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Patrick Mille : "Le cinéma français a apporté une certaine liberté"

Par Christopher Marques | Publié le 27/10/2017 à 01:12 | Mis à jour le 29/10/2017 à 11:20
Photo : Patrick Mille
Patrick Mille Going to Brazil

"Going to Brazil" est la première comédie réalisée par l’acteur et réalisateur Patrick Mille. Ce Franco-portugais a présenté ce film dans le cadre de la Festa du cinéma français qui s’est déroulée du 5 au 15 octobre à Lisbonne et continue jusqu’au 12 novembre dans plusieurs villes portugaises. En ce moment, Mille est aussi à l’affiche du filme "Django" d’Étienne Comar. De passage à Lisbonne, celui-ci a accepté de rencontrer Lepetitjournal.com

Né à Lisbonne en 1970, c’est en France que Patrick Mille s’est construit une carrière. Ce Franco-portugais a commencé par faire du théâtre mais c’est à la télévision qu’il se trouve une place auprès du grand public.

À la fin des années 90, Patrick Mille interprète Chico, personnage qui apparaît à plusieurs reprises à la fin de l’émission comique "Nulle Part Ailleurs" de Canal Plus. La comédie est toujours proche de Patrick Mille. Il joue dans "People" (2004),  "L’Incruste" (2004) ou "La Doublure" (2006). Il est actuellement à l’affiche du film "Django" d’Étienne Comar qui est en exhibition dans les salles de cinéma portugaises.

En 2012, Patrick Mille réalise son premier long-métrage, le drame "Mauvaise Fille". En 2016, il signe "Going to Brazil", sa première comédie. Ce film nous raconte l’histoire de trois copines invitées au mariage de leur meilleure amie qui tuent accidentellement le fiancé. Une aventure comique commence alors avec aussi une satire à la société brésilienne empreinte d’esprit critique. Le film "Going to Brazil" a été présenté par Patrick Mille à Lisbonne le 10 octobre et le 11 octobre, ce film a inauguré la Festa du cinéma français à Almada.

En quelques mots, qu’est-ce que le film "Going to Brazil" représente pour vous ?

Ce film est quelque chose d’important pour moi car c’est ma première comédie, un genre que j’aime beaucoup. C’est aussi ma façon de voir un pays que j’adore et qui m’obsède depuis longtemps. Je ne pensais pas que le résultat serait celui-là mais finalement c’est celui que j’ai eu.

"Going to Brazil"
"Going to Brazil"

Quel résultat attendiez-vous ?

Quelque chose de plus cool. Cette comédie n’est pas cool dans le sens où c’est violent et il y a des affaires.

Mais même sur les scènes les plus violentes vous avez toujours des artifices pour qu’elles soient plus légères.

Oui, j’essaye toujours de désamorcer les choses. Mais un film finit toujours par vous échapper un peu. Il révèle certaines choses, d’une manière humoristique, qui montre la vérité d’un pays.

Ce film présente une critique à la société brésilienne. C’était votre volonté ou simplement un moyen d’être comique?

J’essaye toujours de faire en sorte qu’il y ait une part de vérité dans le comique. Le comique ne m’intéresse que s’il naît d’une vérité. Aller au Brésil et y passer six mois pour l’écriture m’a changé. J’ai vu des choses qui ont bouleversé le scénario.

Vous avez découvert un Brésil que vous n’attendiez pas?

Oui. Pour moi, le Brésil était tout ce que l’exportation brésilienne nous fait passer : les sourires et l’idée que c’est super. Finalement, il y a ce Brésil mais aussi un autre Brésil avec des fractures sociales énormes. Je n’ai pas voulu faire un film social, j’ai fait une comédie. Mais une comédie où le décor est la vérité. Ce film aurait pu être un drame ou un thriller et le décor et l’intrigue pourrait être les mêmes.

"Going to Brazil"
"Going to Brazil"

Le Brésil vit encore une crise politique, suite à la destitution de Dilma Rousseff et à l’accession au pouvoir de Michel Temer. Cette situation a impacté votre film?

Non. J’ai écrit ce film avant Dilma Rousseff. Le film a été écrit à un moment où le Brésil allait très bien. Lula da Silva était encore au pouvoir et le Brésil venait d’obtenir l’organisation de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques.

Vous participez, ici à Lisbonne, à la Festa du cinéma français. Selon vous qu’est ce qui différencie le cinéma français?

Le cinéma français a apporté une certaine liberté. Avant on avait une grande écriture, avec des personnalités comme Renoir, Prévert et Carmet. Ensuite, la Nouvelle Vague a révolutionné et a montré qu’on pouvait faire un film avec une équipe réduite. C’est cette liberté, cette "French Touch". C’est un peu comme au rugby, où tout a coup il y a une grande désorganisation avec laquelle on arrive à faire quelque chose. C’est très brésilien aussi.

Vous êtes né au Portugal. Quelle image avez-vous du cinéma portugais?

Je trouve que la nouvelle production portugaise a des choses formidables. Des films vraiment incroyables. Et après on a les films anciens. J’adore Monteiro. On a aussi Manoël de Oliveira, c’est quelque chose d’inouï, c’est une œuvre. Le cinéma portugais a longtemps été des œuvres à part.

Le cinéma portugais à des difficultés à se faire connaître du grand public, ce n’est pas le cas du français.

Oui mais ce n’ai pas toujours le cas. Le film "Ce cher mois d’août" de Miguel Gomes a bien marché en France. Il y avait un souffle, quelque chose de très étonnant. Le cinéma portugais est très artistique, très investit, très auteur. Mais vous avez beaucoup de films qui sont très modernes avec des acteurs formidables. Il y a de la matière – écriture et acteurs – pour faire un cinéma fort.

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