Samedi 24 octobre 2020
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COP21 – Des poèmes pour changer le monde

Par Lepetitjournal.com aux Philippines | Publié le 29/11/2015 à 20:00 | Mis à jour le 27/11/2015 à 08:30

 

A l'occasion de la Semaine du Climat "COP 21 : The Road to Paris Starts in Manila", organisée du 4 au 10 octobre dernier, l'Ambassade de France a proposé un concours de poésie aux étudiants philippins sur le thème : "Why do I care ?" (Pourquoi m'engager ?). La participation des jeunes Philippins à cet événement est le double signe de leur prise de conscience des problématiques environnementales et du lien fort qui les rattachent à la France.

Le concours de poésie

Chaque candidat devait réaliser un "plaidoyer sous forme de poème", montrant son engagement face au changement climatique et à la protection de la planète et répondant à deux questions: "Est-ce qu'il m'importe que l'aventure de l'humanité sur Terre puisse se poursuivre ? Est-ce que je suis prêt à modifier dès aujourd'hui mon mode de vie pour que nos enfants et leurs enfants puissent vivre dans des conditions supportables ?"

 



Vingt-deux étudiants philippins ont participé au concours. Un jury, composé de Sophie QUARTIER, directrice adjointe de l'Alliance française de Manille, Juliette OMER, stagiaire Français Langue Etrangère à l'Alliance française de Manille, et François COUDRAY, professeur au Lycée français de Manille et poète, s'est réuni pour délibérer et désigner trois lauréats :
-    Christelle AGUSTIN, premier prix (à gauche sur la photographie), a remporté un séjour linguistique de quinze jours en France  ;
-    Minerva MONDAYA, second prix, s'est vu offrir le livre La Terre vue du ciel de YannARTHUS-BERTRAND ;
-    Eleisa KEN, troisième prix (à droite sur la photographie), est repartie avec le livre 365 Ways to save the Earth de Philippe BOURSEILLER .

Les participants au concours se sont réunis le mercredi 7 octobre dernier à 16h à l'Alliance française de Manille pour un temps d'échange, tout à la fois réflexif et festif, animé par Maëlle CAMMAS, attachée de coopération pour le français à l'Ambassade de France.
Après avoir proposé une lecture publique de leurs textes et découvert le nom des lauréats, les étudiants ont pu échanger sur les problématiques soulevées par le concours autour d'un goûter, en présence de Patrick DEYVANT, directeur de l'Alliance française de Manille.

Le signe fort d'une prise de conscience environnementale

Christelle AGUSTIN, étudiante en ?International Studies? à l'Université De La Salle de Manille a été encouragée par son professeur de français à l'Alliance française pour participer au concours. Quoique qu'elle considère "n'avoir pas de facilité pour l'écriture de la poésie", c'est une conversation avec son père au sujet de l'environnement qui l'a décidé à "exprimer ce qui traversait son esprit depuis longtemps". Elle affirme en effet se sentir "profondément concernée par les questions environnementales" et "(s')engage en cherchant à mener une vie sans gaspillage" mais aussi en essayant de "faire réaliser (à ses compatriotes) le danger de ces excès".

"J'ai trouvé qu'écrire un poème sur le sujet était un bon moyen pour toucher les autres."

Lectrice de Shakespeare et de Maupassant, Christelle AGUSTIN, est persuadée que "la littérature, et l'art en général, est un bon moyen pour toucher le c?ur des gens. Ainsi leur est rappelé qu'ils sont humains et peuvent ressentir des émotions susceptibles de les réveiller de leur somnambulisme." Elle souligne que "les gens travaillent sans s'arrêter, entraînés dans une vie à cent à l'heure, sans réaliser combien ils abusent et dévastent l'univers qui les entoure." Et de conclure : "L'art et la littérature permettent de leur rappeler ce qu'est vivre et ressentir : vivre et ressentir, non pas simplement sa propre vie, mais en entrevoyant les autres hommes et des perspectives partagées."

Place à la poésie

Voilà le poème de Christelle AGUSTIN.

Saignement vert

Humains, animaux ou plantes,
Ainsi on les a catégorisés,
Non sans s'estimer supérieurs
Et s'approprier le droit de les utiliser.

Quelle illusion de croire
que c'était moi ou eux !
Et j'ai pu voir plus clair
quand j'ai enfin fermé les yeux.

Au plus profond du c?ur,
j'ai perçu ce rapport :
que je suis moi-même la menace
d'une spirale sans fin.

J'ai entendu le cri de la terre
noyé dans mes propres larmes,
et, d'une fleur fanée,
senti en moi la morte beauté.

J'ai coupé les arbres
et me suis tranché la gorge ;
ses racines étaient mes pieds
et sa terre ma demeure.

Je n'avais pas compris
comme je l'aurais dû depuis longtemps
que je suis la terre
et que la terre est moi.

 François COUDRAY (lepetitjournal.com/manille) lundi 30 novembre 2015


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