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Mezze : La cuisine syrienne s’invite au marché d’Arroios

Par Nathan Hallegot | Publié le 23/01/2018 à 23:22 | Mis à jour le 04/02/2018 à 23:36
Mezze

Si vous vous êtes récemment rendus au marché d’Arroios à Lisbonne, le restaurant Mezze a sûrement retenu votre attention. Ouvert il y a quelques mois à peine, en septembre 2017 il a connu un succès instantané. Érigé par l’association Pão a Pão, qui aide à l’insertion des réfugiés du Moyen-Orient le restaurant a pu ouvrir ses portes grâce au financement participatif. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne désemplit pas. Au menu, des spécialités syriennes, mais surtout un échange culturel et de la bonne humeur.
  

"Mezze ne s’est pas fait en un jour"Mezze

À l’instar de Rome, le restaurant Mezze est un projet d’envergure. Quand on pousse la porte de ce petit restaurant spécialisé dans la cuisine syrienne chaque détail semble avoir été méticuleusement pensé. Du mobilier en bois clair aux abat-jours orientaux en passant par les uniformes de travail des chefs cuisinières et surtout en humant l’odeur des cuisines, nous sommes comme transportés dans cette cuisine et culture traditionnelles.

Lorsqu’elle accueille Alaa Alhariri, une étudiante en architecture syrienne, la famille de Francisca Gorjão Henriques lui demande la chose qui lui manquait le plus dans son pays. Sans hésiter, la jeune fille lui répond du tac-au-tac : "le pain". Cette réponse donne lieu à la naissance de Pão a Pão. L’association est vite montée par Francisca, cette ancienne journaliste ainsi que Rita de Melo, designer et Nuno Mesquita le manager.

Le projet initial est d’intégrer les réfugiés en important leur culture culinaire au Portugal. D’autres réfugiés syriens déjà présents au Portugal rejoignent le projet et ce dernier prend de l’ampleur. Fin 2016, sur le marché de Santa Clara, un premier test culinaire public a lieu. Il est couronné de succès ce qui encourage l’équipe à voir encore plus grand. Et pourquoi pas ouvrir un restaurant ? Bien qu’ils sachent déjà cuisiner, les réfugiés se voient dispensés d’une formation spécifique en hôtellerie, sécurité et hygiène du travail.

 
Un projet novateur empreint de traditions

Le mot "mezze" renvoie aux traditions des pays du Levant. Serenah, employée du restaurant explique qu’il s’agit de "mélanger différentes sortes de plats dans des petites assiettes" pour "picorer à droite et à gauche comme lors des fêtes traditionnelles ou des repas de famille". Ainsi, il est possible de partager en toute convivialité les plats typiques parmi lesquels le houmous, la moussaka ou encore le hanoush; toujours avec le fameux pain pita.

Et à ces traditions se mêle la modernité du concept. En effet, pour pouvoir ouvrir et équiper le Mezze, l’association a fait appel aux dons en mettant en place un financement participatif. C’est une pratique de plus en plus courante, chez les artistes notamment qui financent leurs projets indépendamment de maisons de disques par exemple. Aussi, cela a permis de récolter 23.000 euros, une coquette somme qui démontre l’engouement de la communauté portugaise face à ce projet.

Mezze

Un "melting-pot" édifiant

Ce projet qui à présent fonctionne,  continue d’attirer plusieurs dizaines de clients du mardi au samedi. Mais rien de tout cela n’aurait été possible sans l’apprentissage de la langue. En effet, en plus d’être un restaurant, il s’agit aussi d’un local associatif dédié à l’échange et à l’apprentissage culturel. Des ateliers de danse, de musique et aussi d’écriture sont montés à l’intention de femmes syriennes.

Serenah, une des serveuses affirme que si pour les réfugiés de sexe masculin, "trouver un travail était plus aisé", elle s’accorde à dire que ce projet a "beaucoup aidé les femmes." Elle poursuit en déclarant que "les femmes dans leur pays d’origine ne travaillant pas, elles éprouvaient en arrivant au Portugal la nécessité de travailler et de ce fait, de s’intégrer par le travail."

Et l’intégration semble réussie. La barrière de la langue est dépassée car tous les salariés s’expriment dans un portugais courant. Après plusieurs années de difficultés les derniers visas de réfugiés politiques leur ont tous été délivrés et leur permettent de pouvoir respirer de nouveau dans un pays qui les a pleinement adoptés.

 

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