Jeudi 21 octobre 2021
TEST: 2266

Retour sur la vie de l’écrivaine égyptienne Nawal el Saadawi

Par Ingrid Buffard | Publié le 24/03/2021 à 08:55 | Mis à jour le 24/03/2021 à 08:55
El-Saadawi féministe écrivaine

Ecrivaine et figure égyptienne du féminisme, Nawal el Saadawi s’est éteinte ce dimanche 21 mars. Elle avait 89 ans. Jusqu’au bout, elle s’est battue pour l’égalité et la liberté des femmes.

Nawal El Saadawi a dédié sa vie à l’égalité des sexes. Elle est devenue la voix de référence pour l’émancipation des femmes dans les pays arabes.

C’est par l’écriture qu’elle a mené ses combats. Elle a attaqué la société conservatrice égyptienne à coup de romans, d’essais, d’articles et de pièces de théâtre. Ses textes incisifs lui ont valu l’exil et la prison, mais rien n’a jamais arrêté Nawal el Saadawi dans sa quête de liberté.

El-Saadawi féministe écrivaine

Une enfance très conservatrice

Nawal el Saadawi est née en 1931, dans le nord du Caire. Son père est fonctionnaire au ministère de l’Education. Sa mère, issue d’une grande famille bourgeoise, élève ses enfants de façon très conservatrice et insiste pour que sa fille soit excisée, à 6 ans seulement. De cet épisode traumatisant de son enfance, Nawal en tirera une force et luttera toute sa vie contre l’excision.

Nawal va à l’école et entame des études de médecine. Elle est diplômée à l’université du Caire, puis part étudier à New York en 1955.

De retour en Egypte, Nawal devient médecin à l’université, puis elle travaille au ministère de la Santé et devient éditrice pour le magazine Health. Cependant, Nawal n’oublie pas son combat et prend la plume pour dénoncer.

La femme et le sexe

El-Saadawi féministe écrivaine

En 1969, elle publie son premier essai Al-imra'a wa-l-jins, traduit par La femme et le sexe ou Les souffrances d’une malheureuse opprimée. Elle aborde la question du corps et la place de la femme dans les sociétés arabo-musulmanes. Le livre « expose le système patriarcal et ses retombées désastreuses sur la vie dramatique que mène la gent féminine, victime des sévices imposés par une société arabo-musulmane qui la réduit à un simple objet de jouissance et la confine dans son rôle d’esclave assouvissant les désirs sexuels de l’homme et ne s’occupant que des travaux ménagers et de l’éducation des enfants », peut-on lire sur la 4e de couverture.

Ouvertement, elle parle d’excision et de son expérience. Le débat est ouvert. Mais cela ne plait guère aux autorités politiques et religieuses. Elle perd alors son poste au ministère de la Santé. Pour Nawal el Saadawi, c’est le début d’une longue carrière prolifique en tant qu’écrivaine.

Une voix qui porte

El-Saadawi féministe écrivaine

Qu’elle soit exilée ou même emprisonnée, Nawal el Saadawi n’a jamais cessé d’écrire. Entre œuvres fictives, essais scientifiques ou récits autobiographiques, elle n’a pas eu peur d’aborder des sujets tabous. Ses opposants n’ont eu de cesse de l’attaquer, « ils ont dit : ‘Vous êtes une femme sauvage et dangereuse’. Je dis la vérité. Et la vérité est sauvage et dangereuse ».

Pour son combat, sa résistance et ses écrits, Nawal El Saadawi a été sélectionnée par le Times en 2020, comme l’une des 100 femmes les plus influentes au monde.

Nawal el Saadawi, c’est la voix de la liberté. Cette voix qui ne se taira pas, même après la mort. « Je continuerai à écrire. J’écrirai même s’ils m’enterrent, j’écrirai sur les murs s’ils me confisquent les crayons et papiers ; j’écrirai par terre, sur le soleil et sur la lune… L’impossible ne fait pas partie de ma vie. »

El-Saadawi féministe écrivaine

 

Nous vous recommandons
ingrid buffard

Ingrid Buffard

Passionnée par l'histoire, l'histoire de l'art et la musique, Ingrid Buffard vous partage ici ses découvertes sur la vie au Caire.
0 Commentaire (s) Réagir