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Un mariage ovambo, miroir de la société namibienne contemporaine (2/2)

Par Julie Jardel | Publié le 24/10/2018 à 18:00 | Mis à jour le 18/06/2019 à 10:09
Mariage Ovambo Namibie

Lors de mon expatriation en Namibie, j’ai été invitée au mariage de deux membres de l’ethnie Ovambo. Après avoir relaté l’importante symbolique culturelle du mariage, analysé les tenues portées pour l’occasion et décrit la cérémonie religieuse, il est temps de raconter la suite des festivités, qui se déroulent en deux temps. En effet, une cérémonie se tient dans le village de chacun des mariés et obéit ainsi aux traditions qui régissent chacune d’entre elle. La réception chez la mariée entame le processus tandis que celle chez le marié clôture l’ensemble des festivités.

La réception chez la mariée

Le trajet jusqu’au village de la mariée s’est avéré à la fois exigeant et étonnant. En empruntant les routes du Nord, on se rend compte qu’un grand nombre de villages traditionnels se situent loin des grandes artères goudronnées et sont uniquement accessibles par des chemins de forêt tracés par le passage répété des pneus larges dans le sable épais. Les véhicules tout-terrain sont les seuls à pouvoir s’enfoncer sans s’enliser dans le bush namibien, à l’exception près de ces véhicules alternatifs mis au point par les populations locales à l’aide de charrettes tirées par des ânes ou des chevaux. Après une demi heure de route sur goudron et piste rocailleuse, nous avons abordé une telle route et n’aurions jamais pu trouver ce village perdu parmi les bosquets et les enclos de bétail si nous n’avions pas suivi attentivement les voitures devant nous. De nombreuses intersections, un chemin interminable, un paysage identique à chaque tournant semblent vouloir faire perdre ses repères au plus expérimenté des voyageurs.

 

Enfin, nous sommes arrivés devant un ensemble de cases, de maisons de brique et de taule ceinturées par une palissade de bois flotté. En haut d’un mat, deux drapeaux flottaient fièrement: celui du parti libérateur de la Namibie, la SWAPO, le deuxième étant un drapeau blanc annonciateur d’un mariage dans le village.
Une fois toutes les voitures arrivées, une étrange cérémonie toute héritée de la modernité a débuté : chaque invité a salué et s’est fait prendre en photo avec les mariés assis à l’entrée du village. Il est vrai que l’image est centrale dans la société namibienne contemporaine. Comme chez nous, le selfie est rapidement devenu une institution et de nombreux namibiens ont la dégaine de l’appareil photo très facile. La jeunesse est très connectée sur les réseaux sociaux,miroir d’une modernité technologique en plein essor dans le pays. Et lors d’un mariage, cette tendance ne fait que s’accentuer, faisant au passage perdre de sa sincérité au moment partagé. Cette longue séance terminée, la tradition a repris le pas sur cet égarement moderne et les habitants du village sont sortis pour accueillir les invités. Tous se sont rassemblés derrière les mariés et la procession ainsi formée s’est mise en marche pour effectuer un tour du village. Ce rite célèbre le retour de la femme mariée dans sa famille et vise à montrer à son mari les biens de la famille de son épouse. Cette procession est bien évidemment accompagnée de chants, de danses, de sifflements et de cris de joie. Les enfants rient et se courent après, les jeunes se retrouvent et se charrient, les adultes discutent et chantent, les personnes âgées sourient en exposant leurs dents manquantes. C’est un moment d’allégresse et de joie partagée par toutes les générations, tous les invités qui se mélangent à la large famille de la mariée.

 

Le circuit achevé, la procession s’est approché d’une porte faite de trois longues branches ficelées entre elles, représentation symbolique à la fois de l’entrée du village et de celle du marié dans la famille de son épouse. Les mariés ont donc franchi la porte aux bras des anciens et des parents de celle-ci, ouvrant la voie au nouveau venu, tandis que le reste de la famille proche dansait et chantait autour d’eux. Cette entrée symbolique et traditionnelle accomplie, les mariés ont suivi les oncles et le chefs du village équipé d’un fusil exhibé fièrement aux invités, avant d’être accueillis par les anciens sur la place circulaire dédiée à l’accueil dans le village. Ces derniers leur ont offert boissons et cadeaux traditionnels. Cet accueil et cette remise de présents ont marqué la fin de la cérémonie traditionnelle et les festivités ont pu commencer. C’est la modernité qui a repris le pas.

Tous les invités ont été priés de faire comme chez eux et d’installer leur tente pour la nuit avant de rejoindre la grande tente blanche dressée pour le dîner. Un peu perdus au sein de cet environnement si étranger, les mariés ont désigné un de leurs fils pour nous servir de guide. Intelligent et soigneusement apprêté, l’adolescent a rempli sa mission avec ferveur et est rapidement devenu notre complice. De même, les jeunes enfants rieurs et malicieux des mariés ont trouvé notre compagnie tellement agréable qu’ils ne nous ont plus lâché. Très curieux, ils nous ont posé de nombreuses questions sur la France, sur notre mode de vie, sur notre langage, si bien qu’à la fin ils voulaient tous apprendre le français à l’école et venir nous voir à Paris ! Mais le sérieux de ces questions a vite laissé place à des jeux d’enfants, dont celui très amusant consistant à tirer sur les poils des avant-bras de mon ami, seul homme blanc de la réception qui générait ainsi une véritable curiosité.

Au moment de passer à table, nous avons été invités à rejoindre la grande tente blanche et avons été servis de grandes cannettes de bières fraîches et de vin mousseux chaud, un cocktail original inspiré des habitudes occidentales mais remixé à la sauce africaine. Le diner s’est révélé typiquement namibien : faste, coloré et composé essentiellement de viande. En effet, les namibiens sont de vrais carnivores adeptes du barbecue. Leur pays produit énormément de viande, jusqu’à pouvoir en exporter plusieurs tonnes à l’étranger. Le barbecue, que l’on nomme braai dans la région, est une religion. Pas un seul weekend ne passe en Namibie sans qu’un braai ne soit organisé, aussi un mariage ne pouvait pas y faire exception. Tous les invités se sont rués sur le buffet avec délice, ne laissant à la fin que quelques restes de salades, la viande ayant elle totalement disparu. Une fois le repas terminé, la fête a pu commencer dans le village. La nuit étant tombée, la tente s’est transformée en piste de danse tandis que la musique et les lumières ont apporté l’atmosphère de fête.

La musique n’a cessé que vers 5 heures du matin, alors que les premiers levés reprenaient la préparation des festivités du lendemain dès le petit matin. A notre réveil, toute la famille s’activait depuis plusieurs heures à la préparation du petit déjeuner et de la suite des festivités, à l’exception des quelques énergumènes encore bien trop imbibés d’alcool pour pouvoir bouger. Après avoir fait notre toilette avec les rations d’eau disponibles, trois jeunes garçons ont chargé des bidons vides sur une mule et sont allé chercher de l’eau au puits le plus proche, à environ deux kilomètres du village. Ils sont revenus une bonne demi-heure plus tard sous mon regard ébahi d’être témoin d’une telle inégalité d’accès à l’eau.

namibie


Le village, quant à lui, fut transformé par cette nuit festive en déchetterie à ciel ouvert. Bien que nous ayons aidé à ramasser les ordures, la plupart d’entre elles ont fini dans de grands trous creusés à quelques mètres du village dans ce but de les accueillir. Un peu outrée par cette pollution ayant lieu sous mes yeux, je me suis trouvée pourtant dans l’incapacité de critiquer ce comportement au vu de la localisation de ce village si difficile d’accès. Le ramassage des poubelles semble particulièrement complexe à instaurer dans une région telle que le nord de la Namibie, où les routes de sable et l’espacement entre chaque village traditionnel, perdu au milieu des bosquets, ne rendraient pas cette tâche aisée. Comme me l’ont affirmé quelques namibiennes avec qui j’ai abordé ce sujet, les jeunes générations sont de plus en plus sensibilisées, notamment à l’école, à la nécessité de préserver l’environnement mais peuvent difficilement donner des leçons à leurs aînés, la hiérarchie traditionnelle donnant l’ascendant des aînés sur les plus jeunes.

 

Conviés par la mariée à partager son petit déjeuner, nous avons découvert sur la table de la viande fraichement cuite et du pap, ce porridge traditionnel fait à base de farine de mahangu (mil à chandelle). Un peu rebutés par l’odeur de la viande dès le petit matin, nous avons tout de même fait honneur au plat et à la mariée, si encline à partager ce moment avec nous. Remarquant l’absence de son mari, j’ai appris qu’il n’avait pas dormi dans le village mais était rentré tard dans la nuit jusqu’au sien, situé à quelques heures de route. Etant consciente de la dangerosité des routes namibiennes la nuit tombée en raison des animaux et des nombreux chauffards trop alcoolisées, cette information m’a beaucoup surprise. La tradition veut que la nuit de noces ne soit célébrée qu’une fois les deux cérémonies au sein des deux familles accomplies. Bien qu’ensemble depuis plusieurs années, les mariés n’ont pas pu dormir ensemble et ont du risquer la vie du marié sur la route. Cependant, on ne déroge pas à la tradition, sacrée malgré les risques que cela peut engendrer.

Le petit déjeuné terminé, la mariée nous a proposé de nous faire visiter son village natal. Elle nous a présenté à de nombreuses tantes, afférées en cuisine, assises sur le sol à faire bouillir quelque chaudron ou à surveiller un énorme barbecue. Dans une des cases, nous avons aperçu un énorme tas de viande, celle de trois vaches appartenant à la famille tuées pour l’occasion, formant un énorme butin réduit à un tas sanglant harcelé par les mouches. Toute une cérémonie avait précédé cet abattage et la viande, lors de son partage, avait subi le même sort. Selon la coutume, son mari a reçu la veille des mains du père de la mariée le cœur de la vache qu’il a du offrir à sa femme, comme s’il lui offrait le sien. La mariée a ensuite dû mordre dans le cœur, symbole de son acceptation de l’offrande. Aussi, un grand nombre de morceaux sont réservés à un membre spécifique de la famille. D’après Rebecca, dans d’autres ethnies namibiennes, les femmes et les hommes doivent manger séparément lors d’un mariage et certaines parties de l’animal sont réservées à ces derniers, comme par exemple les genoux du mouton. Les femmes cuisinent puis apportent leur nourriture aux hommes, car tous deux célèbrent le mariage dans des espaces interdits à l’autre sexe. Bien heureusement selon moi, ce ne fut pas le cas de son mariage, la tradition étant différente au sein de son village.

La réception chez la mariée s’est terminée par une cérémonie traditionnelle surprenante: la présentation de la famille entière de celle-ci à son époux, revenu de son village avec des représentants de sa propre famille. L’animateur de la cérémonie, l’oncle sénior de la mariée, a présenté tour à tour chacun des anciens, des cousins, des oncles et des tantes à divers degrés, qui se sont alignés à la queue-leu-leu pour montrer leur appartenance à une branche de la famille et rendre l’arbre généalogique plus facile à visualiser. Ayant pour ma part une toute petite famille, j’ai rapidement perdu de fil de la présentation des 6, 7 ou 8 enfants respectifs de chaque génération. J’ai également pris conscience que la plupart des invités du mariage faisaient partie de la famille du couple, leurs amis ne représentant qu’une petite minorité. Les demoiselles et garçons d’honneur, de même que les témoins, provenaient quasiment tous du cercle familial. Provenant personnellement d’une culture dans laquelle le poids de la religion et de la famille reste bien moins pesant sur l’individu, j’ai été surprise par cette proportion écrasante de la famille sur les amis.

ceremonie mariage Namibie

Enfin, cette longue cérémonie terminée, nous avons fait nos adieux à la famille de la mariée, à l’exception de quelques représentants qui allaient nous suivre, pour aller à la rencontre de l’autre moitié de cette nouvelle famille unie par le mariage.

La réception chez le marié

Ce n’est qu’après une heure et demi de route sur piste sableuse, plus d’une heure de piste rocailleuse et une voiture ensablée qu’il a fallu tracter que nous sommes arrivés au village suivant. Les mariés, en tête de convoi, sont arrivés en premier devant son entrée, marquée par une large barrière qui trouait un grillage de fer faisant office de délimitation du terrain familial. Cependant, une fois descendus de la voiture, ils ont du remonter immédiatement dans la voiture après s’être fait sermonnés. En effet, les mariés ne peuvent entrer dans le village avant d’avoir accompli la marche traditionnelle orchestrée par son chef. Le fait que les mariés eux mêmes oublient de respecter les coutumes traditionnelles m’a profondément étonné. Ils ont ainsi du repartir à l’arrière du convoi, attendre que nous descendions tous de voiture et les rejoignons à une centaine de mètres de l’entrée du village pour les y accompagner en compagnie de la famille du mari, chantant et dansant autour du couple protégé par des ombrelles du soleil brulant.

Dans cette autre famille, les rites du mariage ont été tout aussi millimétrés. En effet, une fois la procession arrivée à l’entrée du village, les mariés ont été assis au milieu d’un cercle formé autour d’eux par les invités. Au centre, se tenaient également le chef du village, père du marié, ainsi que des sœurs et oncles. Une des sœurs a commencé par lire un extrait de la Bible soigneusement choisi pour l’occasion, sous le regard fervent et attentif de son entourage. Passant d’une tradition héritée de l’ère coloniale à une tradition ancestrale ovambo, la mère du marié a offert une gorgée de la boisson traditionnelle de sa tribu, une sorte de bière fermentée de célébration nommée Omalovo, transportée dans une énorme jarre ronde. Puis, elle a offert au couple une pelle et une hache, symboles d’un couple soudé construisant ensemble sa maison et son futur. Le père puis l’oncle ont imité la mère, reprenant ces présents pour les offrir à son tour au couple.

Namibie

Comme un signe du ciel bénissant cette union, la pluie s’est mise à tomber à grosses gouttes d’un unique nuage gris dans ce ciel bleu éclatant, créant un magnifique arc-en-ciel au dessus du village et une explosion de joie chez l’ensemble des invités, ravis d’être rafraîchis par cette fraîcheur bienvenue. J’ai appris à ce moment là que le symbole était d’autant plus fort que la famille paternelle de Rebecca se targue d’avoir un nom signifiant « ceux qui apportent la pluie » (aavale en oshiwambo) et que son histoire familiale est parsemée d’averses arrivées aux moments marquants de sa vie, comme pour en marquer l’exceptionnalité.
Après quelques minutes à peine, la pluie s’est arrêtée et le cortège d’invités s’est installé sous les deux grandes tentes dressées pour l’occasion. Une fois de plus, mousseux chaud et bières fraîches en cannettes nous ont accueilli à table. Après avoir trinqué à la santé des mariés, nous avons attaqué le buffet composé cette fois encore de toutes sortes de viandes et de salades composées. Nous avons notamment dégusté le célèbre plat ovambo, le « marathon chicken », un poulet que les namibiens font courir pendant des heures afin de le rendre plus tendre. Et en effet, c’était une merveille de saveur et de tendresse comme on ne peut en déguster en France. A la fin du repas, les tables ont à nouveau été repliées pour laisser place à la soirée, qui s’est annoncée plus calme que la précédente, la fatigue ayant raison même des plus fêtards des namibiens. Après de longues discussions, de nombreux éclats de rires et plusieurs verres d’Amarula, le Baileys local, tout ce petit monde a cessé de faire la fête pour se reposer avant de reprendre la route le lendemain.

Dès le petit matin, la chaleur étouffante sous la tente nous a sorti des bras de Morphée. Le village semblait déjà bien éveillé et actif. Après une toilette approximative, nécessaire après ces trois jours sans douche et au milieu de cet environnement poussiéreux, nous sommes allés trouver la mariée et faire un tour des maisons principales du village. Celui ci était en effet fort différent du premier : quelques cases traditionnelles entourées d’une haute enceinte en bois, des petites maisons en brique, mais pas de baraques en taule. On accédait à la maison principale par une allée protégée par une arche de plantes grimpantes, donnant sur la droite sur un petit potager. Dans l’encadrement de la porte, la mariée prenait le soleil en observant ses enfants jouer ensemble dans la terre. Accueillis par leurs cris à notre arrivée et immédiatement assaillis de demandes pour jouer avec eux, nous avons plutôt suivi la mariée nous proposant un café. Fatigue et réveil matinal aidant, nous ne pouvions pas refuser. Cependant, elle a ouvert une glacière et nous a tendu des grosses cannettes de bière fraîche, un sourire malicieux aux lèvres. Hilares, nous avons accepté ce « café namibien » et l’avons bu, oui, à 8 heures du matin. Les enfants sont repartis à l’assaut de nos jambes, et nous avons du les entraîner en dehors du jardin pour les attirer vers quelque chose qui allait les intéresser : le dépeçage de la chèvre. Plusieurs hommes du village étaient déjà à l’œuvre, découpant méticuleusement la peau de l’animal sans la déchirer. Agile, le couteau du jeune garçon à l’œuvre tranchait l’endroit exact que ce dernier visait, sans entailler ni la chair tendre de l’ovin ni la peau tendue. Quand suffisamment de découpes ont été faites, les hommes ont retiré la peau de la chèvre d’un seul mouvement, comme on enlève un vêtement. Une fois débarrassée de ses entrailles, la chèvre fut enfin prête à déguster et fut mise sur le feu.

Malheureusement, le temps de cuisson d’un tel animal étant nettement supérieur au temps que nous pouvions nous permettre de rester, nous avons du reprendre la route sans y gouter. Au moment des adieux, les mariés nous ont remercié chaleureusement d’être venus, insistant sur l’honneur que cela avait représenté pour eux de nous accueillir. Gênés d’être traités avec autant de marque, nous leur avons retourné ce compliment, les remerciant de nous avoir permis d’assister à ce moment sacré, de partager leur table et d’être témoin de la richesse de la culture ovambo.

Je garderai toujours en mémoire l’ambivalence entre tradition et modernité lors de ce mariage, qui basculait constamment de l’un à l’autre. C’est un trait finalement commun à la société namibienne tout entière, jeune nation indépendante en plein développement socio-culturel qui cherche à se réinventer dans la modernité en s’affranchissant peu à peu des normes héritées de la période coloniale puis de la libération du pays qui fut régie par des idéaux communistes. Cette union fut ainsi à la fois celle de deux êtres et celle de plusieurs coutumes plus ou moins subies, plus ou moins datées, plus ou moins orchestrées, qui composent ensemble le présent des namibiens.

Julie Jardel

Julie Jardel

Récemment diplômée de l'Ecole des Affaires Internationales de Sciences Po Paris, elle est passionnée par la coopération culturelle et artistique. Ses voyages à l'étranger et son expatriation en Namibie lui ont donné envie de partager ses expériences.
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