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UMAR, l’association qui porte la parole féministe au Portugal

Par Nathan Hallegot | Publié le 26/02/2018 à 00:23 | Mis à jour le 26/02/2018 à 00:38
Photo : ©M.J. Sobral
Femme

La parole des femmes se libère aux quatre coins du globe depuis les révélations du scandale Weinstein. En parallèle, des associations féministes agissent depuis des années localement pour faire avancer la condition féminine dans leur pays. C’est le cas de União de Mulheres Alternativa e Reposta (UMAR) qui, depuis plus de quarante ans milite  dans ce  sens. Nous nous sommes entretenus avec deux des responsables de la structure, Manuela Tavares et Carla Kristensen.

 

 

 

Lepetitjournal.com : Que pensez-vous de la place du féminisme au Portugal?

Les féminismes prennent tout leur sens dans le monde d'aujourd'hui y compris au Portugal. Les discriminations multiples à l'égard des femmes subsistent et un mouvement féministe qui croise son programme de luttes avec celui des autres mouvements sociaux est, donc, justifié.

 
Pensez-vous que le hashtag #metoo a aussi libéré la parole au Portugal, avez vous des exemples ?

Le mouvement créé contre le harcèlement sexuel a brisé les silences, mais beaucoup de voix anonymes de beaucoup de travailleuses n'ont pas encore suffisamment émergé. Il faut faire attention aussi au silence #metoo.

Nous souhaitons que la parole se libère  et que la société commence à faire face à la responsabilité d'arrêter le harcèlement sexuel. Au Portugal ce mouvement  n´est pas encore encore significatif.

 
La tribune signée dans le monde par notamment Catherine Millet ou Catherine Deneuve est-elle légitime ?

Les opinions de Catherine Millet et Catherine Deneuve, qui confondent le jeu sexuel/la séduction librement consenti(e) avec le harcèlement sexuel, ne font que blanchir le comportement de beaucoup d'hommes et ne contribuent pas à la lutte féministe contre le harcèlement sexuel.

C'est, d'ailleurs, une confusion très dangereuse et même commune; le harcèlement part d'une relation inégale, d'une position de pouvoir de l'un envers l'autre, le harcèlement est une violence.

 

Quelles sont les manifestations organisées par l'association UMAR pour les femmes et l'avancement du féminisme au Portugal ?

Au cours de ses 41 années d'existence, l'UMAR a développé de nombreuses activités de défense des droits des femmes: contre la violence domestique (nous avons l'Observatoire des Femmes Assassinées, qui comptabilise le nombre de femmes qui  sont décédées lors de relations sexuelles), la violence sexuelle, la mutilation génitale féminine, la violence dans les relations amoureuses des jeunes, et récemment nous avons publié une étude à ce sujet basée sur un questionnaire adressé à 4500 élèves dans diverses écoles du pays.

UMAR se bat pour le droit au travail des femmes, contre les licenciements et la discrimination salariale.

Nous organisons des événements culturels féministes. Nous formons et aidons les femmes pour qu'elles puissent conquérir leur autonomie. Nous travaillons avec les écoles, les municipalités, les communautés locales et autres structures : les femmes de diverses ethnies, orientation et identité sexuelle, classes sociales et même de différentes générations.

Nous avons aussi un souci revendicatif, et donc nous soutenons les luttes, nationales et internationales, des femmes. Nous sortons dans la rue et nous manifestons que ce soit le 8 mars (jour de la femme), le 25 novembre (contre toutes formes de violence faites à l´encontre des femmes), le 25 avril (jour de la révolution) ou le 1er mai (jour des travailleurs/euses).


Propos de Manuela Tavares et Carla Kristensen, direction de l'UMAR, recueillis par Nathan Hallegot

 

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