Édition internationale

SINTRA - "Parque da Liberdade"

Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 mai 2016

Véritable salle de réception de celui qui vient jusqu'à Sintra, ce jardin est certainement le plus visité de la région. On le trouve facilement sur le chemin qui va nous mener de la gare de chemin de fer jusqu'au  centre-ville. Il a été fondé, en 1937, destiné à l'époque aux Sintrenses en quête d'un peu d'exotisme dans un lieu déjà privilégié par la nature exubérante alentour. Aujourd'hui, ce qualificatif de parc exige que l'on s'en occupe bien, qu'on le bichonne le plus possible,  pour l'agrément des résidents de la ville comme pour ceux qui ne sont que de passage.

Un jardin "Romantique"
C'est un exemple de jardin de conception purement romantique, s'inspirant des jardins anglais où le mot d'ordre est la profusion d'espèces en tout genre provenant des quatre coins du monde, mais  en y incorporant également des arbres, arbustes et plantes herbacées endémiques de cette région située au nord de la capitale et proche de l'océan Atlantique, sur ce massif montagneux aux caractéristiques bien particulières.  Le résultat en est une incomparable beauté naturelle qui s'en dégage. Les camélias (Camelia japonica) aux fleurs rouges ou blanches bien voyantes entre l'hiver et le printemps, les magnolias d'espèces de différentes sortes (Magnolia macrophylla ou soulangena ou stelata du Japon), les fougères, qu'elles soient arborescentes ou épiphytes,  ces dernières s'accrochant aux grosses branches des arbres, les conifères de toutes sortes et de port différent, tout est là pour démontrer la capacité d'un tel lieu à multiplier la diversité botanique.

Un sol et un climat exceptionnel


Rappelons à ce propos que le massif montagneux de Sintra est exceptionnel par sa spécificité de terrain acide dans cette région au nord de Lisbonne, l' Estremadura portugaise, qui est en règle générale de caractère calcaire au niveau des composants du sol. Ainsi, sa végétation se démarque du maquis traditionnel  de type méditerranéen, composé essentiellement de genet, d'arbousiers, de pruniers sauvages, de lauriers  ou d'oliviers sauvages, pour accueillir en son sein des plantes  se rapprochant davantage de ce que l'on pourra trouver, par exemple, dans l'archipel du Japon ou dans celui des Açores. A cela, il faudra y ajouter  un climat humide tout au long de l'année, les nuages provenant de l'océan s'y accrochant presque systématiquement, quand ce n'est pas une brume ou un brouillard qui persistent jusqu'à une heure tardive de la journée, même à la belle saison. Cette humidité quasi constante permet également un développement extraordinaire de mousses sur les murs, de lichens et champignons en tout genre capables de dégrader toute la matière organique qui s'y accumule.

Une végétation exubérante
Pour revenir à l'espace qui nous intéresse, il a été conçu pour épouser un versant de colline légèrement incliné et garde en son sein d'innombrables recoins mystérieux,  des petits chemins tortueux, des blocs de granit dispersés et même une mini-grotte renfermant une chapelle insolite consacrée à Notre-Dame da Pena.  Ainsi, c'est une véritable invitation à une promenade agréable dans un lieu préservé des agressions extérieures, bien que le cadre général, qui entoure cet espace vert, ait gardé un charme bien marqué où la modernité a du mal à s'imposer. Plusieurs fontaines et bassins rappellent l'élément liquide, indispensablement présent dans une nature exubérante.

Comme arbres notables, on trouvera deux représentants du genre araucaria, celui de l'île de Norfolk (heterophylla) de forme triangulaire et celui de Queensland, en Australie,  (bidwillii) à la végétation épineuse. De très nombreux ifs (Taxus baccata) sont  aussi présents, ainsi que des châtaignés et le laurier de Victoria (Pittosporum ondulata), un envahisseur provenant d'Australie et qui, associé aux mimosas aux fleurs en forme de boules jaunes (Acacia dealbata),  est capable de tuer toute la diversité existant auparavant dans la montagne de Sintra. On croisera également un immense platane composé de trois troncs distincts. Comme buissons denses, surtout des massifs d'Aucuba japonica, que les Portugais appellent la plante "à la poussière dorée" et pour finir des plantes aux fleurs colorées; clivias, brugmansia (datura arborée) ou  agapanthes.

Dans ce jardin une note orientale


Seule touche négative à tout cela, l'espace consacré au jardin japonais et à son pavillon qui subsiste difficilement aujourd'hui, composé de quelques plantes qui ont résisté à l'abandon et au manque d'entretien depuis une dizaine d'années. A l'origine, le "théâtre virtuel", qui en était la pièce central, avait été utilisé dans le pavillon japonais  lors de l'Exposition Universelle de Lisbonne, en 1998, et offert ensuite à la ville de Sintra par l'Ambassade du Japon en relation au jumelage de la ville portugaise avec celle d'Omura (Nagasaki) , depuis 1997. Dans le jardin crée de toute pièce au début, on y trouvait un petit pont en bois enjambant un ruisseau, des massifs de bambous bien épais, des genévriers  (Junipérus sempervirens), un bel érable du Japon (Acer palmatum) au feuilles rouges et d'autres éléments caractéristiques de ce style de jardin où le minéral a autant d'importance que le végétal et l'élément  liquide. Depuis, même les sentiers en dalles noires, qui le composaient, se distinguent mal et la seule intervention régulière est celle d'enlever les mauvaises herbes qui ont tendance à l'envahir. Il faut espérer que cette situation déplorable change au plus vite, d'autant plus que c'est peut-être dans tout le pays le seul exemple notoire de ce type de jardin venu d'Extrême-Orient.

Un espace de loisirs
Tout en haut du parc, près du portail, on trouvera une sculpture de Linda de Souza, inaugurée le 8 mars 2015, journée de la femme, rendant hommage à Carolina Beatriz Angelo, qui fut la première femme à voter au Portugal, en 1933, sous le régime du dictateur António Oliveira Salazar. Cette statue est cependant relativement bien cachée, donc un défi lancé pour la trouver.

Pour que ce parc remplisse le rôle qui lui a été assigné, il faudra à l'avenir le maximum de compétence et de responsabilité pour que son entretien permette d'en profiter à loisir pour le bien-être de tous.

André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 6 mai 2016
technicien agronome - laurins.andre@gmail.com

Visite en français avec André Laurins le dimanche 15 mai de 10h30 à 12h30. La participation sera de 5 euros et une documentation fournie.
Inscriptions : Tel. 914 699 247

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Publié le 5 mai 2016, mis à jour le 6 mai 2016
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