L’économie péruvienne est la sixième d'Amérique latine, elle se base notamment sur les secteurs miniers, agricoles et énergétiques. Environ 160 filiales d’entreprises françaises sont installées au Pérou et de nombreuses organisations et événements facilitent l'entrepreneuriat français dans le pays. Ce guide est destiné aux expatriés français souhaitant entreprendre au Pérou.


Le contexte économique au Pérou
Avec un PIB d'environ 341 milliards de dollars et une croissance de 3,4 %, l'économie du Pérou est la sixième d'Amérique latine. Le pays profite d'une forte stabilité monétaire et d'une inflation très basse, mais fait face à des défis persistants notamment liés à l'instabilité politique. Le pays a connu 6 présidents au cours des 7 dernières années et des conflits récurrents entre la présidence, le Congrès et le pouvoir judiciaire ont lieu.
L’économie péruvienne repose principalement sur les secteurs minier : le pays est le troisième producteur de cuivre et un important producteur d’argent, d’or, de zinc et d’étain. Elle repose aussi sur le secteur agricole et le secteur de l’énergie. Le Pérou a des ressources abondantes, qu’elles soient minérales ou énergétiques, mais aussi de nombreux produits agricoles (baies, raisins, café, avocats) et des produits liés à la pêche (farine et huile de poisson, mollusques).
Le Pérou comptabilise environ 3,4 millions d’entreprises enregistrées. Le secteur tertiaire contribue à 51,3 % du PIB et emploie 59,7 % de la main-d'œuvre. Le secteur industriel génère 33,9 % du PIB et emploie 16,4 % de la population active. L'agriculture contribue à 7,2 % du PIB du Pérou et emploie 24 % de la population active.
Environ 160 filiales d’entreprises françaises sont installées au Pérou, générant plus de 35 000 emplois. La France est particulièrement présente dans les secteurs de l’énergie, des transports, de la santé, des services, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que de l’agroalimentaire. En 2025, le Pérou est le 90e client de la France et les échanges commerciaux franco-péruviens ont progressé de 15,2 %, atteignant 1,23 Md €.
Les visas d'affaires et d'investisseurs au Pérou
Le Pérou propose une qualité migratoire de résident pour les investisseurs. Elle concerne les étrangers souhaitant créer, développer ou administrer un investissement légal au Pérou. La demande est traitée par la Superintendencia Nacional de Migraciones, généralement en ligne. Cette “résidence investisseur” coûte 500 000 soles péruviens, soit environ 128 219 €. La durée est généralement d’un an, avec renouvellement possible si l’investissement est maintenu et si les autres obligations sont respectées. Suite à la demande officielle, il y a un délai de traitement de 30 jours ouvrables.

Pour l’obtenir, il faut remplir quelques conditions :
Être situé hors du Pérou lors de l’obtention du statut, ne pas avoir d’antécédents judiciaires, pénaux ou policiers dans le pays d’origine et dans les pays où l’on a résidé durant les cinq années précédentes, réaliser un investissement au moins égal au montant prévu par la réglementation en vigueur, effectuer le transfert international en une seule opération, par l’intermédiaire d’une banque ou d’un établissement supervisé par l’autorité bancaire péruvienne.
Certains documents sont également demandés :
Un passeport valide Le formulaire de demande Le justificatif du paiement des frais Un casier judiciaire ou des certificats d’absence d’antécédents Une preuve bancaire du transfert de l’investissement Les documents de constitution de l’entreprise ou d’augmentation de capital Des justificatifs fiscaux de l’entreprise existante Une licence d’exploitation de l’entreprise La traduction en espagnol des documents français
Pour un séjour professionnel court, il est possible d’obtenir un visa d’affaires. Les ressortissants français n’en ont pas besoin : les citoyens de l’Union européenne peuvent séjourner jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours, pour des démarches professionnelles autorisées.
Les différents statuts d'entreprises au Pérou
Au Pérou, il n’existe pas d’équivalent exact du statut français d’auto-entrepreneur. Un indépendant peut exercer en son nom comme “persona natural con negocio”, obtenir un numéro fiscal et émettre des factures. Il est obligatoire d’obtenir un numéro fiscal RUC auprès de la SUNAT, de déclarer ses revenus et de respecter les règles fiscales. Ce statut est simple et peu coûteux. Cependant, il ne protège pas le patrimoine personnel.
Un entrepreneur seul peut aussi choisir une E.I.R.L.. L’E.I.R.L est similaire à l’EURL française : il n’y a qu’un seul propriétaire et gérant, elle convient à un entrepreneur seul avec peu d’investisseurs et une organisation simple.
Pour les sociétés plus grandes, la S.R.L. est proche de la SARL française. Le capital est réparti entre les associés, elles correspondent aux petites sociétés entre associés stables et se limite à 20 associés.
Quant à la S.A.C., elle est proche d’une petite SAS en France, sa forme est souple, le capital est divisé en actions, elle correspond aux sociétés françaises souhaitant créer une filiale locale. Elle se limite à 20 actionnaires.
Comment enregistrer son entreprise au Pérou
Pour créer une société telle qu’une E.I.R.L. ou S.A.C., la création se fait principalement auprès de SUNARP (le registre des sociétés), puis de la SUNAT (l’administration fiscale). La procédure peut passer par la plateforme numérique SID-SUNARP, par un notaire et par le registre public.
Les étapes pour créer une entreprise :
1. Choisir la forme juridique et les associés, définir l’activité, le capital et le représentant légal.
2. Vérifier et réserver le nom de la société auprès de la SUNARP. C’est fortement recommandé afin d’éviter qu’un nom identique soit enregistré.
3. Rédiger les statuts, qui indiquent notamment les associés, la répartition du capital, l’objet social, l’adresse et les pouvoirs du dirigeant.
4. Apporter le capital, en argent ou en biens, en conservant les justificatifs.
5. Signer l’acte chez un notaire, qui le transforme ensuite en acte public.
6. Immatriculer la société auprès de la SUNARP, elle acquiert alors son existence juridique.
7. Activer ou obtenir le RUC auprès de la SUNAT, choisir le régime fiscal et déclarer l’adresse fiscale. Le RUC est indispensable pour facturer et déclarer les impôts. Il signifie “Registro Único de Contribuyentes”, donc le Registre unique des contribuables péruvien.
8. Obtenir la licence municipale d’exploitation avant l’ouverture du local, ainsi que les éventuelles autorisations sectorielles selon l’activité.
L’entreprise peut être juridiquement créée même si le dirigeant français n’a pas encore une résidence de travail. Cependant, pour travailler ou percevoir une rémunération au Pérou, il doit obtenir un statut migratoire adapté.
Les documents nécessaires à la création d’une entreprise :
- Les titres d’identité des associés et du représentant légal
- Un extrait d’immatriculation, la décision autorisant l’investissement et la procuration pour le représentant au Pérou
- Trois propositions de nom officiel et juridique de la société
- Un projet de statuts
- L’adresse du siège et le justificatif du domicile fiscal
- Un justificatif de l’apport en capital (une attestation bancaire ou des documents décrivant les biens apportés)
- La nomination et les pouvoirs du représentant légal
- L’inscription à la SUNARP ou l’acte public de constitution, pour l’activation du RUC
- La licence municipale et les autorisations spécifiques, si l’activité le demande
Les obligations de l'entrepreneur au Pérou
Une entreprise doit faire des déclarations mensuelles, puis une déclaration annuelle. Il est également préférable d’ouvrir un compte bancaire professionnel au Pérou pour recevoir les paiements, payer les fournisseurs et les salariés et justifier les flux financiers. Les impôts principaux sont la TVA péruvienne de 18% sur les opérations concernées, l’impôt sur le revenu des sociétés et les cotisations liées aux salariés.

Il est également important de documenter précisément les apports, les prêts et les transferts internationaux : relevés bancaires, contrats et décisions sociales…. Ils peuvent être demandés par la banque, la fiscalité ou les autorités migratoires.
Avant toute embauche, l’employeur doit formaliser le contrat, inscrire le salarié sur la paie et effectuer les déclarations, retenues et cotisations applicables. Pour les salariés péruviens, il faut notamment respecter le droit du travail local, les congés, les avantages obligatoires et les règles de sécurité sociale.
Pour les salariés étrangers, la règle générale limite leur nombre à 20% de l’effectif total et leur rémunération cumulée est limitée à 30% de la masse salariale. Des exceptions peuvent exister, notamment pour certains postes de direction ou situations autorisées. Un salarié étranger doit avoir un contrat de travail et un statut migratoire lui permettant de travailler.
Les ressources pour les entrepreneurs au Pérou
Pour un Français qui souhaite entreprendre ou développer une activité au Pérou, de nombreuses organisations peuvent faciliter le processus.
Cette association propose des études de marché, de la prospection commerciale, des événements privés, des salons, du networking et une mise en relation avec des entreprises locales. Elle organise notamment le Forum de l’emploi franco-péruvien, des petits-déjeuners d’affaires, des soirées networking et des rencontres.
Ce service peut aider à obtenir des informations sur les secteurs, les appels d’offres, les relations économiques franco-péruviennes et sur les événements officiels.
Cette agence publique française accompagne surtout les entreprises françaises qui veulent exporter, trouver des partenaires ou investir à l’étranger. Elle organise des missions de prospection, des rendez-vous et des événements sectoriels.
La French Tech soutient l'expansion des startups françaises en Amérique latine. Bien que le Pérou ne dispose pas d'une communauté locale destinée seulement au pays, comme ses voisins d'Amérique du Sud, les échanges technologiques et l'accompagnement des entreprises innovantes s'y développent activement.
Ce programme public de ProInnóvate est destiné aux start-ups et aux projets innovants. Il propose des concours, des financements et un accompagnement dans la création d’une start-up.
Plusieurs événements ont également lieu : le Forum de l’emploi franco-péruvien, les Saveurs de France Lima, le Peru Service Summit, ainsi que des tables rondes sur le développement et l’innovation lors de séminaires d’entreprises françaises.










