Mercredi 30 septembre 2020
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HUMANITAIRE – Une nuit pour faire le pont avec le monde de l'entreprise

Par Lepetitjournal.com aux Philippines | Publié le 26/03/2017 à 19:00 | Mis à jour le 26/03/2017 à 09:17

 "Il existe deux mondes : celui des exclus et le nôtre, celui des sociétés. Il est important de bien comprendre ces deux mondes, les difficultés de passer de l'autre côté et la nécessité de construire un pont pour les relier" , explique Laure Delaporte, co-fondatrice de la fondation LP4Y. Le mois dernier, la deuxième nuit du YIN, à Enderun College, a permis à des chefs d'entreprises, des représentants et volontaires de l'ONG LP4Y et des jeunes personnes ayant bénéficié de leur programme d'intégration professionnelle de se rassembler, d'échanger, de se rapprocher pour ébaucher quelques propositions?

Pourquoi le YIN ?

La situation des jeunes dans le monde appelle aujourd'hui à une attention urgente.

1,2 milliards des jeunes dans le monde sont âgés de 15 à 24 ans et 550 millions souffrent de malnutrition, de maladie ou de violence. Selon certaines prévisions, en 2025, 1 milliard de jeunes pourraient vivre en dessous du seuil de pauvreté avec 1,90 US$ par jour.

L'association LP4Y dédie l'intégralité de ses programmes à l'intégration des jeunes exclus vivant dans une extrême précarité et leur propose une pédagogie basée sur l'entreprenariat.

En mars 2016, à son initiative, un réseau d'entreprises s'engage à travailler sur l'intégration professionnelle des jeunes exclus. Il vise à accompagner les jeunes exclus en leur offrant l'opportunité de se former et s'informer sur le monde du travail et de trouver un emploi.

Le YIN - Youth Inclusion Network - est lancé !

Une soirée riche en témoignage

Au cours de la soirée, trois jeunes ont témoigné. Ils ont tous des parcours différents.

Argie a perdu sa famille très jeune et s'est retrouvé dans la rue à l'âge de 8 ans. Pour survivre, il s'est mis à mendier puis à voler et s'est retrouvé en prison à l'âge de 9 ans.

Sheralyn, issue d'une famille de 13 enfants, a dû déménager suite à la destruction de leur maison lors d'un typhon. A cause de problèmes financiers et familiaux, elle a ensuite été contrainte à interrompre ses études au collège. Ce coup du sort l'a désespérée.

Marcy, après avoir gagné pendant quelques années 120 pesos par jour en tant que vendeuse à Divisoria, s'est mariée et a déménagé pour vivre avec sa belle-famille à Smokey Mountain. Enceinte, elle pensait que sa vie allait désormais la contraindre à rester chez elle pour se consacrer exclusivement à son mari et à son enfant.

Mais après ces années difficiles dans les bidonvilles, LP4Y leur a donné, à tous les trois comme à d'autres, une seconde chance. Grâce à l'association, ils ont pu développer des compétences et avoir une nouvelle vision de leur avenir.

Argie nous explique comment LP4Y l'a transformé : "Au début, je ne voulais pas travailler dur. Quand j'ai vu l'engagement des volontaires pour nous venir en aide, j'ai réalisé que si je voulais changer ma vie, je pouvais réellement le faire. Grâce à cette expérience, j'ai réussi à décrocher un stage chez Anxa. Après trois ans, j'ai développé mes capacités et je me suis senti assez fort pour changer de travail. Je suis maintenant en poste chez CGI."

Marcy a été coachée par Nathalie : "Elle m'a toujours dit de croire en moi, que je pouvais décrocher n'importe quel travail si je le voulais vraiment. Il est possible de rêver d'un travail décent !" Après plusieurs échecs, Marcy semble "découragée et amère", mais Ate Agathe lui fait part d'une opportunité qu'elle saisit.

Sheralyn a, quant à elle, débuté il y a quelques mois un travail de réceptionniste/standardiste chez Sodexo?

"Ces jeunes sont persévérants, enthousiastes, et plein de ressources. Ils ne sont pas diplômés mais apportent aux entreprises leur envie d'y arriver. Ils leur sont reconnaissants de leur ouvrir leurs portes, et fiers car elles les aident à grandir et à devenir de meilleurs personnes" précise à nouveau Laure Delaporte, avant de s'adresser aux entrepreneurs pour leur rappeler de ne jamais craindre de "laisser tomber vos clichés et d'ouvrir vos portes à ces jeunes : vous en sortirez grandis !"

Un bon début?

Durant cette première année, une douzaine d'entreprises telles que Sodexo, Rexel, Servier, Total, CGI, Accenture, CapGemini, Décathlon se sont engagées pour sensibiliser leurs différents personnels et leurs collaborateurs à la situation de ces jeunes. Ces entreprises travaillent ensemble pour aider les jeunes et, année après année, donner l'opportunité au plus grand nombre d'entre eux, d'être formés et embauchés. Elles veulent être "le solide pont (ou l'autoroute)" reliant ces deux mondes au profit de tous.

"Si nous offrons un emploi à ces jeunes, nous leur donnons accès à un monde meilleur. Avec un salaire régulier, ils pourront subvenir à leur minimum vital (l'eau, la nourriture, un toit). Si nous offrons un emploi à ces jeunes, nous leur offrons aussi l'opportunité d'envoyer leurs enfants, frères et s?urs à l'école ou d'aider leurs parents financièrement. Si nous offrons un emploi à ces jeunes, nous leur donnons une nouvelle dimension de la vie? le droit de penser à un futur, d'avoir un projet de vie? ce qu'ils ne pensaient pas possible avant", explique Jérôme Lemouchoux, CEO de Sodexo Benefits and Rewards.

"Pour les préparer à l'embauche, nous avons besoin de partenariats avec les institutions et les écoles ; pour les intégrer, nous avons besoin d'encourager les entreprises à agir et à coordonner leurs actions en amont, comme en aval de l'embauche, à travers le réseau (visites d'entreprise, formation dans les entreprises, processus de recrutement). Au final tout le monde sera gagnant : les jeunes comme les entreprises qui s'investiront !"

Un message d'espoir et un appel aux entreprises

Vous êtes déjà engagé dans l'inclusion des jeunes ? Venez partager votre expérience avec le réseau et rejoignez le YIN !

Vous êtes sensibles à la pauvreté des jeunes ? Vous ne savez pas comment contribuer mais vous voulez aider ? Rejoignez le YIN !

Cela ne coûte rien ! Et les réunions sont peu nombreuses : 2 par an ! Davantage évidemment si vous voulez participer à des groupes de travail, faire partie du comité d'organisation du réseau?

Si vous pensez que ces deux mondes ne devraient faire qu'un, qu'il devrait y avoir plus de jeunes qui puissent traverser ce pont? rejoignez le YIN !

Il a besoin de s'agrandir pour faire plus?

Pour plus d'information, n'hésitez pas à contacter Alix Crétinon, coordinatrice du YIN : alix.cretinon@sodexo.com

Ou à consulter la page facebook du YIN

Karine CAMART (www.lepetitjournal.com/manille) lundi 27 mars 2017

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