Édition internationale

CINEMA - "Capitães da areia" : un voyage dans l´envoûtante cité de Salvador de Bahia

Écrit par Lepetitjournal Lisbonne
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Un très bel hommage à l'?uvre du poète et romancier Jorge Amado décédé en 2001. Inspiré de l'ouvrage Capitaines des sables paru en 1937, sa fille a tenté le pari difficile de faire vivre en image ce roman.

Brésil : Un pays des extrêmes
Salvador de Bahia, ses cultes afro-américains, ses ruelles en pente, son architecture coloniale, ses vendeurs de légumes, et puis l'histoire des enfants des rues. Dora, Pedro Bala, Professor et tous ces gamins s'organisent chaque jour pour tenter de survivre.  Balancés entre leur innocence juvénile et la cruauté de la rue, on est plongé dans  leur quotidien, mêlant rire, drogue, vol et jeu. A travers leur histoire singulière, c'est un pays que l'on découvre, avec toutes ces ambigüités, oscillant entre joie et difficulté de vivre. Un pays des extrêmes, tant dans l'exacerbation des sentiments que dans l'injustice des conditions sociales. François Laplantine, anthropologue, le souligne à juste titre en parlant du Brésil : "Quand on aime ou quand on déteste, quand on rit ou quand on pleure, quand on se soumet ou quand on se révolte, c'est totalement"

La solidarité
Et au delà de tout, la force qui émane du quotidien c'est la solidarité entre tous : enfants, mendiants, prêtre, commerçants? C'est bien de cela dont il est question et que nous avons un peu oublié de ce côté-ci de l'atlantique. L'entraide pour survivre ou pour mieux vivre. Une histoire d'amour de deux enfants, si simple et si vraie, ou comment l'on peut revivre au travers de ces deux personnages l'innocence et la légèreté de l'enfance.

Une première ?uvre réussie


La réalisatrice a réussi le pari difficile de nous faire voyager dans l'univers teinté et coloré de Salvador de bahia. Les prises de vue sont  magnifiques, le choix des couleurs, la justesse de la lumière, la bande originale nous offre un sublime tableau vivant de Salvador de bahia.  C'est un film en mouvement, des courses effrénées des enfants de rues, des rites du candomblé en passant par l'apprentissage de la capoeira. Cecília Amado transpose avec justesse et audace, ce trait particulier de la culture brésilienne, le corps toujours en mouvement, le premier instrument d'expression des souffrances et des joies, qui s'exprime en toute circonstance.

Alors nous ne pouvons que saluer cette première ?uvre de la réalisatrice, qui nous emmène pendant deux heures dans un voyage sensoriel au c?ur de l'envoutante cité bahianaise. Le spectateur en ressort "totalement" bouleversé. À la fois une critique sociale et une belle leçon d'humanité et d'amour.

Elsa Loupiac (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 11 mai 2012
(elsa.loupiac@hotmail.fr)

Trouver une salle près de chez vous ici

logofblisbonne
Publié le 11 mai 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos