Édition internationale

JARDIN DE SANTOS – Un jardin à la végétation dense et diversifiée

Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Tout le monde connaît ce jardin à deux pas de la gare de train du même nom, mais rares sont ceux qui le désignent par son nom officiel de Jardin Nunes Alvares. Ce jardin est une référence du quartier de Santos, tout comme la belle église toute rose rattachée au Palais de Santos, où est installée l'Ambassade de France depuis 1948, ancienne légation de France, louée par le Comte Armand, à partir de 1870, acheté par le gouvernement français le 14 Août 1909, un siècle après l'invasion française des troupes napoléoniennes commandées par le Maréchal Junot, occupation qui dura huit mois entre 1808 et 1809.

(Photos : M.J. Sobral)

Un oasis de verdure
Pas très grand, avec moins d'un demi hectare de superficie, le jardin de Santos est tout de même très apprécié en plein été pour l'ombre généreuse qu'il fournit grâce à sa végétation dense et diversifiée. En hiver, il ne change pas beaucoup d'aspect non plus, puisque la plupart des plantes, arbustes et arbres qui le composent sont de feuilles pérennes ou persistantes. A la venue du printemps, c'est l'allée de jacarandas (Jacaranda mimosifolia) qui le longe sur un côté qui est à l'honneur,  quand débute la floraison couleur violette de ces arbres brésiliens. Mais ce sont certainement les tipuanas (Tipuana tipu), le délimitant côté avenue 24 de julho, qui rendent le plus cette sensation d'oasis de verdure par l'étendue de leur envergure, la densité de leur feuillage et leur port imposant. Cet alignement, composé par sept arbres énormes ayant plus de 20 mètres de hauteur, a résisté à une sérieuse tempête ou mini-cyclone, qui a dévasté la capitale portugaise, en 1941. Véritable écran de protection contre le bruit quasi incessant du trafic automobile, du moins dans la journée, de cette grande artère de Lisbonne.

Le tipuana ; un arbre tropical d'Amérique du Sud


On peut signaler que le tipuana est lui aussi originaire des forêts tropicales d'Amérique du Sud (Brésil/Argentine/Bolivie), son nom provenant de la langue indigène tupi-guarani et qu'il est aussi nommé "Orgueil de Bolivie". En mai et juin, ces arbres se parent de multiples fleurs jaunes qui, une fois tombées, s'associeront à celles des jacarandas pour former un tapis multicolore. De la famille des légumineuses, plus précisément  de celle des Fabaceae, ses graines en forme d'hélice ou samares resteront accrochées aux branches longtemps après leur apparition, repère assez visuel pour reconnaître l'arbre plus facilement. A Lisbonne, les tipuanas sont très utilisés comme plante ornementale et on les trouve partout, comme sur l'avenue Conde de Valebom, celle qui va du parc de la Gulbenkian vers l'Institut français, ou dans le parc Eduardo VII, dans le jardin des Amoreiras, ou encore dans le très riche jardin tropical de Belem.

De beaux exemplaires de bel-ombres

En compagnie des tipuanas, pour revenir à Santos, nous trouverons des bel-ombres (Phytolacca dioica) aux troncs énormes et difformes ayant de nombreuses branches partant directement de la base des arbres, qui ont la faculté de faire des réserves d'eau pour tenir ensuite en période de sécheresse prolongée, ce qui est souvent le cas dans leur lieu d'origine, puisqu'ils proviennent de la Pampa (Argentine/Chili). C'est un arbre à feuille caduque, donc complètement dénudé en hiver, qualifié de « dioique" par son épithète scientifique, car il y a des arbres mâles et d'autres femelles, ces derniers étant les seuls à donner des fruits non-comestibles s'il y a eu fécondation. L'arbre est dans son ensemble toxique et ne risque pas d'être attaqué par un herbivore ou autre. Sa croissance est rapide, mais tout en
étant bien répandu dans Lisbonne, il peut détériorer sérieusement trottoirs ou grilles de jardin si on le plante sans penser à long terme, comme c'est le cas sur le trottoir qui mène de la Sé-cathédrale à la terrasse de Santa-Luzia ou bien dans le jardin de Estrela où il a fallu couper dernièrement l'exemplaire qui se trouvait proche de l'entrée, côté basilique.

Une végétation dense et diversifiée

Les palmiers sont aussi bien représentés dans ce jardin de Santos avec ceux des Canaries (Phoenix canariensis) ou des hybrides (Phoenix sylvestris), ces derniers prenant davantage de hauteur. A l'ombre de tous ces arbres assez imposants, plantés pour la plupart à la création du jardin, en 1873, vivent de nombreux arbustes ou petits arbres tels les arbres de Judée ou gainiers (Cercis siliquastrum), des grenadiers (Punica granatum) originaires d'Asie et acclimatés depuis longtemps à l'espace méditerranéen, ainsi que des viornes (Viburnum tincus) endémiques du Portugal de feuilles vert sombre, pérennes et se parant de milliers de petites fleurs blanches en hiver, qui donneront ensuite des grappes de fruits ou bagues à la couleur bleu métallique.
Les magnolias sont représentés par deux espèces différentes ; le Magnolia soulangena qui est un cultivar (crée artificiellement)  pouvant atteindre 6 mètres de hauteur et un plus classique Magnolia stelata provenant du Japon et ne dépassant pas les 3 mètres.

Un jardin romantique
Ce jardin peut être qualifié de romantique grâce à toute  l'ombre généreuse qu'on y trouve, à ses chemins étroits, à ses recoins discrets et à la profusion de bancs publics où l'on peut se délasser à loisir et s'éloigner un moment de l'activité urbaine environnante.


André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) reprise du vendredi 30 mars 2012

Technicien agronome (laurins.andre@gmail.com)

logofblisbonne
Publié le 2 avril 2013, mis à jour le 5 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos