Dimanche 27 septembre 2020

FLORENCE MANGIN – "Un message d’amitié" pour l´année 2020

Par Maria Sobral | Publié le 15/01/2020 à 23:00 | Mis à jour le 15/01/2020 à 23:38
Photo : ©M.J. Sobral
FLORENCE MANGIN, ambassadrice de France au Portugal


En ce début d'année, Lepetitjournal.com Lisbonne a rencontré Florence Mangin, ambassadrice de France au Portugal qui a souhaité transmettre ses vœux et un message d´amitié à la communauté française au Portugal. Elle évoque également les relations franco-portugaises et les moments forts à venir pour 2020. Cette nouvelle année sera principalement marquée par une actualité politique et culturelle forte. 

 

Lepetitjournal.com : Madame l´ambassadrice, en ce début d´année quel message souhaitez-vous adresser à la communauté française ?
Florence Mangin : J'ai déjà envoyé un message à la communauté française, du moins à ceux qui sont inscrits sur le registre consulaire, comme  je l'avais déjà fait lors de mon arrivée au Portugal. Je voudrais donc adresser mes meilleurs vœux à nos compatriotes, d´abord d´un point de vue personnel pour leur famille et leurs proches, je voudrais leur souhaiter une très bonne santé, c´est important parce que cela structure tout le reste. Je leur souhaite beaucoup de projets et de réalisations au Portugal. C'est un message d'amitié et d'intérêt pour les uns et les autres au plan humain et professionnel.

 

Pouvez-vous tirer un premier bilan relatif à vos fonctions d'ambassadrice depuis votre prise de poste en mai 2019?
Cela est passé très vite. J'ai fait connaissance avec les différents acteurs portugais et français. J'ai essayé de mieux comprendre la réalité et la vie politique portugaise, noué des contacts avec des acteurs de la vie culturelle, économique et politique. J'ai pu rencontrer des chefs d'entreprise français et portugais. J'ai rencontré de nombreux acteurs de la vie culturelle, notamment dans la perspective de la future saison France-Portugal. Cela s'est fait avec beaucoup de fluidité et de bienveillance.

 

Quels sont les thèmes d'actualité pour 2020 dans le cadre des relations franco-portugaises ?
Dans un premier temps, j´évoquerai les sujets européens : nous avons de nouvelles institutions européennes, le nouveau programme de travail de la Commission Européenne arrivera bientôt. Nos deux pays sont en harmonie intellectuelle et politique très forte sur tous ces enjeux européens. Nos autorités ont une vraie vision et une volonté pour l´Europe. Donc un des grands chantiers entre Paris et Lisbonne, et pour nous aussi les ambassades, c'est de bâtir sur ces proximités politiques des positions qui permettent aux grands enjeux européens de progresser. Nous allons également suivre avec intérêt la préparation de la présidence portugaise de l'UE l'année prochaine, la présidence française suivra peu de temps après.
Sur le plan bilatéral, une chose qui est à souligner, c´est la poursuite de la très bonne qualité du climat des affaires : nous souhaitons que plus d'entreprises portugaises aillent investir en France et que l'intérêt des entreprises françaises pour le Portugal se maintienne.

Il y aura également la nouvelle saison culturelle France-Portugal en 2021-2022. Le travail sur ce sujet a commencé, les commissaires ont été nommés : Victoire De Rosa (France), João Pinharanda (Portugal) et Emmanuel Demarcy-Mota comme président de la Saison. La première réunion du comité d'organisation a eu lieu avant Noël, la prochaine aura lieu début avril à Lisbonne. Le travail de programmation a commencé pour avoir sur les territoires des deux pays des initiatives, des activités et des événements qui illustrent la diversité et la richesse de notre relation bilatérale. Toute l´année nous allons travailler à la  préparation de ce grand moment.

En ce mois de janvier, nous sommes en train de mettre la dernière main à la « Nuit des Idées », qui aura lieu le 30 janvier et qui avait été un franc succès l'an dernier. L´événement se tiendra à la Fondation Calouste Gulbenkian  et le sujet traité cette année est très vaste et engageant : « être vivant ». Nous aurons des invités portugais et français. Il y aura plusieurs déclinaisons de ce sujet « ser e estar vivo » aux plans de l’éthique, de la recherche scientifique et de l'engagement citoyen. Nous espérons qu'il y aura une affluence aussi massive que l'an dernier, avec la même implication du public dans les débats.

Pour terminer, s’agissant de l´enseignement du français, nous poursuivons nos efforts pour renforcer l'apprentissage du français au Portugal chez les jeunes générations. Nous avons un accord de coopération éducatif et linguistique avec le Portugal, entré en vigueur l´année dernière, sur la base duquel nous avons commencé à développer toute une série d´outils et d´initiatives pour promouvoir et renforcer l'enseignement du français au Portugal. Il y a, à Porto et à Lisbonne, à coté des établissements existant, des initiatives de nouvelles écoles françaises par des promoteurs privés pour développer l´offre d´enseignement du français au Portugal et nous accompagnons cette offre pour que tout se passe de manière cohérente et sans concurrence entre les acteurs.

 

Quelle importance représente la saison culturelle 2021-2022  dans la relation bilatérale franco-portugaise ?
C'est un moment à forte visibilité, pendant 8 mois, avec des initiatives dans les deux pays en même temps. L'idée est de  moderniser la perception que chaque pays a de l'autre, travailler sur la jeunesse,  l´Europe - qui sera un des fils conducteurs, et l'égalité entre les hommes et les femmes. Il faut donner à voir la richesse, la complexité et l'excellence de la relation entre les deux pays dans tous les domaines. Du côté français, un comité des mécènes sera mis en place avec des entreprises françaises qui contribueront au financement de projets, mais aussi pour les entreprises qui voudront mettre en avant une collaboration entre les deux pays.


 
Des visites officielles sont-elles prévues en 2020 ?
Le ministre de la Défense portugais se rend cette semaine à Paris ; nos armées travaillent étroitement ensemble, en particulier en Afrique, de manière opérationnelle. Le Ministre des Affaires étrangères français viendra sous peu au Portugal également. Nous espérons aussi la venue d’autres autorités ministérielles, pour évoquer notamment la coopération dans le domaine de l'espace ou de l'éducation. Mais aucune date n´est fixée. Nous attendons également la visite du Président de la République au Portugal. Il souhaite venir et il l'a dit à ses homologues portugais. Nous espérons qu'en 2020 ou 2021, une visite d'Etat aura lieu au Portugal.

Nous avons également beaucoup d'autres échéances : l´une qui s’est déroulée la semaine dernière avec le lancement de la saison France à la Casa do Música à Porto,  en mars il y aura la semaine de la francophonie, et le 16 avril une opération qui sera renouvelée pour la sixième fois qui s'appelle « Goût de France – Good France ». Un moment qui fera valoir l'excellence gastronomique française dans tout le Portugal.

 

Quels sont les thèmes qui attirent davantage votre attention dans le cadre de la vie politique et sociétale au Portugal ?
Nous avons suivi avec un très grand intérêt les élections législatives. Il y a eu jusqu'à maintenant un « modèle portugais » dont d'autres pays se sont inspirés. Il y a une spécificité portugaise dans la vie politique qui est très intéressante. Au plan politique, une des questions sur lesquelles j'aimerais me pencher est celle de l'abstention : plus significative au Portugal que dans d'autres pays européens. La problématique de la jeunesse est aussi importante à mes yeux : on connaît bien les personnes qui ont des responsabilités et qui ont souvent un certain âge, mais j’aurais aujourd’hui plus de difficulté à dire à quoi rêve la jeunesse portugaise. Je trouve important d'essayer, petit à petit, de mieux connaître et comprendre ces nouvelles générations.
 
 

La communauté française s'est accrue de manière conséquente ces dernières années, quel impact cela a-t-il sur les relations économiques franco-portugaises ?
Oui, en effet, l'augmentation du tourisme est significative. La manière très courageuse par laquelle le Portugal est sorti de la crise économique qu’il a connue a eu un effet d'attractivité remarquable. Des entreprises françaises développent les activités qu'elles avaient déjà ici, ou bien viennent s'installer dans le pays. L'ambassade constate cet intérêt des entreprises françaises, cherche à les accompagner mais également à animer un réseau d'affaires qui s´étoffe, donc c´est une responsabilité plus grande pour nous. Au niveau collectif, leurs représentants qui sont actifs : la Chambre de commerce, les Conseillers du Commerce Extérieur et des associations plus spécifiques. Cet engouement n'est pas que français : les Anglais, les Brésiliens et les Allemands sont également très présents ici.

l y a aussi les élections consulaires au Portugal le 17 mai, qui concernent les représentants des Français résidant ici. Cela sera une échéance importante pour les Français du Portugal cette année.

Enfin, comme l'avait fait mon prédécesseur, j'ai à cœur d'ouvrir au maximum le Palais de Santos, siège de l’Ambassade de France à Lisbonne, pour des initiatives politiques, culturelles, économiques et sociales. Toutes les propositions qui viendraient des uns et des autres sont les bienvenues pour que cette ambassade, qui est un lieu de la France, soit le plus accessible possible.

 

Avec la collaboration de Guillaume Bermond

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