

Inspiré du roman autobiographique et éponyme du rappeur Grand Corps Malade, Fabien Marsaud, le film Patients retrace le moment charnière qui survient au moment de la rééducation du patient, Ben, après un accident qui aurait pu le laisser paralysé. Après un plongeon dans une piscine peu profonde, le jeune homme d’une vingtaine d’années se voit dépourvu de mobilité et doit compter sur l’aide du personnel hospitalier, de ses nouveaux amis et surtout d’un mental de fer à toute épreuve pour reprendre goût. Aux antipodes du film larmoyant empli d’un pathos dégoulinant, Patients qui est sorti en salle au Portugal le 1er mars) est une ode à la vie.
Réapprendre à vivre
Lacer ses baskets, se faire à manger, se brosser les dents, se laver, se peigner… autant de verbes d’action qui paraissent d’une banalité sans nom tant on est habitué à les effectuer machinalement. Pourtant, lorsqu’il arrive dans le centre de réeducation, Ben (Pablo Pauly), l’alter-ego de Grand Corps Malade est complètement dépourvu de cette autonomie. Devenu "tétraplégique incomplet" à la suite d’un plongeon imprudent dans une piscine trop peu remplie, il doit réapprendre à vivre dans un corps dont il n’a plus la maîtrise.
Le spectateur est immédiatement confronté aux difficultés qu’éprouve le personnage principal à appréhender sa nouvelle condition. Le jeune homme qui se destinait au métier de professeur de sport est encore plein d’espoirs à son arrivée au centre. La doctoresse qui s’occupe de son dossier le fera rapidement déchanter. Qu’importe. Au lieu de nous engluer dans un pathos grotesque, Ben fait preuve d’un pragmatisme déconcertant.
Les progrès du patient s’égrènent au rythme de bandes sonores plus ou moins rapides au long du film ce qui permet de faire transparaître ses progrès de manière fulgurante. Le long-métrage a été tourné dans un centre de rééducation ce qui a permis aux réalisateurs une double lecture du handicap nécessaire à produire un film empreint de véracité. Les patients ne sont pas ici des petites choses fragiles qu’il faut ménager. Bien au contraire, ils s’épaulent, discutent et avancent ensemble vers une rédemption psychique avant d’entamer une reconstruction physique.
L’amitié, moteur de guérison
Afin de s’immerger au plus profond de cette réalité hospitalière, le tournage a été effectué dans le même centre de rééducation où avait séjourné Grand Corps Malade après son accident. Au-delà de la reconstruction personnelle, il existe aussi une dimension collective à la rédemption. Ben croise le chemin de vie d´autres patients, eux aussi, lourdement touchés. Il réapprend à vivre.
Assis en rond dans une pièce close, ils se racontent des anecdotes refont le monde, se battent, font des tournois de fauteuils. Ben rencontre aussi Samia, une jeune femme qui est immobilisé dans un fauteuil à la suite d’un accident de voiture. Une idylle se met en place entre les deux personnages même s´ils ont de la difficulté à s´avouer leurs sentiments.
Même si les dialogues qui s’établissent entre les différents personnages sont d’une banalité sans nom, c’est grâce à ces derniers que les patients avancent. Ils se soutiennent et se donnent la force nécessaire pour accepter la situation parfois difficile. Ils s’apprivoisent aussi.
GCM, couronné de succès
Largement autobiographique, le film comporte néanmoins quelques différences avec ce qui s’est réellement passé.
La carrière du slameur est au plus haut depuis la sortie de son sixième album intitulé Plan B, un clin d’oeil à la deuxième carrière qu’il envisage après la désillusion de ne pouvoir exercer le métier de professeur de sport. Il sera en tournée dans toute la France avec près de 130 concerts.
Grand Corps Malade et son film Patients sont, par ailleurs, nommés dans quatre catégories des Césars 2018 parmi lesquelles celui du meilleur film et du meilleur second rôle masculin.
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