couloir, presque en face de cette "petite école". Ce n'est l'heure en effet d'aucune activité sportive ou artistique. Mais les décors d'un récent spectacle de la chorale sont encore en place.

En route vers les autres maisons, nous découvrons ce quartier en mutation, où de récentes constructions semblent vouloir attirer une population nouvelle, mais où des bidonvilles continuent d'exister entre deux pâtés de maison.
En arrivant à la maison des enfants en situation de handicap mental ou physique, nous sommes accueillis par d'autres enfants qui nous sautent au cou, nous demandant nos prénoms et nous guidant à travers la maison en nous tenant la main. L'un d'eux, nommé Marc*, ne cesse de nous demander nos noms et chaque fois nous répond "Happy" ! Impossible de l'oublier ! Nous échangeons quelques mots avec les enfants, heureux et curieux de nous entendre parler tagalog. Et toujours ces sourires !
La Maison des Bébés et des Tout-Petits étant en travaux, c'est à l'étage de la maison Elizabeth, consacrée aux jeunes filles ayant souffert d'abus divers, que nous les avons retrouvés. L'absence momentanée de jardin contraint les nombreuses jeunes volontaires à redoubler d'inventivité pour occuper les bébés, dont les plus âgés s'accrochent à nous, réclament nos bras, nos jeux, nos sourires. Un petit groupe se passionne pour un dessin animé. Tandis que dans une autre chambre, deux jeunes volontaires françaises bercent de tous jeunes nourrissons. Des bébés de quelques mois seulement, abandonnés à la naissance.
A l'issue de notre matinée, nous pouvons dire sans hésiter que la mission de Virlanie de redonner le sourire aux enfants de la rue est accomplie.


Pour tout complément d'information, rendez-vous sur le site de la Fondation Virlanie.
* par respect pour la vie privée des enfants, les prénoms ont été changés
Lila BUNOAN (www.lepetitjournal.com/manille) mercredi 13 avril 2016

