Lima reconfine : protection physique ou agression psychologique ?

Par Guillaume FLOR | Publié le 01/02/2021 à 08:00 | Mis à jour le 03/02/2021 à 16:10
Photo : © David Ress - Unsplash
confinement lima covid

Deuxième confinement stricte pour la capitale péruvienne face à la pandémie du Covid-19 : un nouveau coup de massue sur la tête des Liméniens ou une nécessité ? Nous leur avons posé la question.

Un jour, le virus finira par s’éteindre mais il aura fait beaucoup de dégâts, psychologiques et économiques. Alors, face à cette nouvelle étape de la crise, au moment de reconfiner, que pensent les Liméniens de cette nouvelle épreuve, Le Petit Journal de Lima a recueilli leurs réactions :

 

« Ce nouveau confinement est positif et justifié mais il me semble que les mesures auraient dû être plus intelligentes en se basant sur les critères de la première quarantaine. Il y a des mesures qui sont incompréhensibles et d’autres qui n’ont aucun sens. Toutes ces mesures devraient être expliquées par le Gouvernement. Par exemple, récupérer sa commande directement dans un restaurant, c’est interdit, alors qu’il est possible d’aller à un supermarché qui est un lieu fermé. Même si on est déjà passé par un confinement, les gens n’arrivent pas à s’y habituer donc c’est pour ça qu’il faut continuer d’expliquer. Si les gens avec de l’éducation n’arrivent déjà pas à comprendre alors ceux sans éducation… Il faudrait que le Gouvernement fasse un effort plus important avec plus de pédagogie, de publicités dans les médias de communication… pour moi, ce qui est fait actuellement n’a pas suffisamment d’impact », José Carlos (Péruvien).

Nous payons pour ceux qui ne respectent pas les règles

« Je crois que les lieux où il doit y avoir des restrictions, ce sont les lieux où se réunissent les gens et non, interdire les gens à sortir marcher. Nous payons les conséquences pour les gens qui ne respectent pas les règles. Ceux qui font attention, qui respectent les règles, sont ceux qui au final subissent les conséquences. Ce qu’il faut éviter c’est l’agglomération de personnes, ce n’est pas empêcher les gens de sortir marcher. Pour moi, c’est une véritable privation de liberté. Les gens qui ne respectent pas vont continuer à ne pas respecter lors de ce confinement et ceux qui respectent se sont ceux qui vont être contrôlés », Alfredo (Péruvien).

Pour moi, c’est une véritable privation de liberté

« En réalité, ce confinement est nécessaire parce que la situation du Pérou et de l’Amérique latine est catastrophique. Donc il n’y a pas d’autre solution que d’appliquer une quarantaine pour que les gens soient obligés, par la force, à respecter les restrictions de façon à réduire les contaminations. Je comprends que c’est un problème pour l’économie mais le problème de la contagion du virus est bien plus important. Si on résout la question de la santé, on résout le problème économique et social. Pour moi, ce confinement n’est pas une privation de liberté, la priorité absolue reste la santé, pour toute la société », Valentina (Brésilienne).

La priorité absolue reste la santé

« Je ne sais pas vraiment si c’est positif ou négatif mais ce qui est sûr c’est que ça fait peur pour l’économie. Je ne pense pas que l’on devrait avoir une quarantaine stricte, on devrait rester avec un couvre-feu, avec des restrictions, mais pas avec un confinement total pendant lequel les gens ne peuvent pas travailler. Ce qui fait vraiment peur, si on ne peut plus travailler, c’est de ne plus pouvoir payer son loyer, se nourrir… D’un autre côté, c’est peut-être nécessaire pour les gens qui continuent de faire des fêtes en pleine pandémie prennent enfin conscience qu’il faut respecter les règles pour en terminer avec tout ça. Au final, je suis à 50-50 entre les conséquences économiques et la gestion sanitaire », Jorge (Péruvien).

Ce qui fait vraiment peur, si on ne peut plus travailler, c’est de ne plus pouvoir payer son loyer, se nourrir…

« C’est un véritable coup au moral, on ne s’y attendait pas, avoir des restrictions supplémentaires oui, c’était logique, mais un nouveau confinement, c’est dur. On est encore privé de certaines de nos libertés à cause de l’inconscience de certains et du non-respect des principes barrières. Et nos enfants vont encore se retrouver privés de tout contact avec leurs camarades, contact nécessaire à leur développement, sans parler des conséquences catastrophiques sur l’éducation de tous les enfants du Pérou qui se retrouveront une fois de plus sans école et sans enseignement », Ingrid (Française).

Ce qu’ils cherchent avec ce confinement, c’est qu’il n’y ait pas d’élections

« À ce niveau, tout est important, mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que toute cette situation, nous la devons à Vizcarra qui a très mal géré la pandémie. C’est à cause de tous ses mensonges que nous sommes de nouveau en quarantaine. Les gens de mon âge [troisième âge], nous sommes fatigués d’écouter tous ces mensonges, comme avec ce président [Sagasti] qui continue avec les mêmes idées et qui ne représente pas l’alternative nécessaire à notre pays. Ce qu’ils cherchent avec ce confinement, c’est qu’il n’y ait pas d’élections », Maximo (Péruvien).

C’est la meilleure manière de nous protéger

« Je considère définitivement que le confinement est quelque chose de positif parce cela nous aide à maintenir la distanciation sociale. Lamentablement, la mentalité des latino-américains est un peu têtue, donc je pense que c’est la meilleure manière de nous protéger. C’est une crise mondiale, pas seulement nationale, donc nous devons nous conformer à la gestion de cette crise sanitaire comme dans tous les pays », Franz (Péruvien).

 

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Guillaume FLOR

Responsable de l'Édition Lepetitjournal.com de Lima au Pérou. Diplômé en Sciences de l'Information et de la Communication. Depuis plus de 20 ans hors de France : Mexique, Canada, Equateur, Costa Rica, Colombie, Brésil, Espagne et Pérou.
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