

A l'heure où une majorité des capitales européennes proposent progressivement des alternatives au "tout automobile" avec l'installation de "système de vélos en libre service", Manille reste au quotidien engorgée par un flot presque incessant de voitures. Circuler à vélo dans la capitale philippine représente-t-il une utopie ? Quelques cyclistes convaincus tentent de nous convaincre du contraire.

Des cyclistes militants
Dans le chaos du trafic de Manille, une poignée de cyclistes tentent en effet d'imposer le vélo comme alternative à la voiture : reportage d'AFP-TV.

Témoignage d'une expatriée téméraire
"Après un an à Manille et l'expérience du trafic terrible de cette ville, j'ai décidé d'enfourcher mon vélo afin de tenter l'aventure ! Après quelques semaines d'hésitations et d'angoisse face à ce défi, un beau jour, je me suis décidée à monter sur mon destrier afin de me rendre à la fondation Virlanie où je suis volontaire. Equipée de mon casque, sac à dos avec bouteille d'eau, lunettes de soleil et surtout mes jambes et mes poumons, je me suis lancée au milieu du balai infernal des voitures, comme si je partais réaliser un exploit ! J'ai vite découvert que je n'étais pas la seule à utiliser cette option mais je n'ai rencontré aucun autre étranger. Cela me vaut d'ailleurs de nombreux regards curieux aux feux rouges.

Il faut avouer que la respiration représente un point noir : les voitures et surtout les jeepneys très polluants peuvent être éprouvants pour la respiration des cyclistes. Il faut à tout prix éviter de rester derrière un jeepney et ne pas hésiter à porter un masque qui filtre la pollution.
Autre aspect à considérer : la chaleur. Privilégier les déplacements à vélo tôt le matin ou en fin de journée. Les rares fois où j'ai circulé vers midi ont été assez éprouvantes du fait du soleil et de la chaleur. Je prends d'ailleurs toujours un t-shirt de rechange dans mon sac et surtout une bouteille d'eau.
Ne pas oublier donc, quand on part à vélo : un casque, un masque de protection, des lunettes de soleil, une bouteille d'eau, un t-shirt de rechange… sa vigilance, sa patience, et sa bonne humeur…. !!!
Malgré tous ces inconvénients, je prends beaucoup de plaisir à circuler à vélo ! On ne peut pas dire que la promenade soit reposante mais il est vrai que le sentiment de liberté que j'en retire est assez jouissif. Dépasser les voitures à l'arrêt procure aussi un sentiment d'efficacité très satisfaisant. Découvrir Manille autrement, se perdre parfois dans les rues, se sentir plus proches des gens, faire partie intégrante de cette fourmilière, s'avère enfin une expérience très enrichissante.
A Virlanie, mes collègues philippines m'appellent « the biker » et sont toujours très étonnées de me voir arrivée mon casque à la main !
- Are you biking by yourself ?
- Of course, I can do it ! "
Adélaïde LEFEVRE
François COUDRAY (www.lepetitjournal.com/manille) mardi 12 juillet 2016
Première publication mardi 12 janvier 2016

