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De l'humanitaire à l'éducation de chien guide d'aveugle

Par Lepetitjournal Johannesbourg | Publié le 07/06/2018 à 20:36 | Mis à jour le 07/06/2018 à 21:52
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On ne s’imagine pas que dans un cul de sac du quartier résidentiel de Bryanston se trouve le centre SA Guide-Dogs Association for the Blind, où d’adorables chiots sont formés pour faciliter la vie quotidienne de personnes aveugles, en chaise roulante ou encore pour intégrer une famille avec un enfant épileptique ou autiste. Gaelle Dessus, éducatrice de chien par formation, a pris sous son aile Oslo, un labrador, dans le cadre d’un programme de bénévolat au centre. La Française nous explique son parcours et tout ce que vous devriez savoir sur ces chiens dévoués qui changent la vie de tant de personnes.

 

Pourquoi devenir éducatrice de chien ?

Pendant plus de 20 ans, j’ai travaillé dans des organisations non-gouvernementales dans différents programmes mais plus spécifiquement en lien avec les personnes en situation précaire. Quand nous nous sommes installés aux Etats-Unis, nous avons pris une chienne de cinq mois, Sushi. Le refuge où elle avait été hébergée demandait à ce que chaque chien adopté soit éduqué. En suivant Sushi dans sa formation, j’ai découvert les bienfaits de ce programme et j’ai eu envie d’approfondir son éducation et lui apprendre à ne pas être en laisse lors de nos promenades dans les parcs. Mes voisins qui eux aussi avaient des chiens ont commencé à me demander des conseils ! Du coup je me suis dit qu’il y avait un besoin. Cela tombait bien, j’avais envie de changer de carrière et de trouver un métier "portable" avec des compétences que je pouvais "exporter" dans le cadre de mes différentes expatriations. J’ai fait des recherches pendant trois mois, je me suis penchée sur mes envies. J’ai contacté l’association où Sushi avait suivi sa formation et ai proposé d’être volontaire. Je m’y suis rendue pendant trois mois, deux fois par semaine pour suivre des classes de six heures encadrée par une mentor. Suite à cette expérience, je me suis décidée à suivre un programme en ligne dans la meilleure école de formation pour chiens aux Etats-Unis, Karen Pryor Academy. Un programme costaud qui inclut des vidéos, des exercices à faire avec un chien, des essais à rendre, des questionnaires à remplir et tous les mois des week-ends entiers d’atelier avec les sept personnes de ma promo et nos chiens. Ce qui a été moins facile pour moi, c’est de changer ma façon d’appréhender la discipline d’une manière positive, c’est toute la philosophie de Karen Pryor.
 

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Comment vous êtes-vous investie au sein du SA Guide-Dogs Association for the Blind ?

J’ai donc été formée aux Etats-Unis en tant que “positive dog trainer”, c’est-à-dire que durant la formation d’un chien, on ne le punit pas mais on le récompense sous forme de petites douceurs comme des biscuits en tandem avec un “clicker”, comme un stimuli. A mon arrivée en Afrique du Sud en août 2016, j’ai aidé des familles d’expatriés et ai éduqué leur chien. Et puis une de mes amies, américaine, m’a parlé de cette opportunité d’éduquer des chiens guides. C’est un challenge puisqu’il faut être pleinement investi, le programme dure un an et à la fin il faut se séparer de ce chien avec qui on a créé des liens. J’avais moi-même déjà un chien et j’étais prête pour un nouveau défi qui, de plus, pouvait contribuer à changer la vie de quelqu’un, cette idée m’a donc plu. J’ai développé un programme basé sur mon expérience pour améliorer la formation des chiens avec la directrice du centre, mais aussi la relation avec les “puppy raiser”, éducateurs pour chien.


Un centre intégré soutenu grâce au bon vouloir de sponsors et de bénévoles

Leigh, directrice du centre, explique que celui-ci est financé uniquement grâce à des fonds privés, par exemple la nourriture est sponsorisée par Bob Martin, et fonctionne grâce à un système de bénévolat. Le centre accueille 40 chiens en moyenne par formation qui dure à peu près 20 semaines mais qui peut aller jusqu’à six mois pour les chiens de services. Au sein du centre se trouve un hôpital où Gaelle propose ses services, mais aussi une piscine pour la rééducation des chiens qui ont été opérés ou sont nés avec des malformations de pattes arrières, des salles de réunion et aussi un logement pour le personnel. En plus de la maison-mère basée à Joburg, il existe une branche au Cap et des visites régulières sont organisées à Durban.
 

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Devenir "puppy raiser", un engagement

Le processus de sélection est très stricte. Sur dix candidatures, seulement deux seront retenues. Et pour cause, le “puppy raiser” a une grande responsabilité et des obligations. De plus, il faut respecter une hygiène importante afin que les chiens ne tombent pas malades ou n’attrapent pas de virus. En plus de la restriction médicale, il faut emmener le chien à des séances de socialisation, assister à une formation hebdomadaire mais aussi l’emmener partout avec soi afin de le désensibiliser aux sons et à l’habituer à différents environnements. Les volontaires sont entourés et soutenus par une équipe professionnelle. Pour ma part, c’était important de m’impliquer dans un tel projet afin de vivre dans mon pays d’accueil tout en aidant les gens dans le besoin à ma façon. Dans le cadre de cette mission, j’ai intégré une communauté que je n’aurais pas rencontrée autrement. Je continue à suivre des formations, je lis beaucoup, j’essaie toujours d’en apprendre plus.
 

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Devenir un chien guide d’aveugle, une aventure dès la naissance

L’élevage est très contrôlé. Les chiens sont en général des labradors avec 25% de gènes retrievers. Les chiots naissent à Johannesburg dans un centre vétérinaire puis, après une semaine d’observation, ils sont transférés dans le “puppy block” au sein du centre. Ils sont gardés dans le secret la deuxième semaine qui suit leur naissance, c’est durant cette période que l’on enregistre le plus grand taux de mortalité. Ils sont ensuite sélectionnés. Dans une portée de huit par exemple, tous les chiots ne passeront pas l’épreuve, certains ont des maladies génétiques ou d’autre une sensibilité ou une personnalité qui ne correspond pas à un chien guide. Une fois appréhendés, les petits animaux à la bouille attendrissante suivent une formation stricte d’un an en binôme avec un “puppy raiser”. A terme, le chiot est choisi pour accompagner une personne aveugle ou en chaise roulante et intégrer un domicile aménagé pour lui. Des personnes qualifiées se rendent sur place pour expliquer au bénéficiaire sa nouvelle vie avec son compagnon à quatre pattes et dans quelles conditions accueillir le chien et subvenir à ses besoins. C’est un travail qui se fait de pair avec la famille du bénéficiaire. Le chien passe alors une ou deux journées sur place pour voir si une relation s’établit entre les deux. Le chien d’une de mes amies a attendu sept mois avant d’intégrer un domicile. Vers huit ou neuf ans, les chiens guide d’aveugle prennent leur retraite. Comme nous, ils ont besoin de se reposer après plusieurs années de service ! Ils restent dans leur famille d’accueil, sont adoptés par leur éducateur ou d’autres éducateurs pour chiens.
 

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Les chiens, des animaux à l’intelligence développée

Grâce à des études scientifiques récentes, on a découvert que les compétences des chiens sont très développées, bien plus que ce l’on pensait. Par exemple; les chiens peuvent maintenant détecter certains cancers à travers les urines. De plus, on a pu prouver que le contact avec des chiots et des chiens peut être thérapeutique, dans les maisons de retraite ou encore dans les écoles en particulier pour les enfants en difficulté. Il y a encore un grand champ de possibilités qui n’a pas encore été exploré et qui pourrait éviter que les chiens se retrouvent en refuge ou soient euthanasiés. Nous organisons des visites dans des hôpitaux, des maisons de retraite, dans les townships ou encore des écoles où nous faisons une présentation, puis ensuite une interaction avec les enfants. C’est un moment fort et important surtout pour ceux qui ont peur des chiens.


>>> Vous avez envie d’en savoir plus sur le programme de bénévolat de “puppy raiser” ? Contactez Gaelle Dessus pour plus d’informations gaelle@sir-doggie.net

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